‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 16 sur 380 · CARACTÈRES COMMUNS DE CES ORSESSIONS · texte numérisé non relu

CARACTÈRES COMMUNS DE CES ORSESSIONS

cialement la forme sous laquelle ces obsessions se présentent et nous aurons alors à signaler bien d'auties cas de phobies dont quelques-uns sont bien singuliers. 11 est donc juste de dire avec les auteurs auxquels je faisais allusion que ces malades sont par un certain côté des phobiques.

Cependant je préfère les appeler des scrupuleux et je crois que ce mot met en évidence un autre point de vue. Il attire l'atlenlion sur les troubles de la volonté et sur les idées que le malade se fait de ces troubles de volonté. Je crois, en effet, que ces phobies sont, au moins pour les cas que je considère, des phénomènes tout à fait secondaires, qu'ils forment ces sortes d'idées fixes secondaires que j'ai déjà eu l'occasion d'étudier. Nous verrons en examinant ces phobies qu'elles se développent par association d'idées : l'objet extérieur ne fait ici que rappeler par sa forme comme la bouteille qui fait penser au membre viril, par son usage comme le couteau qui fait penser au meurtre, par contiguïté, par consonance du nom, etc., l'idée principale dont le malade était obsédé longtemps avant d'avoir eu ses phobies. Comme il vaut mieux faire cette discussion plus complètement au moment où j'étudierai toutes les émotions, tous les troubles variés qui s'associent avec le développement de l'idée fixe, il suffit de faire maintenant une remarque plus simple.

Les malades viennent de nous présenter un assez gtand nombre d'obsessions qu'ils décrivent eux-mêmes comme étant le fait principal de leur maladie. Ce sont ces obsessions-là qu'il faut, pour le moment, nous borner à étudier. Peut-on dire qu'elles portent régulièrement sur un objet extérieur ainsi qu'il arrive si souvent dans les hallucinations et les obsessions des hystériques. Si l'on considère le groupe des obsessions criminelles qui est ici le plus simple, il est visible que la préoccupation ne porte qu'indirectçment sur un objet, mais qu'elle porte surtout sur une action. Le sujet est toujours poussé à commettre des crimes ou croit en avoir commis, c'est-à-dire qu'il se sent entraîné à certaines actions ou croit les avoir faites. L'obsession est ici d'une manière incontestable l'obsession d'un acte du sujet. J'ai essayé de montrer qu'il en est de même pour les obsessions hypocondriaques ; le malade, au moins celui dont je m'occupe, ne pense pas à des accidents physiques indépendants de sa volonté, mais toujours à des fautes ou à des imprudences qu'il peut commettre lui-même. C'est encore une préoccupation qui a rapport à des actes.

Gi LES IDÉES 0BSÉDANTP:S ET IMPULSIVES

On pourrait croire qu'il n'en est pas tout à fait de même dans les obsessions sacrilèges où certains sujets en très petit nombre ont sous les yeux des spectacles auxquels ils ne paraissent pas môles. On... voit l'âme de son oncle dans les cabinets, Claire voit le membre viril souillant une hostie. Remarquons d'abord que ces formes de l'obsession sacrilège qui sont les plus curieuses sont les moins fréquentes. Dans les autres observations, les malades pensent à vouer leurs enfants au diable, à cracher sur des hosties, à donner le vin de la messe à un petit chien, à agir, en un mot. Mais même dans ces deux cas, la différence est plus apparente que réelle. Ce qui désespère On... c'est que c'est lui-même qui met l'àme de son oncle dans les cabinets : « Comment puis-je en arriver à penser une chose pareille... je devrais moins que tout autre- imaginer de telles choses. » Dans le cas de Claire, je n'ose alîirmer, car ses aveux sur ce point délicat sont loin d'être précis ; mais il est bien probable qu'elle collabore à la profanation des hosties. Elle répète toujours : « C'est horrible de me laisser aller à de telles choses » ; et s'il ne s'agissait que d'un pur spectacle elle n'aurait pas à se reprocher « de coupables complaisances ». Enfin, il faut remarquer que de tels tableaux ne se présentent que chez des malades fort avancés dans leur délire. Pendant longtemps ces malades ont rêvé à des actions sacrilèges : « regarder dans les églises les parties de Dieu, les chercher sous le linge qui voile le Christ, etc. » Le tableau n'est venu plus tard que comme un symbole qui résume des actions odieuses.

Dans un groupe très considérable, nous avons remarqué des obsessions de honte qui ne portent pas précisément sur les actions, mais sur toute la personnalité physique et morale. Il me semble que ces obsessions ne doivent pas être séparées des précédentes. D'abord elles se présentent chez des malades qui ont en même temps les autres obsessions plus caractéristiques. Claire, qui présente si bien l'obsession de honte pour son esprit, présente en même temps un type d'obsession sacrilège. Mb.'.., en même temps qu'elle est mécontente de son intelligence, a des obsessions criminelles. D'autre part j'espère montrer dans unç prochaine étude que ces obsessions sont surtout caractérisées par la forme qu'elles revêtent : elles s'accompagnent de doute, d'interrogation, d'hésitation, de compensation, d'expiation, de promesses, de serments, etc. Or ces formes si curieuses se retrouvent chez tous ces malades. Nadia, dont l'obsession principale est

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