Troubles physiologiques de l'angoisse
Après avoir constaté les diverses formes systématisées ou diffuses que l'angoisse peut revêtir il faut maintenant considérer ce phénomène en lui-même et voir de quels éléments il est composé dans la plupart des cas où il se présente, il faut rechercher les caractères généraux de l'angoisse. Ces caractères me semblent de deux espèces : un grand nombre sont des caractères physiologiques qui seront étudiés* en premier lieu, mais il me semble qu'il y a un second groupe composé par des phénomènes psychologiques et dont l'étude ne doit pas être négligée.
M. Freud énumère ainsi les principales formes que peut prendre la crise d'angoisse, c'est-à-dire les principaux phénomènes qui la
LES AGITATIONS FORCÉES qui dans tel ou tel cas peuvent se développer isolé-
bles cardiaques avec palpitations, arythmie, tachyjusqu'aux états asystoliques les plus graves ; blés respiratoires dyspnée: nerveuse, accès d'asthme; )rdres de Tappareil digestif: accès de fringale ou faim paroxystique, souvent associée à des vertiges, que, diarrhée périodique ou chronique; s de vertiges ou d'étourdissements, ils consistent en écial accompagné de l'impression que le sol se dé- » jambes s'effondrent, ils peuvent même amener des iiissement profonds; sthésies ;
surs nocturnes ou réveils angoissants ; [lissements musculaires et des tremblements ; irs profuses survenant souvent la nuit ; énomènes vasculaires et congestifs analogues à observe dans la forme vaso-motrice de la neuras-
îsme et des besoins impérieux d'uriner*, phénomènes que M. Freud ajoute : l'irritabilité gépacité de supporter aucune excitation sensorielle, liète, l'obsession, se rapportent plutôt aux troubles es.
berg ajoute quelques symptômes intéressants, des lemcnts, le phénomène du doigt mort, des amaipériodiques.
ulement sur les phénomènes physiologiques qui se es le plus fréquemment chez mes malades et je [ue les phénomènes de la crise d'angoisse en laissant roubles généraux de la santé qui persistent en dehors l'angoisse proprement dite.
i soumettre ces troubles à une analyse précise et ossible prendre quelques mesures et quelques gra- )i que j'avais pu le faire pour un certain nombre
Je Vienne, Sur la légitimité de séparer de la neurasthénie un syns le nom « de névrose d*angoisse ». Neurolog. Centralbtnlt, 1895, r liartenbcrg, La névrose d'angoisse, 1902, p. 3.
de phénomènes hystériques. Je dois faire observer que de telles études sont beaucoup plus diflieiles sur ce genre de malades et je suis un peu étonné quand je vois bien des auteurs parler avec tant d'assurance des modifications physiologiques des psychasthéniques, comme s'ils avaient pu les observer et les mesurer avec précision. Leurs crises d'angoisse ne se produisent pas à heure dite, au moment le plus favorable à l'observation. Bien au contraire, il y a dans l'état mental de ces malades des dispositions curieuses qui empêchent les crises de se produire de cette manière. Nous avons vu qu'ils peuvent presque toujours arrêter ou supprimer leurs crises quand il y a des étrangers à qui ih veulent les cacher. Claire, qui se roule par terre dans ses crises d'eflbrts, se relève aussitôt dès que quelqu'un entre et rajuste avec le plus grand calme le désordre de sa toilette. Dans ces conditions consentirontils a laisser venir leur crise dans le laboratoire ? En outre nous verrons plus tard un autre caractère intéressant, c'est qu'ils sont très facilement consolés, rassurés par la présence de la personne qui les soigne ou simplement les étudie. « Comment voulez-vous que j'aie des angoisses devant vous, me répète Jean, mais chez vous, c'est le seul endroit où je sois tranquille, je voudrais être toujours auprès de vous et je n'aurais jamais rien. » Par définition même Tagoraphobe a des terreurs dans la solitude, il ne les aura pas dans un laboratoire, quand il est examiné par son médecin. C'est pourquoi à mon grand regret je n'ai pu réunir autant de documents précis, de graphiques que je l'aurais voulu sur ces troubles. J'ai éprouvé, je l'avoue, une déception quand j'ai dû constater que sur deux cents malades observés pendant des années, j'ai eu assez rarement l'occasion favorable pour observer moi-même dans de bonnes conditions ces grands phénomènes émotionnels dont les malades parlent toujours mais quis'eiTacent très rapidement dès qu'on désire les analyser.
