LES REMORDS ET LES SCRUPULES GÉNITAUX
sion; si elle se développait longuement clans le même sens, elle ne tardererait pas h aboutir h une forme du délire de la persécution.
Observation 2i3. — Remords et scrupules génitaux.
Le mariage des scrupuleux.
Cette malade, Lo..., âgée de 26 ans, nous donne l'occasion de vous signaler un problème qui intéresse vivement les médecins, celui du mariage de tous ces scrupuleux que nous venons de voir. Voyez les faits et tirez-en une instruction. La grand'mère fut une bizarre, probablement une obsédée, la mère est une hypocondriaque, la jeune fille eut l'évolution que nous connaissons bien. Aboulique, rêveuse, vivant dans les espaces et non dans les choses de ce monde, sans volonté et sans attention ; elle eut tous les petits scrupules que l'on peut imaginer, des manies mentales d'interrogation et des phobies variées. Naturellement, tous les membres de la famille, nous n'osons pas dire tous les médecins, répétèrent que pour guérir tout cela, il n'y avait qu'à la marier. Théoriquement ce n'est pas absurde, l'excitation génitale est très favorable à quelques-unes de ces malades et les soucis du ménage peuvent leur être utiles ; mais il faut qu'elles arrivent à sentir les unes et qu'elles aient assez de volonté pour s'occuper des autres : il y a là un aléa énorme.
Lo... fut fiancée, et elle se trouva très flattée de cette dignité. La nouveauté de la situation, les flatteries, les cadeaux, l'excitèrent considérablement : pendant tout le temps des fiançailles elle fut admirable, on la trouvait transfigurée. Immédiatement après la cérémonie, tout retomba. Terreur des rapports génitaux, insensibilité absolue, puis scrupules énormes, ruminations sur les fautes du mari et sur les siennes, agitation, angoisse perpétuelle, etc., voilà tout le résumé de la lune de miel. Elle fait si bien qu'elle épouvante le mari. Celui-ci, qui n'a pas la vocation d'un aliéniste, ne trouve pas du tout que cet état soit intéressant ; il n'a pas la pratique des scrupuleux, aussi commet-il des maladresses. Il essaye de la secouer et il ne parvient qu'à augmenter l'angoisse et les scrupules. Après trois mois de mariage, il s'en va de la maison conjugale en déclarant qu'il est incapable de vivre plus longtemps avec une femme pareille. Séparation, divorce, et la
jeune femme reste seule, absolument délirante, tourmentée par toutes les obsessions de remords et infiniment plus malade qu'auparavant. Félicitons-nous qu'elle ne soit pas enceinte.
Vous voyez à quoi peut aboutir ce beau zèle pour marier les psychasthéniques. Quand on songe aux dangers immédiats que court le malade, puis àla belle postérité qu'il a des chances d'avoir, on est disposé à se montrer infiniment plus réservé dans l'emploi de cette prétendue méthode curative.
Observation 2iA- — Obsession du remords. — Idée d'homicide^ ruminations mentales, manie des extrêmes, manie de l'interrogation.
Ce cas présente un début assez net qui peut nous instruire sur la pathogénie des obsessions. Cette jeune femme de 3o ans, Ger..., est d'une famille légèrement prédisposée, le père et la mère sont des nerveux impressionnables, mais ne semblent pas avoir eu d'accidents caractéristiques. Elle a eu un développement lent, les règles ne sont venues qu'à i6 ans et elle était toujours maladive. D'un caractère faible, timide et rêveuse, elle se laissait conduire très facilement, mais ne montrait pas de troubles sérieux en dehors d'une grande lenteur et d'un état de distraction qui la faisait passer pour moins intelligente qu'elle ne l'était en réalité. Elle se maria à vingt-six ans; elle eut un enfant, sans qu'il y ait eu aucun accident mental à noter. Deux ans après son mariage, elle est obligée d'accepter que sa belle-mère vienne demeurer avec elle. C'était pour elle une chose très pénible, car elle n'aimait pas du tout cette vieille femme; mais comme toujours elle ne sut pas résister et se laissa imposer cette charge qu'elle redoutait. Deux années pénibles s'ensuivirent, elle était absolument annihilée et perdait le peu d'initiative qu'elle avait reconquise après son mariage. Elle devenait plus molle et surtout plus triste qu'auparavant, mais elle attribuait cette tristesse à une situation pénible et ne s'en préoccupait pas.
