‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 3)Chapitre 39 sur 288 · LA TENDANCE A LA REPRÉSENTATION, LU ALI.UCINATION SYMBOLIQUE · texte numérisé non relu

LA TENDANCE A LA REPRÉSENTATION, LU ALI.UCINATION SYMBOLIQUE

« Dans mes grandes peurs du démon je sentais que j'allais commencer à voir quelque chose mais à ce moment je m'arrêtais. » Il ne faut pas se tromper au langage de We... Elle ne voit pas dans le ciel des croix et des saintes, elle cherche si elle les voit, ce qui n'est pas la même chose. « J'ai peur de les voir, je veux voir si franchement je les vois. » Tout cela ne ressemble pas à de rhallucination.

En réalité il ne reste qu'un très petit nombre de cas embarrassants. Mais on peut alors faire sur ces hallucinations les remarques suivantes, i" Ces hallucinations ne sont pas complètes et sont loin de présenter toutes les couleurs, tous les détails que l'on verrait dans un objet réel, il en résulte qu'elles sont vagues et manquent de netteté. Il faut insister un peu et ne pas trop inquiéter les malades en mettant en doute leurs hallucinations pour obtenir tous les aveux sur ce point. Xa.. qui dessinait le couteau au travers de la figure, remarque bien que la figure est devinée plutôt qu'elle n'est vue. « J'ai besoin, dit-elle avec naïveté, de dessiner cette image pour me rendre bien compte de ce qu'elle représente. » Quoique Claire semble voir les images les plus terribles, il est facile de constater que ce spectacle manque beaucoup de précision. Il est impossible de lui faire dire la forme de ce prétendu membre viril, la place qu'il occupe par rapport à l'hostie. Elle n'ajafnaissu me dire s'il il était à la droite ou à la gauche de l'hostie et dans bien des cas, elle s'embrouille encore davantage : c'est quelque chose qui doit être comme un membre viril sans qu'elle sache bien ce que c'est. « En tous cas je suis bien cpnvaincue que c'est quelque chose de sale. » Pour une image visuelle, c'est peu net.

Le dernier jeune homme Rp.,. serait fort embarrassé pour décrire le personnage qu'il voit, car il a trop peur pour le regarder, il sait qu'il le voit, mais en réalité, il ne Ta jamais bien vu. Les hallucinations de Jean malgré leur précision apparente sont tout à fait du même genre. Ces figures^sont vagues, efiacées, « c'est comme si je la voyais, c'est comme si elle me parlait ». Ce sont des images sans couleur et des paroles sans bruit. Le plus souvent ces images semblent même s'effacer encore plus. « Je ne vois pas le fantùme de M... puisqu'elle est derrière mon dos, mais je sais qu'elle y est. » 11 arrive à employer à ce propos un mot qui est intéressant. « je ne vois pas tout à fait, dit-il, cela reste implicite. » Il entend par là qu'il n'y a presque aucune

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se, qu'il y a à peine un petit signe vague qui suffit r. « Je n'ai rien dans l'idée qui soit précis, je ne vois e, je n'entends pas sa voix, je ne murmure pas son sndant je sais que je pense tout le temps à elle ». 5 pouvais guère me contenter de cette obsession perîuse qui n'était rien, qui ne consistait en aucun fait ne, j'ai insisté et Jean prétend avoir fait dans certains larque curieuse. « Charlotte a en réalité une voix très rouler les r. Cette prononciation m'a frappé et quand ié implicitement je sens dans la bouche, sur la langue, •es petit roulement d'r. Cela suffit, je sais que je pense l à Charlotte. » Dans d'autres cas il sent dans son e si une lettre de son nom était écrite. C'est à ces petites que se réduisent les obsessions et c'est lui comme conclusions toutes ces prétendues hallucina- •emarque intéressante, c'est que ces hallucinations 3nt beaucoup souffrir les malades, « plus c'est vague , plus c'est odieux ». Le défaut de précision, disait ig, donne un sentiment de terreur tout particulier : ; a l'étudier avec plus de soins en parlant de l'inquiémalades.

pas une pure diminution dans 'l'intensité des images, ut de complexité : des catégories essentielles d'images tement défaut. Il est impossible d'ajouter les images nt et de préciser l'hallucination. Chez les hystériques es, on peut faire naître l'hallucination en éveillant it du sujet les images les unes à la suite des autres, autrefois que cette complexité croissante, ce dévelopomatiquc des éléments de l'idée jouaient un grand hallucination *. Mais ici les malades n'arrivent pas à et l'attention supprime au contraire le peu qu'ils

:oup d'auteurs et en particulier M. Séglas ont aussi ue ces hallucinations n'avaient pas le caractère de si important dans la perception et dans les hallucinplètes. Cette -remarque est juste pour un certain malades.

