‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 3)Chapitre 273 sur 288 · I. Legrand du SîkuWej. Agoraphobie, p · texte numérisé non relu

I. Legrand du SîkuWej. Agoraphobie, p

calmer les malades par ces commandements et u*oii leur impose, il y a une certaine difficulté iurmonter et en même temps un procédé quMI re. N'oublions pas que le psychasthénique a agissante et la croyance mais qu*il est loin tèlligence proprement dite. Quand il vient nous lie circonstance donnée il ne sait que faire, ni faut pas le prendre complètement au mot. En est intelligent, il sait fort bien quelle est l'ac- ^férable, quelle est la croyance qui serait la plus le toujours cette préférence intellectuelle; mais >as faire c'est réaliser cette préférence, « croire jir son acte » comme me disait très bien Qsa... ne faut pas faire à ces malades un commandcou leur imposer une affirmation quelconque. Si nent tombe en opposition avec le désir secret 3ontradiction ajoute «h ses troubles au lieu de les )ute on peut souvent l'imposer tout de même à ît je crois même qu'il ne faut pas dans ce cas i. On perd son autorité quand on modifie ainsi its et on donne au malade l'exemple pernicieux fais il est évident qu'il vaut mieux éviter cette nd elle n'est pas nécessaire, a Je ne veux pas, js, être traité comme un enfant à qui on impose tiens pas du tout à ce qu'on me contredise, je 5 à agir mon acte, qu'on me pousse dans le sens . Cela est très juste et à moins de nécessité, le )nner au malade l'acte ou la croyance que celuiu intellectuellement comme préférable, indation parait fort simple en théorie, elle est ipplication très difficile, car le malade se garde quer quel est l'acte ou la croyance qu'il préfère. i au médecin pour que celui-ci commande de le jà choisir cet acte efTectivement, ce serait déjà en ( agir cet acte w et notre psychasthénique est prespable de pousser jusque-là la fonction du réel, chez son directeur non seulement en montrant a volonté, mais en simulant une indécisionn n'est pas dans son esprit. Plus il aura caché son >lus il sera heureux de le voir confirmé, plus il

sera entratné à agir et à croire par une affirmation qu'il croira spontanée. Il en résulte que non seulement, le médecin, avant de commander, doit rechercher ce qui est juste dans le cas donné, mais qu'il doit encore deviner ce que pense son malade et décider en conséquence. Sauf dans des cas particuliers où le sujet très malade n'a aucune idée relative à l'action, le directeur doit se borner à préciser l'idée de l'acte, à en déduire les moyens d'exécution, à en diriger la réalisation. Il doit faire en un mot ce que le malade ne peut pas faire, effectuer le passage de l'intelligible au réel. C'est alors surtout que son autorité sera acceptée avec reconnaissance et qu'elle rendra le calme au malade en supprimant les dérivations.

Sans doute, dira-t-on, ce procédé ne peut pas réussir toujours, et l'influence d'un médecin doit finir par s'user. Cette remarque est très juste, mais qu'importe? J'ai déjà vu une influence de ce genre se conserver pendant des années, pendant cinq, six et neuf ans dans certains cas et si l'on procure le calme au malade pen* dant tout ce temps, ce n'est pas insignifiant. Quand l'influence sera usée, le malade trouvera un autre directeur de conscience et arrivera ainsi à traverser les périodes dangereuses de sa vie. Il est vrai que cette direction force le malade à revenir régulièrement à l'hôpital : une infirmité permanente exige un traitement permanent. Nous ne sommes pas surpris de voir des malades qui ont besoin d'être sondés ou d'être pansés tous les jours pendant des années; il en est de même pour l'esprit et il vaut mieux se faire gronder et commander tous les quinze jours que de perdre la raison*.

4. — Le relèsfement de la tension psfchofogique, la rééducation

de V émotion.

Les obsessions des psychasthéniques ne sont pas comme les idées fixes des hystériques des systèmes isolés qui se développent automatiquement en dehors du reste de la conscience, ce sont des symboles, des expressions résumées auxquelles le malade s'attache d'une manière permanente parce qu'elles expriment un état

I . J*ai déjà décrit les caractères et les conséquences de cette direction permanente dans un travail précédent: Névroses et idées fixes, ï, chapitre \II, le besoin de direction, p. 4a3.

