‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 3)Chapitre 51 sur 288 · I. Legrand du Saullc, Folie du doute, p · texte numérisé non relu

I. Legrand du Saullc, Folie du doute, p

hES OBSESSIONS. 1. 8 •

'ai signalé autrefois à propos de la parole intérieure une maî F... qui avait rhabitude bizarre de se répéter en dedans le 1 des objets qu'elle voyait : « c'est un pavé, c'est un arbre, t un tas d'ordures. * » Je n'avais pas compris à ce moment la on de ce besoin. En réalité c'était une scrupuleuse, qui crai- It en passant près des gens de leur faire dp mal, qui retournait rrière pour voir si elle n'avait pas cogné les chevaux, qui terrogeait indéfiniment pour savoir si elle avait payé, etc. Cette :)mination perpétuelle des objets était chez elle en rapport ; une manie de précision.

'autres auront la manie des i'érifications, qui diffère peu de récédente. R... identique sur ce pointa un malade de M. Ar- 1 tate perpétuellement ses vêtements et surtout ses poches ur vérifier si tout est bien a sa place, si elle est bien tirée h re épingles, si elle n'a perdu aucun petit objet. » Ser... touh chaque instant ses oreilles « pour voir si elle a toujours boucles d'oreille » on verra que cette manie devient souvent gine des tics. Il est inutile de rappeler les malades bien lus qui vérifient indéfiniment si la porte est bien fermée, si az est éteint, si la lettre est bien dans la boîte, etc. la même manie de précision se rattache la manie fie la fixité idées qui a déjà été décrite à propos de la forme des obsess.

faut placer dans un groupe voisin les manies de l'ordre. On

souvent débuter la maladie du scrupule chez les enfants me chez Ser..., chez les enfants de Lise, par la manie de r leurs robes exactement dans les mêmes plis, de ranger leurs mcnts le soir en se couchant, de mettre de Tordre dans leurs [>ires d'une façon tout à fait exagérée et ridicule. Plus tard la ie devient grave, Lkb..., femme de 22 ans, ne peut plus souf-

qu'aucune personne pas même son mari entre dans sa libre : « j'ai trop peur qu'on ne dérange mes affaires, si queln dérangeait chez moi une épingle cela me rendrait affreuset malade. » Vk..., femme de 58 ans, s'épuise depuis 20 ans îttre de l'ordre dans son ménage, elle refuse de manger. et de lormir « avant qu'elle n'ait mis tout en ordre » et elle ne

y parvenir « car elle voudrait la perfection et elle a été dé-

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bordée. » Qsa... éprouve toujours le besoin de rauger « ses aOaircs, ses papiers, c'est pour lui un besoin de simplification perpétuel. »

Claire met de Tordre non seulement dans ses objets mais encore dans ses idées. Il faut qu'elle pense la même chose à la même heure, à la même place. Il faut qu'elle ne pense pas plus un jour qu'un autre, il faut surtout qu'elle raconte les événements dans un ordre déterminé. Personne n'obtiendra qu'elle raconte tout de suite ce qu'elle a éprouvé hier : il lui faut reprendre les choses par le commencement et réciter par ordre chronologique ce qu'elle a éprouvé depuis lo ans avant d'en arriver à la journée précédente.

Mettons à côté la manie de la symétrie dont M. Azara nous donne un exemple : « il lui faut toujours ranger les objets la moitié à sa droite, la moitié à sa gauche... Si elle a mis le pied sur une pierre un peu saillante, elle se sent forcée de rechercher pour l'autre pied une sensation analogue. Lorsqu'elle a placé une main sur du marbre ou sur tout autre objet froid elle est contrainte de faire subir à l'autre organe symétrique une impression analogue*. »

Jean a des besoins analogues : si en levant les yeux il a remarqué un objet rouge à sa droite il lui faut détourner la tête et cherche à fixer son regard sur* un objet rouge fixé a gauche. M. Flournoy, dans son livre sur les synopsies* signale une symétromanie typographique : a les noms et les mots qui ne sont pas composés d'un nombre régulier de lettres m'ont toujours fait une impression désagréable et causé un vrai chagrin h mes yeux. Les titres de livres, les enseignes de magasin me donàent toujours sous ce rapport un vrai travail : je compte les lettres, et si elles ne sont pas en nombre pair, je coupe les mots de façon a mettre une lettre isolée au milieu des autres; ainsi pour les mots Japon, seule, je les écris en pensée de cette manière : Ja-p-on, se-u-le».

On a souvent remarqué l'importance du contraste et de la con^ tradiction chez ces malades, M. Raggi' rapporte l'observation

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