Point de départ des crises
Mais quelles sont ces occasions qui servent de point de de à la crise : on ne saurait trop y insister, car c'est là un des pc essentiels qu'il est nécessaire de bien constater avant de cher à rinterpréter. Je ne cherche pas en ce moment les condil physiques ou morales qui déterminent le début de la maladi le début d'une période d^aggravation pendant laquelle les c sont plus fréquentes, je cherche seulement les faits qui l'occasion à propos de laquelle paraissent se développer les Ci d'agitation forcée.
i^ Dans un premier groupe de cas la réponse est parfaitei simple. Ces crises commencent toujours à l'occasion d'une a* volontaire, 11 suffit de passer en revue tous les exemples que cités pour voir que dans un grand nombre c'est le début acte, c'est le désir d'accomplir un acte qui amène les a, tions et les angoisses. La crise d'agitation de Nadia dé quand elle essaye de me jouer un morceau de piano, les c d'efforts de Claire se développent quand elle veut faire prières, se mettre à table ou simplement aller aux cabinets, un groupe de phobies, celles que j'ai appelées phobies des ob ne sont en somme que des phobies d'actes. Je crois que la mière désignation de ces phénomènes sous le nom de « délit contact )) a été tout a fait fâcheuse et qu'elle a entraîné lesol vateurs dans une voie fausse. Ce mot semble indiquer que le tact et l'objet sont ici importants et on a imaginé autac phobies que d'objets. L'objet n'est ici a mon avis qu'une occai ainsi que le contact, parce que l'on n'agit pas sans toucher l objets, mais l'essentiel c'est l'acte. La malade de Legran Saulle qui a la phobie des objets qui servent à écrire a en ré sa crise de phobie quand elle veut écrire. Mrc... a Tangi quand il fabrique ou veut fabriquer des couteaux pointus, G quand elle veut ranger des vêtements, Pr... quand elle veu purger. Jean a des tics, ou des ruminations ou des angoisses qi il veut voyager, envoyer une lettre, se moucher, se raser, se h traverser une place.
11 y a certaines catégories d'actes qui donnent souvent i sance à des phobies ce sont les actes professionnels. On voit Lch...(78), télégraphiste, a peur du télégraphe, du bureai
LES OBSESSIONS. 1. — l6
ire que la phobie se développe parce qu'il voit, appareil télégraphique? Non, c'est quand il veut létier : ce qui le prouve c'est qu'on a beau modis, on ne le guérit pas. Comme le médecin avait lie du contact » on ne lui fit plus toucher l'aplique, on le fit écrire, recopier des bandes, il es bandes ; on voulut l'employer à tenir des rea phobie des registres, du bureau de poste, etc. essionnel qui est le point de départ essentiel, pe important de phobies, que j'ai désignées sous
de phobies du corps, donne lieu a des remarce sont des actes du corps, des fonctions corporelînt l'angoisse. Remuer un membre, remuer le petit surtout dans beaucoup de basophobies et même manger, déglutir comme on l'a vu chez tous les déglutition, digérer, uriner, exercer les fonctions
la selle, etc., voilà les fonctions et les actes qui lentiel. Quand il s'agit des dysesthésies des sens, lirer, l'acte d'entendre, l'acte de voir qui est le de la crise.
yme pour les tics, le sourire obsédant survient trer dans un salon, parler a une personne peu un mot un acte diflicile. Les tics avec coprolalie hez Qi... que si elle doit se lever de sa chaise et n; c'est quand elle vient à l'hôpital me demander che qu'elle est forcée de crier « Salaud, tu me
tics deLod...,qui fait claquer les doigts, qui .n pensant à Dieu commencent quand elle doit no. Un grand nombre de tiqueurs ne font leurs ~
Ul... qu'au moment où ils doivent s'adresser à [ï commencé ses tics quand elle devait « voir des cher une place... », elle les a maintenant quand [ans un omnibus.
la même remarque ii propos des ruminations, ce li les provoquent le plus souvent. On vient de a de Ger... commencer quand elle veut descendre illon pour le diner. Jean commence à ruminer fiter en omnibus, quand il veut s'asseoir à table,
etc.. Lise, quand elle veut écrire une lettre, I ses enfants. Fi..., un notaire de ^8 ans, quand
LES CRISES D'AGIÎATION FORCÉE 2ii3
il doit signer un acte, hésite et se met à ruminer. C^est le cas le plus général et le plus simple. On ne saurait assez insister sur son importance, car il nous fait prévoir qu'il s'agit d'une maladie de la volonté et nous y reviendrons quand nous discuterons les phénomènes d'aboulie si importants dans cette maladie.
Pour avoir cet effet, pour devenir ainsi le point de départ de la crise, il faut que l'acte soit volontaire ; une action involontaire, automatique, exécutée par distraction n'a aucunement cet effet. Cela est bien naturel, car autrement les malades ne pourraient jamais bouger; ils remuent cependant et ils accomplissent une foule d'actions qui n'amènent aucun trouble moral parce qu'elles ne les préoccupent pas. Legrand du Saulle remarquait déjà que « si le malade est très préoccupé et s'il a l'esprit tendu il traverse la place sans ressentir quoi que ce soit^ ». Lise se met à table et mange avec une parfaite indifférence, elle s'habille et fait des visites sans aucun trouble; Bu... travaille à son métier habituel sans avoir de phobies ; Jean lui-même peut avoir l'esprit tranquille au milieu des actions les plus graves pour lui s'il est distrait ; quand il va dîner en ville, il donne la main à des dames sans faire de ruminations. Le fait essentiel c'est donc que l'action soit volontaire, c'est-à-dire qu'elle soit nouvelle dans une certaine mesure et que le sujet essaye de la rattacher à toute sa personnalité.
Il ne faut pas oublier qu'il peut s'agir d'actions négatives aussi bien que de positives : prendre la résolution de ne pas faire une action, refuser définitivement quelque chose sera l'occasion de l'angoisse et delà rumination aussi bien que l'effort pour faire Inaction ou pour accepter la proposition. On se souvient qu'un grand nombre des ruminations ont commencé à l'occasion de la pensée d'un acte criminel ou désagréable que le sujet voulait repousserl Ici encore la même remarque trouve sa place, si c'est par distraction que le malade s'écarte d'une situation dangereuse, il n'y aura pas de rumination. Claire me répète qu'elle ne peut rien faire pour soigner sa santé, que si elle veut éviter de se mettre dans un courant d'air, elle va immédiatement discuter indé6niment; au même moment je remarque qu'elle s'est rassise et qu'elle refuse de sortir parce qu'elle a vu qu'il pleuvait. C'est