I. Lcgraiid (lu Saulle, FuUc du dvule, p
fond je n'en suis pas plus sûre que cela et je retournerai vingt loi> dans cette chambre pour voir si l'objet y est bien, sans en êtie plus sûre. Vous avez beau me l'artirmer, je crois que vous pouvez vous tromper. » On voit ici comment les manies se greffent sur les. sentiments d'incomplétude. Ce doute de la réalité nous mène au sentiment de l'étrange, à l'étonnement que certains malades, comme To..., éprouvent en présence des choses et au sentiment de l'irréel que nous avons déjà étudié. Tous ces sentiments eu effet dépendent étroitement les uns des autres.
A ces sentiments de doute se rattachent aussi des sentiments de découragement que nous avons vus à propos de la volonté et qui peuvent se généraliser, « je crois que tout est impossible, dit Claire, non seulement pour moi, mais pour tous les autres » des sentiments de défiance, des soupçons. Ces malades ne sont jamais rassurés et prennent des précautions interminaldes pour qu on ne les trompe pas, pour qu on ne livrç pas leurs secrets. Enfin, ce doute va donner naissance au besoin perpétuel d une affirmation étrangère que nous retrouverons dans leurs besoins de direction.
Tous ces sentiments relatifs aux fonctions intellectuelles sont analogues à ceux qui ont été constatés à propos des opérations volontaires. Ce sont des sentiments d'inachèvement : « Vous pouvez être tranquille, dit Lise, je n'arriverai pas à délirer complètement,je suis incapable de penser quelque chose complètement, même une sottise. » Je puis donc leur appliquer le même nom que précédemment et en faire aussi des sentiments d inconiplétude.
Très souvent les crises de lumination,' d'agitation ou d'angoisse semblent déterminées par des énio'ions : c'est là un fait important sur lequel j'ai déjà insisté. Beaucoup d auteurs en ont tiré une conclusion très grave, c est que l'émotion détermine la crise à cause de son' exagération et ils ont admis sans discussion ijue les émotions des psvchasthéniques étaient trop grandi s. tro[) iortes. Sans entrer ici dans cette discussion, je remarquerai seulement que ce n'est pas toujours là ce que pensent les malades d euxmêmes et qu'ils ont de tout autres sentiments à propos de leurs propres émotions.
306 LES STIGMATES PSYGHASTHÉNIQUES