LES STIGMATES PSYCHASTHÈNIQUES
l'habitude de se croire complètement idiote, de se rabaisser en tout; aussi va-t-elle vous faire une description. fantastique de ses propres facultés comme si elle voulait passer pour une démente. D'autre part, si au lieu d'interroger les sujets on examine leur cttnduite d ins des cas déterminés, on verra qu'un grand nombre d'actes sont arrêtés, inhibés par des manies mentales et cependant il ne faut pas croire à leur suppression : si l'on rencontre Bu... assis par terre le long d'un mur et incapable de traverser la place il ne faut pas en conclure qu'il ne sait pas marcher. Ces deux difficultés peuvent fournir des objections perpétuelles contre tous ceux qui essayent de décrire les stigmates des psychasthéniques, on pourra toujours me répondre que tel trouble de la perception ou de la volonté est produit par une idée quelconqHe, par une manie, un tic ou une angoisse qui a arrêté l'acte au moment ovi je l'observais.
Cependant ces stigmates doivent exister et il y a certainement des troubles du fonctionnement mental qui sont antérieurs logiquement et chronologiquement aux idées fixes et aux manies. C'est pourquoi, tout en reconnaissant ces dangers, je crois nécessaire de tenter cette recherche en prenant le plus de précautions possible. D'abord, sauf dans des cas assez rares, les expériences compliquées me semblent à peu près impossibles, elles ont l'inconvénient d'attirer l'attention du sujet et de provoquer toutes ces réflexions et ces opérations forcées que l'on redoute ; il faut user de l'observation et surtout de la comparaison des divers sujets. Il y a des troubles qui sont intéressants par leur grande généralité et qui apparaissent chez les sujets ayant des obsessions, des manies mentales ou des phobies absolument différentes, et n'ayant jamais eu l'esprit dirigé sur ces troubles. On observe aussi des troubles qui se développent avant la naissance des manies mentales et des obsessions, que nous retrouvons chez les malades simplement neurasthéniques, n'ayant encore aucune opération forcée. Enfin le raisonnement peut dans uiic petite mesure confirmer les remarques précédentes, quand il nous montre que ces troubles psych(>logiques ont été chez le mahu^e le point de départ et non la conséquences des obsessions. Malgré ces précautions je continue à croire la recherche de ces troubles très difficile et la liste que j'en donne me semble devoir être souvent modifiée.
Ces troubles psychologiques ne m'ont pas semblé être de nature
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dilTérente pendant la crise ou en dehors de la crise, je n'établirai donc pas à ce point de vue de divisions, il suflît de se rappeler que les troubles les plus exagérés se présentent pendant la crise et qu'ils existent toujours chez les grands malades à un degré plus faible pendant les intervalles des crises.
Ces troubles se présentent à l'observateur de deux manières, d abord d une manière simplement subjective sous la forme de sentiments que ressent le sujet et qu'il exprime plus ou moins bien. La conscience est un réactif plus délicat que nos appareils et elle accuse des troubles que nous ne sommes pas capables de mettre en évidence d'une manière objective. Cependant dans les cas les plus nets nous pouvons constater ces troubles pai la conduite du sujet et dans des cas déterminés indépendamment des sentiments qu'il en expiime. J'étudierai d'abord ces sentiments subjectifs, puis je chercherai à mettre en évidence ces mêmes troubles sous leur aspect objectif.
Enfin je signalerai plus rapidement dans une troisième section des troubles des fonctions physiologiques qui sont plus connus, car ils se retrouvent plus ou moins dans toutes les névroses.
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