La belle-mère était malade, atteinte de troubles cardiaques. Un soir, elle se trouva mal à son aise et força son fils à descendre chercher un médecin. Restée seule avec sa bru, elle gémit un peu, demanda à se lever, sortit de son lit, appuyée sur l'épaule de la jeune femme; là brusquement, probablement dans une syncope
cardiaque, elle expira. Quand le mari revint une demi-heure après, il trouva sa femme toujours debout au milieu de la pièce, n'ayant pas osé faire le moindre mouvement et soutenant toujours le cadavre. Nous disons que le cas est curieux par la netteté de cette grande émotion initiale.
Les jours suivants, Ger... n'eut aucun accident, ne se plaignit de rien et, détail à noter, dormit parfaitement, plus fort même et plus longtemps que de coutume. Mais on ne tarda pas à s'apercevoir d'un changement de caractère et d'une série de bizarreries. D'abord, elle refusa avec entêtement de toucher à aucun vêtement, à aucun objet ayant appartenu à sa belle-mère ; il fallut tout enlever de l'appartement sans qu'elle s'en occupât, puis elle cessa de travailler et devint graduellement incapable de faire le ménage, de faire le dîner. Le mari la retrouvait debout sur le palier de l'escalier, avec un air vague ; elle prétendait qu'elle allait sortir pour préparer le dîner. Mais le mari apprenait avec étonnement qu'elle était restée là debout pendant plusieurs heures. Puis on remarqua qu'elle prenait en grippe sa petite fille et ne voulait plus la soigner, elle exprima même le désir que l'enfant fût éloignée et confiée à une parente.
Cependant, elle ne donnait toujours aucune explication de son état; elle resta ainsi dix-huit mois sans laisser deviner par personne ce qui la tourmentait. Il en est ainsi de tous nos scrupuleux, il y a toujours dans leur maladie une première période, quelquefois très longue, dans laquelle ils ont honte de leur maladie et la cachent soigneusement. Ce sentiment n'est pas mauvais, il contribue certainement h les retenir et a leur faire faire des efforts ; la maladie est toujours plus grave quand la seconde période a commencé par l'aveu de leurs idées.
Ger... se mit en effet après dix-huit mois à commettre des actions plus absurdes ; elle était de plus en plus triste et sombre, on l'entendait parler toute seule, elle refusait de manger, elle ne voulait plus prendre aucun soin de sa personne, elle maigrissait beaucoup et devenait visiblement malade. Enfin elle fit une tentative puérile de suicide en avalant une partie d'un flacon de perchlorure de fer. A ce moment, le mari jugea indispensable de la soigner sérieusement et voulut faire venir auprès d'elle sa propre sœur, pour lui servir de garde. Quand on lui annonça cette nouvelle, et surtout quand la jeune fille arriva, Ger... parut avoir un accès de délire, elle repoussa sa belle-sœur
avec fureur, en disant « qu'elle ne se laisserait jamais soigner par elle, que son crime rendait absolument impossible de pareils soins,.. C'était elle qui avait tué sa belle-mère, elle ne pouvait pas maintenant accepter les soins de la fille de sa victime ». Le secret une fois lâché, elle se mit à bavarder indéfiniment sur ce prétendu crime qu'elle avait commis. Elle avait eu, disait-elle, la belle-mère en horreur, elle avait souhaité sa mort, elle l'avait tuée sans trop savoir comment, probablement en lui laissant le nez appuyé sur son épaule pour qu'elle ne pût pas respirer. Du moment qu'elle avait tué cette vieille femme, elle était capable de tout, elle voulait aussi tuer sa fille, c'est pour cela qu'il