Cependant j'ai pu faire quelques expériences en petit nombre dont je crois devoir tenir compte dans l'analyse de ces perturbations physiologiques.
Ces malades se plaignent beaucoup d'éprouver pendant l'angoisse des troubles du mouvement des membres. Je ne parle pas ici des grandes agitations qui peuvent quelquefois accompagner les angoisses. Les excitations motrices sont d'ordinaire peu compatibles avec l'angoisse proprement dite, quand il y a grande
B mouvement extérieur n'est pas très considément.
^e souvent ce sont des spasmes, des secousses, emple, des sortes de crampes qui ne vont [itracture chez Mb..., et surtout du trembleîs jambes(Cum..., Bo..., Vim...*, Dob..., etc.). iblement des jambes a même été pris dans un nus. Quand le malade est calme il est évident emblement épileptoïde de la jambe et que ouble émotionnel.
ides se plaignent d'être comme paralysées de lans les membres, <( mes jambes, dit Fie..., nt comme de la laine, je me sens tomber par s jambes se dérobent sous moi, dit Vim..., iras qui m'abandonnent. Il n'y a pas moyen de écrire ». « Je vais tomber par terre, la terre » J'ai voulu vérifier cette faiblesse musculaire iielque importance.
es j'ai pu examiner ces malades qui prétendent nt l'angoisse : la paralj'sie ou même la parésie ji doit se vérifier assez facilement. Eh bien, ter autre chose qu'un léger degré d^aSaiblisdu mouvement volontaire qui disparaissait l'on encourageait le sujet. Lkb... prétend ses pendant l'angoisse ; j'ai pris la force de omètre de Chéron-Verdin d'abord pendant nal, puis pendant la crise, en faisant serrer - et en prenant la moyenne. Voici la série des ïtat normal :
21, 21, 2/j, 19, 22, 24, 23, 23, 23, moyenne
I, 22, 24, 21, 19, 19, 21, 21, 21, moyenne
également à l'état normal :
24, 23, 23, 24, 24, 23, 24, 22, 25, moyenne
26, 23, 24, 23, 25, 25, 25, 25, 25, moyenne
Voici maintenant l'expérience qui a pu être faite une fois pendant Tétat pathologique :
Main droite : 22, 25, 24, 22, 22, 28, 25, 23, 28, 25, moyenne 23,4 ;
Main gauche : 21, 21, 21, 20, 21, 19, 20, 21, 19, 21, moyenne 20,4.
L'expérience n'est malheureusement pas assez répétée pour donner de conclusions bien nettes, on peut remarquer que même h Tétat normal la force est faible, et qu'il n'y a pas de grandes variations au cours des dix pressions consécutives, le sujet me parait faire peu d'efforts même au début et se fatiguer peu, cela se rattache à son aboulie générale. Mais ce qui est frappant, c'est le peu de différence entre les séries obtenues à l'état normal et celles qui sont obtenues pendant l'angoisse. La paralysie dont se plaint cette malade n'est pas bien facile h apprécier objectivement. J'arrive au même résultat chez 3 autres malades : la différence entre les moyennes de dix pressions faites dans l'état normal et les moyennes de dix pressions pendant l'angoisse est insignifiante.
Si on constate difficilement de la paralysie véritable, on observe souvent de l'ataxie, de l'incoordination. Les mouvements sont troublés par les secousses et les spasmes et ils manquent de précision. On constate que les actes délicats ne peuvent plus être exécutés, Nadia cesse de pouvoir jouer du piano et Jean ne peut plus écrire. Son écriture devient déplorable toutes les fois qu'il est troublé, et pendant les crises d'angoisse il est incapable de tenir une plume. En dehors des phobies de la parole qui, bien entendu, rendent le langage impossible, dans beaucoup d'angoisses la parole devient saccadée, hésitante, embrouillée. Certains malades ont pendant ces crises une parole tout a fait spéciale qui permet de reconnaître leur état.
Si nous passons aux fonctions viscérales il faut rappeler que les angoisses d'un certain nombre de malades déterminent des excitations génitales. Chez les uns comme chez Jean, ces excitations et les érections sont en rapport avec des obsessions erotiques et l'on peut dire que ce sont les rêveries des sujets qui ont amené l'excitation.
