I . — Les caractères des tics
Le premier caractère qui a été bien mis en évidence, c'est la systématisation du tic, son analogie avec cet ensemble systématisé de mouvements qui constitue un acte. Trousseau comprenait encore le tic d'une manière assez vague : il le caractérisait a par des contractions rapides généralement limitées à un petit nombre de muscles, habituellement aux muscles de la face, mais pouvant afiecter d'autres muscles du cou, du tronc, des membres * » En somme il ne parlait que de la petitesse et de la rapidité du mouvement : quelques secousses d'épilepsie partielle pourraient ainsi être confondues avec des tics. Charcot', Gilles de la Tourette^, Guinon* ont cherché à distinguer et à grouper au moins quelques tics très exagérés et faciles à reconnaître. En outre des caractères précédents, petitesse du mouvement et sa rapidité, ils ont insisté sur sa régularité et sur sa ressemblance avec des actes déterminés. « Les tics, disait Charcot, reparaissent toujours les mêmes chez un même sujet, et de plus ils reproduisent en les exagérant cependant certains mouvements automatiques complexes d'ordre physiologique appliqués a un but, ce sont en quelque sorte, en d'autres termes, la caricature d'actes de gestes naturels **... »
L'auteur qui a le plus contribué à faire connaître le tic et à le distinguer cliniquement des phénomènes convulsifs voisins est M. Brissaud. Dans ses leçons à la Salpêtrière il est revenu à plusieurs reprises sur la distinction intéressante du spasme et du tic^.
I. Trousseau, Cliniques de l'Hôlel-Dieu, 1878, \h p. 267, p. 464-
a. Charcot, Leçons du mardi, II, p. i3.