avait fallu l'éloigner, et d'ailleurs sa fille ne méritait-elle pas la mort, fille d'une mère coupable elle serait bientôt coupable comme elle. On parvint difficilement à la calmer, elle finit par accepter sa belle-sœur comme garde-malade, quand celle-ci eut déclaré qu'elle lui pardonnait tous les crimes possibles. Mais elle continua à faire ses divagations ou plutôt ses ruminations tout haut. En effet, le symptôme principal de cette curieuse malade, ce sont presque uniquement des ruminations mentales. Au fond, Ger... est assez calme, surtout depuis la scène de l'aveu; elle reste presque toujours assise ou debout, presque immobile. Elle n'a pas non plus beaucoup d'angoisses bien visibles, son mari et sa bellesœur nous affirment qu'elle respire toujours très tranquillement même quand elle raconte des horreurs, elle ne se plaint pas d'étouiFer et elle souffre, dit-elle, plutôt moralement que physiquement. Sa maladie est surtout intellectuelle, elle consiste àremplacertous les phénomènes psychologiques normaux par de la rumination. Ger... ne se décide à rien, elle reste en suspens devant la pensée de brosser un habit onde chercher du bouillon, elle n'accomplit rien d'ailleurs, l'action même commencée ne s'achève jamais. Elle ne fixe l'attention sur rien. A moins qu'on ne lui parle de son histoire de meurtre, elle ne vovis écoute jamais ; veut-on lui faire lire le journal, elle ne peut jamais aller au delà de la troisième ligne, et elle ne sait jamais de quoi il s'agit. Il est important de remarquer qu'elle ne s'émotionne pas non plus, elle ne paraît plus aimer ni le mari, ni l'enfant. On nous faisait remarquer un détail curieux : nous l'avons fait attendre dans le musée où sont de nombreux squelettes, il paraît qu'autrefois on n'aurait jamais pu l'y faire entrer. Ce n'est pas qu'elle n'ait pas vu les ossements, nous l'avons forcée h les regarder, et elle nous a même répondu :
L'ODSESSÎON DU REMORDS iGl
(( Autrefois cela iiraurait fait peur », et en réalité cela ne lui a rien fait du tout, l'émotion a avorté. Vous voyez donc qu'aucun phénomène psychologique ne se développe, et n'arrive à sa conclusion. Ils s'arrêtent tous après un très petit début, il est intéressant de remarquer que ce début suffît pour lui laisser l'air intelligent. Cette femme ne semble pas une sotte, elle répond aux questions, elle a vu ce que sont les choses, elle sait l'action qu'il y aurait a faire, mais elle parle de tout cela d'une manière abstraite, en disant que toutes les choses sont drôles et la laissent indifférente. L'intelligence abstraite est le plus bas degré de la pensée, elle subsiste quand tous les degrés supérieurs, la volonté, l'attention, le sentiment du présent, qui constitue la fonction du réel ont disparu.
Mais si ces phénomènes parfaits ne s'accomplissent pas, il semble que l'excitation se dépense à autre chose : tout est remplacé par un travail purement intellectuel, mais d'ordre très inférieur. Ce travail se présente sous plusieurs formes, le plus souvent sous forme d'interrogations. Elle s'interroge sur tout : « Est-elle coupable ? la belle-mère était-elle mauvaise? Est-ce que l'hérédité rend sa petite fille coupable? Est-ce que son mari participe à son crime ? Y a-t-il un enfer pour eux tous? etc. » Remarquez qu'en effet elle n'a aucune certitude du prétendu remords, elle fait semblant de l'affirmer, quand elle cherche à expliquer sa conduite, mais elle ne peut s'empêcher de rire à la pensée de ce crime imaginaire, elle dira très bien cju'elle est idiote de penser à cela.