Mais chez d'autres et en particulier chez Claire et chez plusieurs autres l'excitation génitale se produit la première comme
sorte de dérivation de Tangoisse ou de Tagitation motrice et obsessions erotiques ne viennent qu'à la suite. Hb... (47)9 me de 4o ans, toujours timorée et scrupuleuse, est restée ;e sa vie très calme au point de vue génital. A la suite de la t de son père, elle se sent seule et abandonnée, elle a des es de désespoir. A ce moment elle a une excitation génitale, |ue-là inconnue et ne peut résister au besoin de se mastur- . « Après Tavoir fait elle se sent mieux, moins délaissée et j courageuse. » On peut rattacher a cette excitation des
mes génitaux de curieuses exagérations de sécrétion. Ku
s ses angoisses « perd de Teau par le vagin comme une femme accouche ». Il ne s'agit pas d'une sécrétion purulente qui se ache à quelque métrite, c'est une sécrétion aqueuse réellement considérable qui n'existe qu'au moment de ces excitations et disparait ensuite.
es troubles gastro-intestinaux en rapport avec l'obsession et poisse doivent être importants mais ils sont didiciles à étii- . En effet il ne faut pas oublier que tous ces malades ont au 'ême degré l'état neurasthénique dans lesquels les troubles estomac et de l'intestin sont fondamentaux. Presque toujours
alimentation, leur digestion gastrique, leurs fonctions intesles sont très défectueuses et cela d'une manière constante. s aurons à les étudier en examinant l'état général de leur é physique. Mais il est bien difficile de constater si quelquesde ces troubles digestifs concordent exactement avec la crise goisse. Chez beaucoup de malades il n'en est pas ainsi, nous ms même à signaler chez Lise, par exemple, et chez Gisèle
sorte d'alternance entre les troubles psychiques et les blés gastriques. Il faudrait maintenant constater des troubles (stifs aigus au moment de l'angoisse. Legrand du Saulle arquait déjà qu'ils sont rares et il faisait observer que les *aphobcs ne vomissent pas, ce qui les distingue des autres igineux.
ependant on constate quelquefois des troubles de l'alimenta-
et de la digestion qui coïncident avec l'angoisse. La plupart malades refusent de manger pendant leurs angoisses. Ku... 'estée six semaines presque sans alimentation, et il ne s'agispas ici d'un refus d'aliments dépendant d'une obsession, mais i dégoût en rapport avec l'angoisse. D'autres ont des crises
de boulimie comme Lkb... (loo) qui à ce moment. voudrait dévorer, mais je ne suis pas sûr que cette boulimie dépende uniquement de l'état de l'estomac et ne soit pas en rapport avec un sentiment général de faiblesse que nous retrouverons parmi les troubles moraux.
Parmi ceux qui continuent h manger, un grand nombre comme Gr...,Bu..., Bx...(20o) se plaignent de nausées pénibles, une seule malade Claire a rendu deux ou trois fois son repas au milieu de ses contorsions. Bien entendu nous mettons à part ceux qui ont des tics de vomissements, des crises d'efforts de vomissements, des phobies de la digestion, il faudrait tous les rappeler ici. Ce qui est plus fréquent c'est que les malades sans tics et sans phobies particulières se rapportant à la digestion souffrent cependant de la digestion, se sentent l'estomac gonflé, le ventre serré, qu'ils ont des spasmes de l'œsophage, qu'ils sentent la boule qui monte h la gorge, qu'ils se plaignent d'avoir la bouche sèche, pâteuse et amère. Bx... a constamment ce mauvais *goût dans la bouche tout le temps que dure la période de phobie. Chez quelques-uns ces troubles vont jusqu'à l'indigestion, quand la crise survient peu de temps après un repas.
Il faut noter aussi les crises singulières de diarrhée que l'on observe de temps en temps. Chez Xo... c'est un véritable flux intestinal répété et extrêmement pénible. Chez Gisèle, chez I.ise c'est un état lientérique qui s'établit quand elles sont angoissées et les aliments sont rendus sans aucune digestion. Chez plusieurs, chez Gs... en particulier une sécrétion aqueuse continue à flots même quand les matières sont rendues par excitation des glandes de rintestin. 11 y a une hydrorrhée intestinale comme une hydrorrhée utérine et nasale.
