I. Ibid., p
XTV LES OBSESSIONS ET LA PSYCIIA.STHÉNTE
le point de vue purement symptomatique. Cette discussion, que l'un de nous a simplement ébauchée \ sera peut-être reprise un jour, dans un autre ouvrage.
Un troisième groupe, très important, sera constitué par les agitations diffuses, quand elles prennent surtout la forme motrice ou la forme émotionnelle. L'incapacité où est le sujet de parvenir aux phénomènes psychologiques supérieurs, s'accompagne bientôt d'une sorte de dérivation" qui dépense, sous forme de phénomènes inférieurs, la force inutilement accumulée. Les premiers et les plus simples, parmi ces phénomènes de dérivation, sont des mouvements excessifs, peu coordonnés et inutiles, que l'on observe dans des crises d'agitation : il est important de connaître ces agitations motrices pour ne pas les confondre avec les attaques fréquentes que l'on rencontre dans d'autres névroses, car elles sont de tout autre nature. Ce sont aussi, et peut-être plus souvent encore, des agitations viscérales et surtout des agitations respiratoires, qui troublent les fonctions organiques et qui jouent le principal rôle dans le phénomène bien connu de l'angoisse. A cause de l'importance pratique de ces agitations motrices et de ces angoisses, nous en rapportons, ici, un grand nombre d'exemples observés dans des circonstances variées. Déjà, dans ce groupe, les malades commencent à se distinguer les uns des autres, suivant que leur agitation est plutôt motrice ou plutôt viscérale et émotionnelle. Dans le fond commun de la psychasthénie primitive, des groupes différents commencent à se dessiner.
4° Cette distinction devient encore plus nette quand les insuffisances psychologiques, primitivement presque générales, commencent à se spécialiser, au moins dans leurs manifestations. Au lieu d'apparaître, à propos d'un acte, d'une attention, d'une émotion présente quelconque, les troubles psychologiques précédents semblent ne survenir qu'à propos de certaines actions déterminées. Cette spécialisation résulte de ce fait fondamental que toutes les actions ne présentent pas une difficulté égale et qu'un cerveau affaibli succombe devant les actions qui sont naturellement ou accidentellement les plus difficiles, tandis qu'il reste suffisant pour