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tians ces cas conseillera la famille de maintenir les fiançailles? Le problème est souvent extrêmement délicat. Sans doute 'quand la maladie n'est pas grave, quand Tinsuffisance de la volonté n'a pas des racines profondes dans Thérédité, on peut, en encourageant et en aidant le malade, lui faire franchir Tobstacle. Mais faut-il toujours pousser le malade h accomplir des actes compliqués dont il est forcément incapable ? M. Savage remarquait déjà qu'en exigeant le mariage dans ces cas on s'expose a un double risque ce celui de l'impuissance génitale et celui d'une violente antipathie contre laquelle plus tard rien ne pourra réagir... des mariages forcés de ce genre aboutissent à des séparations, à des délires lypémaniques avec internement* ». Je ne vois guère quel intérêt nous pousserait à courir ces risques. Est-ce donc un si beau mariage que celui d'un psychopathe qui va procréer une race de dégénérés? La situation matrimoniale avec toutes ses difficultés, l'éducation d*enfants probablement malades sont-elles faites pour le guérir ? II est déjà insuffisant pour sa vie de célibataire, est-il raisonnable de lui en imposer une plus compliquée? Dans des cas semblables il est souvent indispensable de faire rompre le mariage de la manière la plus complète, la plus décisive possible. J'ai eu plusieurs fois à prendre une décision de ce genre et je ne m'en suis pas repenti. Le malade, malgré sa déception, s'en trouve fort bien et il guérit de cette crise de rumination, tandis qu'il aurait déliré si on l'avait maintenu dans une situation trop complexe pour lui.
Il y a de même bien des situations morales compliquées que l'on peut aisément simplifier dans l'intérêt du malade. Bien souvent la vie de famille dans laquelle il se trouve placé est mauvaise pour lui ; le père ou la mère sont déjà des psychasthéniques avec leurs obsessions, leurs manies, leur caractère extrêmement autoritaire. Tout cela crée un milieu pénible où il faut lutter sans cesse, avoir de l'habileté pour éviter les scènes et les délires. Notre malade même faible pourra être suffisant ailleurs tandis qu'il s'énerve et succombe ici. Très souvent la première ordonnance du médecin doit être que la fille ne peut pas vivre avec la mère.
Il y a de même des professions qui font naître des difficultés morales particulières, tel individu n'est pas capable de supporter la profession juridique ou la profession médicale ou la direction
1. G. Savage, Troubles d'esprit à propos des fiançailles. Journal of mental Science, octobre 1888. Encéphale 1888.
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doit avoir un rôle remarquable dans une maladie où les idées prédominantes semblent au premier abord Tessentiel.
Aussi dès le début des études sur la thérapeutique suggestive a-t-on essayé cette méthode chez les obsédés et a-t-on soutenu qu'elle était la plus logique et la plus heureuse. Je ne puis que rappeler quelques-unes de ces opinions : M. Ladame conclut son excellent article historique sur les obsessions en indiquant la suggestion hypnotique comme le principal mode de traitement, dans une autre étude il montre qu'il a appliqué heureusement ce traitement aux buveurs et aux dipsomanes K M. Tissié cite « un cas d'obsession intellectuelle et émotive guéri par la suggestion *. M. Bérillon a communiqué en i8g3 à la société de médecine et de chirurgie pratiques a un cas d'agoraphobie chez un dégénéré traité avec succès par la suggestion ». M. Mavroukakis communique un fait semblable à la société d'hynologie. M. Gorodiche décrit un cas de claustrophobie chez une femme de 38 ans guéri par la suggestion ^ M. Milne Bramwell cite quelques cas de phobies guéris par l'hypnotisme^. La conclusion de la thèse de L. Faure sur les obsessions est que la « psychothérapie hypnotique est le seul mode de traitement applicable avec lequel on puisse obtenir des résultats sérieux et durables * ». Le dernier travail de Bechterew répète encore à propos des obsessions et des illusions importunes que la suggestion est le seul traitement efficace*. On pourrait trouver dans la littérature beaucoup d'autres déclarations du même genre.
Cette opinion soulève cependant une assez grave difficulté, qui est fort bien indiquée par MM. Pitres et Régis, c'est que les obsédés véritables, les tiqueurs, les douteurs, les phobiques, ne sont pas hypnotisables. a Depuis de longues années, disent ces auteurs, nous avons fait à cet égard de nombreux essais, et nous pouvons dire qu'en dehors des cas d'obsessions se rattachant à un
I. Ladame» Berne de V hypnotisme, 1890, II, 385, et Ibid., 1888, p. lag. 3. Tissié. Semaine médicale, 1899, p. 297. »
3. Gorodiche. Revue de l'hypnotisme, 1894, p. 53. fi. Milne BramwelL Revue de l'hypnotisme, 1897, p. 49-