ismc psychologique, 1889, p. aoi, accidents mentaux des hystériques,

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Si les hallucinations de Jean manquent de précision, elles manquent aussi d'extériorité, il est disposé à les localiser dans « le cervelet » ou bien dans le front « au sommet à droite, où elles ont fini par déterminer comme une saillie de Tos ». Aussi reconnaît-il lui-même la nature du phénomène « c'est, dit-il, mon fou rire cérébral. » Claire est très embarrassée quand on veut lui faire préciser la place extérieure de son image, elle croit que Tensemble est à gauche, mais elle ne sait pas bien où. « D'ailleurs, si elle ne peut pas bien préciser l'endroit, ce n'est pas de sa faute, Tobjet est trop loin... non pas trop loin en distance... c'est au loin comme si c'était une autre personne qui le verrait... Cette autre personne verrait que c'est bien un membre viril, verrait bien sa place, moi je ne le vois pas. » Sans parler ici des troubles de la personnalité que cette phrase révèle, nous noterons seulement combien la localisation extérieure reste vague.

Cependant je n'oserai pas dire que ces hallucinations manquent tout à fait d'extériorité, comme M. Séglas le disait a la Société psychologique. Il y a des malades qui ont le sentiment de cette extériorité. Voz... voit les arbres, le mur, les chaînes, en dehors de lui : « c'est bien en dehors de moi puisque cela m'empêche d'avancer, il me semble que cela me barre le chemin. wRp... soutient que l'image de son directeur esta 5 mètres devant lui. Même pour les malades précéden-ts Jean et Claire qui finissent par mettre l'hallucination dans leur tête, il ne faut pas conclure trop vite. C'est quand on les interroge, quand on les force à réfléchir qu'ils hésitent à considérer leur image comme extérieure. Au début quand ils parlent spontanément ils affirrpent que l'image apparaît « devant eux, à l'extérieur ». Pourquoi donc changent-ils d'avis à la réflexion, c'est qu'ils sont eux-mêmes étonnes qu'une image puisse être extérieure quand elle manque d'un caractère essentiel des choses extérieures.

3® Le fait le plus important, en eflTety^ce n'est pas précisément que ces images manquent d'extériorité, c'est qu'elles manquent rfe réalité. Ce caractère très important se rattache au sentiment de la croyance, de la certitude. Un objet nous paraît réel quand nous mettons tous nos actes, tous nos sentiments en accord avec l'image qu'il présente. Or, nos sujets se rendent compte que cette hallucination n'est pas pour eux une réalité. Ils disent eux-mêmes que ce sont « des sortes d'hallucinations, » « des irréalités ». Leur tourment consiste précisément à douter de la réalité de ces images, à

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jr leur existence. L'une de ces malades se demande îlle a la vocation religieuse ; elle suppose que cette Ile existait, se manifesterait par des signes divins, e saintes dans le ciel. Aussi se demande-t-elle tout le a vu des saintes dans le ciel: un moment elle vous rinstant après elle reconnaît qu*elle serait bien fâchée

Le malade qui voit passer le directeur de TEcole est

cas; il a la manie des présages, pour se décider à ens ou dans l'autre malgré son aboulie il veut voir ecteur souriant ou menaçant, et il s'interroge pour bien vu. Non seulement ce sentiment de réalité exéfaut, mais il est curieux de remarquer qu'il n'appa- Si ce phénomène ne différait de l'hallucination par un moindre de^ré, il devrait par le progrès de rapprocher du sentiment de la réalité. Eh bien, si rrivaient jamais à la conviction de leurs hallucinaent guéris, ou du moins ils changeraient la nature e, ce que nous n'observons pas. Ces images mêmes, raissent vaguement extérieures avant la réflexion, irs pour eux irréelles et douteuses.

:inations présentent encore un autre caractère imporelles sont symboliques : elles ne sont pas constituées entation d'un objet intéressant en lui-même, mais Il d'un signe qui résume une quantité d'autres pen- 2 du symbole est si importante chez les scrupuleux

pouvons l'étudier ici d'une manière incidente, il 1er ce caractère qu'elle donne à l'hallucination, iprès ces observations que les hallucinations des nt loin d'être identiques aux hallucinations com- »tériques et des alcooliques. C'est la conclusion à ennent de nombreux auteurs en particulier M. Pick * te^. On pouvait leur appliquer le mot de pseudo-

qui a été proposé par le D*" Kandinsky à propos i même genre ^. Un malade croit changer de natio-

rague, Ueber) die Bcziehungen zwischen Zwangsvorstellungen unci J^rager med. Wocheiischr.t 1895.

î, Des hallucinations dites psychiques. Bulletin de la Société de nié- Belgique, juin 1898.

sky, Observations cliniques sur les iiallucinations sensorielles, 'rvenlieilhunde, 188/4, cité iiar \V. James, Psyciiohgy U, 116.

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