Enfin il faut noter chez plusieurs de la pollakiurie et plus rarement de la polyurie vraie; dans une demi-journée d'angoisse Claire rend trois litres d'urine. Plusieurs autres m'ont indiqué le même fait sans l'avoir mesuré.
Avec les fonctions de la circulation nous arrivons à des troubles qui sont plus nettement en rapport avec l'angoisse. Beaucoup de malades se plaignent de souffrir au cœur à ce moment et ils ont à ce propos comme toujours des descriptions imagées et symboliques. « Je ressens, dit Al... (i5), quelque chose qui me resserre et me gêne à gauche et qui monte jusqu'à
LES AGITATIONS FORGÉES
lime un caillot qui serait dans le cœur et qui r », « je souffre horriblement, dit Mm... (5), parce que le cœur déborde et que ce trop-plein id tout autour..., le cœur baigne dans Tennui é plongé dans un vase rempli d'ennui. » On ne nène physiologique qui se cache sous ces méta-
les comme Claire prétendent sentir qu'elles r. Ce serait un phénomène plus facile a vérifier s pu constater ces arrêts du cœur ni même de sements du pouls, les malades disent toujours en syncope, qu'ils se sentent près de s'évanouir, s observé au cours de Tangoisse de véritables es. Les pertes de conscience sur lesquelles nos mt de tout autre nature.
State véritablement et cela d'accord avec le dire nt des palpitations cardiaques « mon cœur est ..., il bat comme si Ton retirait le balancier Brk... parle des chocs violents de son cœur et ;ur ce sujet. D'après lui son cœur a non seule- [its précipités mais des battements énormes qui locs douloureux sur la poitrine et que l'on doit ce déclanchement du cœur, comme il l'appelle ['il redoute le plus au maximum de l'angoisse»
qu'il fait toutes ces opérations de rumination ies battements en les comptant suivant sa manie l'ai déjà fait remarquer h ce propos que ce compte ^inaire. Malgré les exagérations relatives ù ces il est certain à l'auscultation que leur cœur bat t très vite. Il n'est pas rare de constater loo,
minute et plus, surtout chez ceux qui s'agitent efois comme chez Claire ces palpitations se ine journée même après la fin de la crise d'an-
] sang dans les artères est beaucoup étudiée
îs états névropathiques : M. de Fleury croit que
de la tension au-dessus ou au-dessous de la
grand rôle dans la neurasthénie*. Je trouve
"ancls symptômes neurasthéniques, 1901, p. 69 (Paris, F. Alcan).
pour ma part ces mesures de teusioa du sang assez diiliciles a prendre chez Thomme. Je me servais au début de l^appareil de Chéron et j'ai remarqué que, si je faisais prendre par plusieurs personnes, puis par moi-même, la tension d'un sujet au même moment, nous arrivions à des résultats absolument discordants et cette contradiction m'a découragé. Depuis, je me suis servi de l'appareil de Potain et les résultats me semblent un peu plus précis, je ne crois cependant pas pouvoir attribuer à ces chiflres une extrême précision.
Beaucoup de sujets me semblent conserver une tension à peu près normale, Jean qui est si angoissé m'a présenté le plus souvent i4, i5 ou 16; sur trois sujets j'ai observé des chiffres de 19 et de 20, c'est-à-dire supérieurs à la normale, ce sont des sujets qui s'agitent; chez deux autres: Lise et Gisèle les chiffres de 9 et de II, ce sont des sujets qui semblent plutôt immobiles dans leur angoisse. Une seule observation m'a laissé une impression assez nette: Rk... est venu me trouver un matin parce qu'il avait été pris dans la nuit, à trois heures du matin, d'une de ses obsessions avec manie mentale d'interrogation qui avait peu à peu amené une angoisse. La figure était tout à fait décomposée, cet homme de l\o ans ordinairement sanguin était blême, il avait la peau froide, le cœur battait 60 pulsations seulement et la pression mesurée avec le sphigmomanomètre de Potain me paraissait nettement très basse, 9 où 10 au plus. J'ai pu le remonter par une série de procédés, que j'indiquerai plus loin, le forcer au travail et à l'effort et je vis peu à peu son teint changer, la figure se colorer. La pression que j'ai reprise était au moins de 16. Dans ce cas l'angoisse a manifestement coïncidé avec les symptômes d'affaiblissement cardiaque.