Elle doute constamment de ce crime, comme elle doute d'ailleurs de tous les faits possibles et avec une patience qui semble extraordinaire, elle accumule les documents pour ou contre, elle s'interroge sur tous les gestes de la belle-mère, sur toutes les positions qu'elle a pu prendre elle-même dans cette soirée fatale, elle n'arrive jamais h une conclusion. Au commencement, elle interrompait l'interrogation quand elle en avait assez ou plutôt quand l'excitation déterminée par le phénomène commencé et non achevé était épuisée, maintenant, il semble c|u'elle ne s'arrête jamais ou qu'elle ne se calme que très rarement.
Une deuxième forme de ses ruminations ce sont les présages, les serments, les pactes. « Je serais sauvée si je vais à la messe trois dimanches de suite sans fête intermédiaire. » Ce sont des « si » à n'en plus finir. Vous connaissez bien ce genre de manies mentales. Elle a aussi à un très fort degré la manie de l'asso-
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ciation des idées ; comme beaucoup de ces malades, elle prétend que tous les objets, toutes les paroles lui rappellent la mort de la belle-mère et elle invente à ce propos les liaisons d'idées les plus saugrenues. Ne dit-elle pas « qu'on a eu tort de prononcer devant elle le nombre 6 parce que 6 multiplié par lo plus 2 fait 62, ce qui était l'âge de la belle-mère. » Nous avons déjà eu l'occasion devons faire observer que cela ne nous paraît pas être une véritable association d'idées : à notre avis il n'est pas vrai que ce soit le mot six qui ait éveillé la pensée de la belle-mère. La malade avait déjà l'esprit fixé sur cette pensée et elle a la manie de chercher une relation quelconque entre cette pensée préexistante et tous les mots qu'on prononce devant elle. Elle a aussi une manie bien curieuse, dont il faut vous dire deux mots parce qu'elle va prendre de l'importance chez d'autres malades. C'est la manie de l'extrême, qui est une forme de la manie bien connue de la perfection, elle cherche constamment le comble du crime, le fameux péché radical, inexpiable, le plus grand qu'on puisse commettre ; elle ne sait pas ce que c'est, mais elle prétend tout de même qu'elle l'a commis.
Telles sont les idées qui remplissent les ruminations : ce sont des travaux intellectuels de nature abstraite, sans aucune valeur pratique, sans aucune action sur la réalité, par conséquent d'ordre très inférieur qui semblent se rattacher vaguement à la mort de la belle-mère, et qui comme nous l'avons vu se substituent à toutes les autres opérations psychologiques.
Quand on étudie la genèse de pareils troubles on répète d'ordinaire que c'est l'obsession relative à la mort de la belle-mère qui détermine les ruminations; c'est, dit-on, parce que la malade a cette obsession qu'elle s'interroge, qu'elle cherche des présages, qu'elle fait des serments et qu'elle joue au jeu des combles. Quoique cela ait l'air d'un paradoxe, nous croyons intéressant de remarquer que l'interprétation inverse peut se soutenir. La maladie vraie c'est l'impuissance d'action, déjà préparée par le caractère antérieur et aggravée par la désagrégation mentale due à l'émotion. Cette femme a été rendue complètement aboulique par la cohabitation avec la belle-mère, puis par sa mort.
Cet état amène des dérivations qui en raison du caractère antérieur prennent la forme intellectuelle. C'est l'exagération du penchant à la rêverie qui existait déjà. Dans ces conditions, le travail mental est presque nécessairement une interrogation, l'esprit
L'OBSESStOiN DU ItËMORDS iÔâ
n'arrivant pas à la réalité n'a pas le sentiment de certitude, l'agitation mentale sans certitude, c'est l'interrogiition. La malade est donc portée tout naturellement à une interrogation perpétuelle. En outre, le même état de dépression lui donne, comme nous l'avons vu cent fois, le sentiment de mécontentement et de honte de soi. Interrogation avec mécontentement de soi, c'est le remords. C'est pourquoi nous voyons que toutes ces formes d'interrogation aboutissent à des remords d'une action quelconque. Il est à remarquer que dans toutes ces observations, l'obsession ne prend pas la forme impulsive; si Gerv... était primitivement obsédée par la pensée de tuer sa belle-mère, pourquoi n'auraitelle pas l'impulsion à l'homicide ? Elle se borne au remords parce que le fait primitif, c'est ici l'interrogation. Et dans les circonstances données, de quoi voulez-vous qu'elle ait des remords? Elle est obligée de choisir une action grave, pour s'expliquer à elle-même une inertie et des bavardages qui durent depuis deux ans. C'est ce qui l'amène tout naturellement à prendre comme remords la mort de sa belle-mère. D'ailleurs si nous ne nous trompons, l'ordre des faits justifie notre interprétation. Ger... nous a dit elle-même qu'elle a mis plus de quinze jours à se croire coupable de ce crime, qu'elle a d'abord été troublée, puis qu'elle a ruminé et enfin qu'elle a été obsédée. Cette façon de concevoir les choses a l'avantage de mettre de l'ordre et de la liaison entre beaucoup de phénomènes.
