‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 3)Chapitre 8 sur 288 · L'obsession du sacrilège · texte numérisé non relu

L'obsession du sacrilège

Quelles que soient les difficultés qui empêchent de saisir complètement la pensée de ces malades, on finit par se rendre compte de quelques idées principales qui d'une manière plus ou moins vague constituent le fond des obsessions.

Dans un premier groupe, il s'agit évidemment d'obsessions religieuses, mais ce sont des idées religieuses toutes spéciales, ayant un aspect horrible, monstrueux en dehors de toute croyance raisonnable. Au lieu de se préoccuper des événements de la vie commune, de la mort d'un enfant, de l'absence d'une personne aimée, ces malades songent à des crimes religieux irréalisables et fantastiques.

Quelques exemples feront facilement comprendre ce caractère, j'en choisis d'abord deux particulièrement typiques autour desquels il sera facile de grouper les idées du même genre présentées par les autres malades. On. (Obs. 221), un homme de 4oanS; après

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beaucoup de tergiversations, nous fait Taveu de ce qui le tourmente jour et nuit. Il vient de perdre il y a deux ans son père et son oncle pour qui il avait la plus grande artcction et la plus grande --^-'-ation: il les pleure, cela est naturel. Va-til être obsédé par gre de leur figure comme une hystérique pleurant son père ? Il est obsédé par la pensée de Tàme de son oncle. Mais ce qui Froyable, c'est que Tàme de son oncle est associée, juxtaposée nfondue (nous savons que ces malades s'expriment très mal) Lin objet répugnant : des excréments humains, a Cette âme 1 fond des cabinets, elle sort du derrière de M. un tel, etc. » Il fait une foule de variantes sur ce joli thème et il ;e des cris d'horreur, se frappe la poitrine. « Peut-on conp abomination pareille, penser que l'âme de mon oncle de la m... » Le cas est intéressant par sa grossièreté, une Je ce genre présente, a mon avis, un cachet tout spécial: elle it déjà le médecin qui ne le rencontrera guère en dehors du î du scrupule.

Eintde préciser ce caractère voyons un autre exemple encore typique. Claire, cette jeune fille, dont la chasteté ne peut î pas être soupçonnée, finit après i8 mois d'examen et d'in- ^ations par m'avouer l'obsession suivante qui, au premier I, me paraissait invraisemblable et dont j'ai dû plus tard ater la fréquence chez les scrupuleuses. Elle prétend que plus qu'une idée, c'est quelque chose qu'elle voit et qui lui •ait brusquement h gauche. Acceptons pour le moment cette îssion de la malade : « Je vois. » Nous aurons à discuter tard s'il s'agit d'une véritable hallucination. Claire prétend subitement devant elle un homme tout nu ou avec plus de sion uniquement les parties sexuelles d'un homme, en train omplir un acte : celui de souiller une hostie consacrée, ici des années que cette jeune fille a cette image devant les des centaines de fois par jour. De temps en temps l'image quelques légères modifications : il y a plusieurs membres autour de l'hostie, ou bien c'est une femme qui met l'hostie ;s parties génitales, tantôt c'est un chien qui fait ses ordures ne hostie, tantôt l'hostie est simplement mêlée avec de la des excréments. Pendant certaines périodes de grand le, c'était un prêtre qui venait appliquer l'hostie sur les ;s génitales de la malade elle-même ou sur son anus. Ces 5s provoquent une angoisse horrible, bouleversent la malade;

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