7i2 DIAGNOSTIC ET TRAITEMENT

permanent. Il en résulte que le traitement ne peut pa» se borner à attaquer Tidée elle-même qui a au fond peu d'importance et que le sujet remplacera facilement par une autre analogue, c'est Tétat sous-jacent qu'il faudrait pouvoir modifier. Si on y parvenait, le sujet n*ayant plus rien à exprimer renoncerait de luimême à son obsession, le traitement précédent ne se bornait pas à nier Tobsession, il donnait au malade sur tous les points un décision et une croyance ce qui supprimait en partie Tincomplétude et la dérivation. Le succès n'était que partiel parce que le malade sentait bien que la décision ne venait pas entièrement de lui-même et qu'en définitive il n'apprenait pas à parvenir luimême à cette décision.

Pour aller plus loin dans le traitement, pour attaquer le mal » la racine il faudrait apprendre au malade à retrouver cette fonctioD du réel qu'il a perdue. Le véritable traitement serait une rééducation de la fonction du réel. Or, la perte de cette fonction est en rapport avec un abaissement de la tension psychologique , ce qu'il faudrait donc en définitive ce serait relever la tension du système nerveux central et par conséquent la tension psychologique. Nous ne savons pas encore relever directement cette tension ; mais, en étudiant les oscillations du niveau mental, nous avons vu un certain nombre de conditions qui agissent sur elle d'une manière favorable. Le traitement doit s'efforcer de tirer parti de cette observation et de chercher à reproduire artificiellement ces conditions excitantes.

Une des plus intéressantes de ces conditions est l'émotion, non l'émotion vague et élémentaire qui à son dernier terme constitue l'angoisse de la phobie, mais Témotion plus précise en rapport avec les circonstances et bien appréciée consciemment par le sujet. Parvenir à déterminer des émotions de ce genre chez les psychasthéhiques, c'est un des plus remarquables moyens de traitement. Déjà la première visite chez le médecin, Texamen fait d'une manière qui étonne le sujet en lui montrant que sa maladie est bien connue, la démonstration qu'on lui a faite que son état est une maladie et non un état diabolique ou un remords moral et que cette maladie est en général curable, tout cela a déterminé une émotion heureuse et a fait remonter le niveau mental. C'est pourquoi presque toujours le malade est amélioré pendant les jours qui suivent la première visite chez un médecin nouveau.

Dans les succès obtenus par les séances d'hypnotisme, il est

TRAITEMENT MORAL l\:i

bien proba'ble qu'une grande part doit être attribuée à la même cause, rémotion. Le sujet désire l'hypnotisme et il en a peur : il se figure qu'il va se passer des choses extravagantes. Il lui faut du temps et des préparatifs pour qu'il se décide k affronter une opération aussi grave. Si le médecin par ses commandements et par ses encouragements est arrivé à le décider, c'est comme s'il l'avait amené à faire une action très difficile et le sujet a en plus Témotion de la difficulté vaincue. Il est content de lui pour s'être décidé h commencer un traitement aussi sérieux, de là une oscillation en hauteur qu'il est inutile de rattachera la suggestion hypnotique et qui s'explique très facilement par reff*et excitant de l'émotion.

Puisque nous connaissons ce mécanisme, il faut en tirer le maximum d'effet. Quand nous voulons hypnotiser une hystérique, nous prenons toutes les précautions possibles pour lui présenter l'hypnose comme très insignifiante, car nous ne désirons pas l'effet émotif et nous redoutons une crise convulsive. Avec le psychasthénique il ne faut pas trop prendre ces précautions ; le malade ne verra que trop tcU combien l'hypnotisme est chez lui insignifiant, il faut au contraire lui montrer ce traitement comme important et préparer son émotion.

Quand on connaît cette valeur de l'émotion, il faut chercher à la produire de toutes manières même en dehors de ces séances d'hypnotisme. Malheureusement il n'y a guère pour cela de procédés techniques à indiquer et le succès dépend beaucoup de l'habileté individuelle. Il faut deviner le point qui est encore resté sensible chez le malade et agir sur ce point pour déterminer des émotions réelles. Chez les uns il faut se servir de l'affection, de la sympathie, chez les autres de la honte ou de la crainte. Lise a caché sa maladie à une partie de sa famille, on obtient beaucoup en lui faisant entrevoir que sa maladie mentale va être connue de tous, en lui faisant peur de l'asile de fous : « c'est désolant, dit-elle, quand elle se sent transformée par ces menaces, je n'agis que par la peur ». Claire est sensible à l'affection, il faut la traiter avec douceur, lui montrer qu'elle n'est pas aussi isolée qu'elle le croit ; si on parvient à la faire pleurer, elle est guérie au moins pour quinze jours. Erasme Darwin réclamait pour les malades tourmentés par une obsession amoureuse « l'émotion du saut de Leucade* »; ce serait peut-être un peu excessif,

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