Cette malade s'est guérie facilement en sept à huit mois de traitement; il est à remarquer que l'obsession a été tardive puisqu'en somme elle a débuté à 28 ans, qu'elle a été déterminée par un véritable traumatisme émotionnel, ce sont les conditions qui indiquaient le meilleur pronostic.
Nous pouvons, sept ans après cette observation, ajouter un détail, cette malade que nous n'avions pas revue depuis longtemps vient de revenir. Elle a été sept ans bien portante, à peu près sans troubles : elle gardait simplement une disposition à la rêverie, qui fréquemment remplaçait l'action; elle avait besoin de se rappeler nos ordres pour pousser l'acte jusqu'au bout et ne pas dériver vers une interrogation quelconque. Vous voyez que l'obsession étant terminée, ce qui subsistait c'était l'aboulie avec la manie de l'interrogation. On a déjà remarqué que des phobies peu-
vont se guérir en laissant subsister l'angoisse difïuse, nous voyons l'obsession disparaître en laissant subsister l'interrogation diffuse qui en était bien le point de départ. L'origine commune d'ailleurs des interrogations comme des angoisses diffuses était l'aboulie entendue comme abaissement du niveau mental.
Mais voici qu'après sept ans, sous l'influence de fatigues, l'interroffation devient de nouveau envahissante et la belle-mère reparaît un peu. Ger... vient prudemment nous avertir: il est probable que cette rechute sera facilement arrêtée à ses débuts.
Observation 2i5. — Obsession du remords de l'homicide.—
Antécédents héréditaires^ troubles du caractère, faiblesse de la volonté, inquiétudes, rêveries romanesques, scrupules et manie de l'extrême.
A propos de cet homme de 26 ans, Dk..., nous désirons revenir sur la genèse de l'obsession relative aux remords de l'homicide. Dans ce cas, cette obsession est née sans aucune espèce de provocation, sans que les circonstances extérieures aient joué aucun rôle, par suite du simple développement logique des troubles antérieurs du caractère et des manies mentales. C'est à ce point de vue seulement que cette observation présente quelque intérêt.
L'hérédité est très marquée, le grand-père maternel et la mère ont eu des accès de mélancolie anxieuse. Notre malade, depuis son enfance, a été un garçon extrêmement intelligent, très doux et sympathique à tout le monde; mais les lacunes de la volonté et de l'attention ont amené graduellement des troubles du caractère et des maladies mentales. Il était d'une douceur ridicule, tellement il avait peur de blesser qui que ce soit et de provoquer une querelle, il a été le soujffre-douleur de ses camarades dans tous les établissements où il a passé, il n'avait aucune résistance et cédait toujours tout en reconnaissant très souvent qu'il avait tort de' le faire. Pour être sympathique aux autres, pour être aimé, il aurait consenti à toutes les absurdités ; aussi s'examinait-il avec grand soin pour savoir s'il n'avait fait de mal à personne, s'il n'avait pas blessé quelqu'un. Sur ce point, il était toujours inquiet et mécontent de lui-même.
Un second caractère qu'il présentait, c'était le goût absurde des rêveries romanesques ; il ne vivait jamais dans le réel, mai$