Id., ibid., 5o
3. Raymond et Pierre Janet, Névroses et Idées fixes, II, p. 6a.
316 I.RS STIGMATES PSYCHASTHÈNIQUES
palpant rorellle. Quand jo me peigne je ne sens pas mes cheveux, ni mes mains quand je me lave, ni mes lèvres quand j'embrasse. Que c'est malheureux d'être vivante et de ne pas pouvoir voir les siens quand ils sont là. Je ne vois pas du tout comme avant, je n entends pas comme avant, il me semble ne pas entendre le bruit de mes pas, cela me gêne pour marcher, je ne me rappelle plus rien, je ne sais plus rien, je n'ai plus aucune émotion... » Eu réalité on ne constate aucune diminution appréciable d'aucune sensibilité, elle semble avoir des souvenirs précis quand on l'interroge et elle parait éprouver les émotions normales*.
MM.Pitres et Régis, en rapportant les observations de M. Séglas, l'ont observer quç dans ces cas la conscience n'est point troublée d'une manière complète. « Si on entend le mot conscience au point de vue clinique en tant que perception exacte des phénomènes psychiques éprouvés, il est évident que sauf de très rares exceptions la conscience est conservée dans l'obsession ; si les malades constatent ce dédoublement, s'ils l'analysent si correctement et si finement, c'est qu'ils ont conscience^. » Ces auteurs rappellent seulement ici ce fait important que l'appréciation intellectuelle des obsessions est conservée, que le délire de l'obsédé est incomplet et ne détermine ni conviction, ni impulsion complète. Mais la conservation de rintelligence proprement dite, comme faculté de critique et de jugement n'empêche aucunement l'altération d'autres phénomènes psychologiques qui entrent dans la conscience personnelle. Si ces observations de M. Séglas et toutes les autres semblables, car je les crois très nombreuses, ne nous montrent pas un trouble du jugement critique mais simplement un trouble de la conscience peisonnelle elles n'en sont pas moins très importantes pour l'interprétation des obsessions ellesmêmes.
MM. Pitres et Régis font observer ensuite que ces observalions sur le sentiment de dédoublement de la personnalité ne se rapportent pas à notre étude actuelle sur le groupe très homogène des psvchasthéniques, sur la maladie des obsessions. «Ces faits, disent-ils, forment une catégorie spéciale appartenant à rai.toma-
1. Rorunrd-Lorov, l)f'|icrsiiiiii;ilisiilit)n. Comptes rendus du conjres de psycltoloyie de Kjou, j). 48 '2.