‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 166 sur 380 · Pitres et Régis, op. cit., p · texte numérisé non relu

Pitres et Régis, op. cit., p

332 LES STIGMATES PSYGHASTHENIQUES

camarades et on tournait constamment en ridicule ses qualités mêmes, son lionnôteté et sa bonté : « Je savais bien, dit-il, que j'aurais dû me détendre, je savais biefn que j'étais même plus fort que beaucoup de ceux qui me touimenlaient le plus, mais je ne pouvais supporter la pensée de me battre: au moment de me défendre, je devenais tremblant, paralysé, j'ai toujours été un pauvre être sans défense. » On dira certainement ici que l'émotion paralysait la volonté, nous verrons plus tard ce qu'il faut penser de cette théorie, Pour le moment constatons simplement le fait, c'est qu'ils s'émotionnent au lieu de se défendre, et qu'en fait ils ne se défendent pas.

Une des conséquences singulières de cette absence de lutte, c'est que, pour avoir la paix, ils obéissent à tout le monde. Quand on parle de ces malades, on dit toujours qu'ils se laissent conduire, qu'on leur fait faire et dire tout ce qu'on veut et qu'ils obéissent au premier venu. Bei..., ' Claire cèdent au dernier qui leur parle et on peut les amener à se déjuger à peu de moments d'intervalle. On en tire comme conclusion que ce sont des individus très suggestibles. Cette conclusion serait en contradiction avec les expériencesque je viens de relater à propos de l'hypnotisme et de la suggestion, aussi je ne la crois pas vraie. Leur obéissance n'est pas du tout de la suggestion, comme celle des hystériques.

Une hystérique suggestionnée adopte l'acte, se laisse envahir par la pensée qui est semée en elle, et la pousse à l'extrême, elle croit avoir décidé elle-même l'action et, pour peu qu'on insiste, elle invente même les motifs de sa résolution, en un mot elle se croit libre ei se donne tout entière à l'acte. Le scrupuleux ne fait qu'obéir, il le fait à contre-cœur, en se sentant humilié, en raisonnant fort bien et en trouvant stupide l'acte qu'il n'adopte pas, il ne pousse pas cet acte à l'extrême, il n'en fait que le moins possible sans y mettre de croyance, d'enthousiasme, ni de sentiment de liberté. Pourquoi le fait-il alors ? Pour deux raisons, d'abord parce qu'il faudrait lutter pour résister à ceux qui commandent e«t ensuite parce qu'il faudrait prendre la résolution de faire autre chose: deux choses qu'il ne peut pas faire. C'est pour- (juoi son obéissance n'est pas du tout la même que celle de 1 individu suggestionné.

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