Mais j'hésiterais beaucoup à généraliser celte observation. D'autres auteurs, en particulier MM. Vaschide et Marchand* ont constaté une augmentation de la pression artérielle de 2 centimètre et demi en moyenne. La pression normale de leur sujet était de i8,5 et sous l'influence de l'angoisse (il s'agissait d'un éreulophobe) elle s'élevait à 21 centimètres. J'ai observé moi-même
I. Vaschide et Marchand, Contribulion à l'élude de la psycho- physiologie des émotions à propos d'un cas d'éreutophobie. Revue de Psychiatrie, juillet 1900. Ufficio che le condizioni mentali hanno sulle oiodiGcazioni délia respirazione cl dolla circulazione periferica. Rivista sperimentale di freniatrioj 1900.
LES OBSESSIONS. 1. — l5
LES AGITATIONS FORGÉES
élévation dans certains cas, sans compter les cas plus nom- K encore où la pression a été trouvée normale, s troubles des vaso-moteurs ont été également présentés ne essentiels. M. Ribot, avec Wundt et Mosso, croit que le hement momentané de Tinnervation vaso-motrice cause la eur du visage et se présente comme une compensation de aération des battements du cœur\ MM. Pitres et Régis font ' un rôle considérable à cette dilatation des vaisseaux cutanés ccompagne Téreutophobie. Je fais simplement remarquer ici 3es phénomènes vaso-moteurs sont très variables dans Tane : si on constate la rougeur chez quelques-uns, on observe d'autres une pâleur livide qui même me semble plus frète. Il y a quelquefois des alternatives assez rapides de rouet de pâleur; enfin chez beaucoup la coloration des tégus reste tout à fait normale.
s expériences que Ton peut faire sur Tétat des vaso-moteurs
main ne doivent pas être généralisées trop vite : il n'est pas
in que la circulation du reste du corps et surtout du cer-
présente les mêmes modifications. J'ai pu appliquer dans
cas le plétismographe de MM. Hallion et Comte pendant les
isses rendues évidemment plus modérées par Texpérience.
un cas le tracé de la circulation capillaire était identique
ui que j'avais pris pendant l'état normal. Dans l'autre le
des pulsations était fort réduit tandis qu'il était assez fort à
normal : cela indiquerait un certain degré de constriction
ilaire. MM. Yaschide et Marchand dans leurs études sur un
ophobe^ constatent deux formes du pouls radial et du pouls
laire suivant que l'émotion et l'angoisse sont faibles ou devien-
plus intenses, « à la première correspond un pouls rapide,
Lin dicrotisme accentué et un sommet pointu et à la seconde,
)uls lent, avec une pulsation rapetissante et un dicrotisme
ement atténué. Le pouls capillaire ne présente aucun dicro-
net; sous l'influence d'une émotion de la première catégo-
l est rapide et la ligne graphique devient moins ondulée.
e de rougir provoque une légère vaso-dilatation, tandis
a présence d'une personne étrangère est accompagnée d'une
constriction avec effacement considérable de la pulsation, le
ibol, Psychologie des sentiments, 477-
aschide et Marchand, op. cit., les tracés qui ne sont pas publiés dans ]*ar-
einçais se trouvent dans Fédition italienne, Biv. sper. d. freniatria, 1900.
LES AGITATIONS ÉMOTIONNELLES DÏFKtJSES. — LES ANGOISSES 22T
Les troubles physiologiques les plus visibles et les incontestables sont toujours les troubles des mouvements respiratoires. Tous les malades qui ont des angoisses se plaignent de ne pas respirer, d'étouffer ; Lkb... se plaint d'avoir des resserrements à la poitrine, des gènes de la respiration; « il me semble, dit Bt... (44), que je m'arrête de respirer ». « Je sentais que j'étouffais,* dit sans cesse Fy..., je sentais que rien ne remuait dans ma poitrine et il me semblait que les autres personnes ne devaient pas respirer non plus ; alors ce devait être la fin du monde, tout le monde mourait étouffé, * et comme mes étouffements augmentaient je me suis traînée chez la concierge pour lui demander si elle étouffait aussi ».
Ces troubles respiratoires ne sont pas purement subjectifs ; on peut facilement les constater. MM. Yaschide et Marchand, dans le travail précédemment cité observent que la seule idée de rougir provoque chez leur malade une accélération de la respiration avec augmentation de l'amplitude, et que l'angoisse plus intense amène un ralentissement avec irrégularités et fausses respirations en saccades".