I . Legrand du Saulle, Folie du doi
S crises d'agitation, ses terreurs devant les églises,
les bouteilles, Ul... a eu des scrupules, des rurai- [)ien et le mal avant d'être une agoraphobe. On aussi bien énumérer des malades qui ont suivi : De... avait des phobies génitales puis elle s'est »ger sur la façon dont elle était faite, sur l'amour^ ... a eu longtemps la phobie des couteaux, des s elle a commencé un délire d'interrogation sur la
hommes sont faits, sur la nature du monde. Un ont commencé par avoir des tics puis ont évolué
et les phobies, Nu... (112), guérie de ses tics par sévère, commence les manies d'interrogation ; la ) se rencontre également. Ces évolutions diverses
au point de vue du pronostic, il suffit de remaris existent toutes.
er en second lieu que ces divers phénomènes se uns les autres avec la plus grande facilité, soit lu cours de la maladie, soit artificiellement quand, itement, on cherche à supprimer une de ces agies auteurs ont remarqué que la résistance à la amène l'angoisse. Si le malade s'efforce de ne pas pas recommencer, de ne pas compenser, de ne pas suffocations et des palpitations cardiaques : au lalmesion le laisse donner libre cours à ses beition. Jean a donné la main à sa mère, il a l'idée m touchant la main d'un homme, s'il cède et s'il
la main d'un homme, il est sans doute mécon-
fait une absurdité, mais il ne souffre pas. Si ce e soir quand il est seul avec sa mère et si par le peut pas satisfaire sa manie, il a des angoisses a nuit et une grande agitation motrice. Si Pn... ia phrase : a Allons diner, etc. » il est angoissé et
mieux « l'entendre dire ses bêtises plutôt que de îT )>. Dans bien des cas, les tics, les agitations lasturbations mêmes viennent à la place de rumin veut supprimer et inversement, lut pas oublier les sujets comme Jean qui sempresque tout le temps, des tics, des ruminations et ) toute espèce. Chez les malades sérieusement uve souvent ces divers symptômes qui évoluent
côte à côte et il est facile de remarquer que dans les études précédentes les mêmes malades sont cités à propos des diverses agitations forcées.
Je ne crois donc pas que, au point de vue clinique, on puisse admettre une séparation complète entre ces divers groupes de symptômes. Leur union est encore vérifiée par Tidentité profonde des caractères psychologiques que Ton observe dans les uns et dans les autres.
Après cette longue analyse il faut essayer de dégager les caractères psychologiques qui se retrouvent d'une manière générale dans ces ruminations, dans ces agitations motrices et dans ces angoisses. Je ne recherche pas encore leur interprétation, je voudrais seulement ramener à quelques faits simples cette diversité énorme de manifestations dans laquelle on sent tant de confusion.
i. — Les périodes de crise.
Ces singuliers phénomènes moraux ne semblent pas au premier abord, au moins chez la plupart des malades, être continuels, ils se présentent par crises plus ou moins fréquentes et plus ou moins longues. C'est là un caractère essentiel qu'il faut placer au premier rang.
Ce caractère est incontestable pour les agitations et les phobies avec angoisses viscérales, il est bien évident que Nadia ne bouscule pas les meubles toute la journée et que Claire ne fait pas continuellement des efforts et des contorsions ; il y a des périodes d^agitations et des périodes de repos au moins relatif. Quand nous avons pris le graphique de la respiration de Sy..., nous avons mis en opposition sa. respiration pendant la période de suffocation et sa respiration pendant la période de calme. Pour ces deux catégories de phénomènes les crises sont donc bien marquées.
Ce caractère peut sembler un peu moins net quand il s'agit des ruminations mentales. Chez beaucoup de sujets les phénomènes se prolongent d'une manière à peu près indéfinie : c'est le cas d'ail-
s de la plupart des grands malades. Lise prétend qu'elle ne
plus jamais de la rumination qui accompagne perpétuellet toutes les actions de sa vie. A côté de l'action réelle, par aple, pendant qu'elle fait travailler ses enfants, ou même à
de la pensée réelle, pendant qu'elle cherche à lire et à comidre un livre, il y a toujours un énorme travail imaginaire qui e sur des scrupules, des hésitations, des pactes, des préoccu- Dns de la vie future, des réponses, des formules de conjuration me 4» 3, 2, et cela ne cesse à peu près jamais. Dans les périodes onne santé relative la rumination s'éloigne et voilà tout ; elle ît plus lointaine «cela devient implicite, comme disait Jean». » la malade a toujours la conscience vague que ce travail inue à se faire dans sa tète: « même quand je vais bien, dit lie, il y a toujours dans ma tête un petit ronchonnement. » aie il n'en est ainsi que chez de grands malades un peu ptionnels. Beaucoup de scrupuleux, surtout au début de la idie n'ont que des ruminations courtes, quelquefois d'une ine de minutes à peine. Dans la plupart des cas, chez Lod..., la, Zei..., Zo..., par exemple, les ruminations se prolongent e manière grave pendant une heure ou deux, puis s'apaisent
ou moins complètement. \Vo... sent très bien qu'elle a des ;s de calcul ou de perfectionnement de ses prières ; elle même reculer une crise, la remettre à plus tard et la endre pour la liquider.
ème chez les sujets qui semblent avoir la rumination contile, il y a visiblement des exacerbations momentanées qui les ;nt à rester immobiles, la tête tombant sur leurs genoux,
des diminutions pendant lesquelles le « petit ronchonnet » ne les empêche pas de vaquer à peu près à leurs occu- )ns. 11 semble que chez eux les crises se mêlent l'une avec re, que la première n'a pas le temps de se terminer complèint avant que le deuxième ne commence. Les tics eux-mêmes [)nt continuels qu'en apparence. Non seulement ils disparais-
pendant le sommeil, mais pendant de longues périodes de Lirnée, surtout quand le sujet est seul et qu'on ne lui demande , ils existent à peine.
1 un mot aucune de ces agitations forcées ne constitue un permanent stable du sujet, elles se développent par crises en ort avec certaines occasions.