I. Pitres et Régis, op. cit
3. Roabinovitch, Etat de satisfaction pendant la durée même â( linue. Comjrhs des aliénistes français ^ La Rochelle» 1893.
plus juste, mais à la condition de faire une distinction indispensable. De ces trois opérations forcées il y en a une qui est particulièrement douloureuse c'est Tangoisse, tandis que l«s deux autres sont moralement pénibles, mais ne sont pas physiquement douloureuses. En outre cette opération pénible, Tangoisse, peut, au moins chez certains malades, remplacer les agitations motrices ou les ruminations, si celles-ci sont arrêtées par un effort de volonté. Si le malade supprime ses manies, cesse de tiquer, il aura de Tangoisse, s'il s'abandonne de nouveau à ses manies d'expiation, à ses tics, il sera au moins débarrassé de l'angoisse. Comme le malade a fort peu d'énergie et de courage, il aime mieux se laisser aller à toutes ses sottises plutôt que de s'exposer à des suffocations pénibles. Cette satisfaction que l'on note chez le malade qui cède à certaines impulsions me parait être simplement une préférence pour certains de ses phénomènes pathologiques plutôt que pour les autres, simplement parce qu'ils déterminent moins de douleur physique. C'est une résignation à un moindre mal plutôt qu'une satisfaction.
En un mot, ces trois caractères de la conservation de la conscience, de l'irrésistibilité, de la satisfaction que l'on donne toujours comme les caractères essentiels de la crise d'agitation forcée ne sont pas des caractères psychologiques objectifs reconnus par le médecin. Ce §ont des caractères subjectifs, c'està-dire des sentiments de doute, d'absence de liberté, de résignation que le malade exprime iui-mème a propos de ses crises. Pour comprendre ces caractères nous sommes donc amenés à étudier les sentiments qu'éprouvent les psychasthéniques h propos de leurs crises, leur état mental pendant la crise et en dehors de la crise.
Si nous laissons de côté ces sentiments subjectifs pour nous borner à résumer ici les caractères objectifs, les crises d'agitation forcée nous paraissent essentiellement un ensemble d'opérations psychologiques, des pensées, des actes, des émotions qui sont inutiles et d'ordre inférieur et qui se développent d'une manière exagérée à l'occasion d'un acte, d'une attention, d'une croyance, d'une émotion qui n'ont pas pu s'exécuter ou qui ne sont exécutés que d'une manière très incomplète. Pour comprendre cette altération du phénomène primaire qui est l'occasion du déclanchemcut des phénomènes d'agitation forcée il nous faut encore
CARACTÈRES APPARÈNtS DES AGITATIONS
examiner Tétai des fonctions psychologiques du sujet, volonté, de son attention. Ces études doivent se joindre l des sentiments dont je viens de parler et nous permettn nous faire une idée générale de ces crises.