Id., ibid., p
4. José de Magalhaes. Note sur la psychopathie des idées fixes. Comptes rendus du congrès de Psychologie de igoo, igoi, p. ôy/j.
5. Hartenberg, fiei'i/c (/c Psychologie, 1897, p. 18. Ln timidité, 1900. La névrose d'angoisse, 1900. Conception psychologique sur la névrose d'angoisse. Congrès de Psycliolugie, 1 901, p. 5 18.
468 THÉORIES PATHOGÉNIQUES
sur l'origine émotionnelle des états obsédants. Tout le monde doit être frappé du progrès que cette théorie présente sur la précédente surtout dans la dernière forme qui lui a été donnée; plusieurs points de cette conception me semblent tout à fait satisfaisants et peuvent être considérés comme acquis dans la solution de ce problème si délicat.
D'abord la méthode est juste, c'est la vieille méthode de Descartes qui explique le complexe par le simple! Au lieu de considérer comme donné et comme primitif l'état le plus complexe, l'idée obsédante, MM. Pitres et Régis veulent partir de phénomènes beaucoup plus simples, l'émotivité et l'état d'émotion dilfuse. En outre, la genèse des troubles les plus complexes me semble bien coniprise, elle se rattache à un travail de systématisation, de précision de plus en plus grande, appliqué à des troubles qui sont d'abord diffus et vagues; on passe ainsi de l'angoisse diffuse à l'angoisse systématique puis à l'obsession intellectuelle. Enfin, MM. Pitres et Régis choisissent comme point de départ un trouble qui est évidemment très important, l'angoisse physiologique : il est évident que ce phénomène joue un rôle considérable dans la crise de processus irrésistible, de même que l'émotivité est bien un caractère important des symptômes psychasthéniques. Je crois donc que cette théorie constitue un grand progrès et si j'essaye d'aller plus loin c'est parce qu'il me semble nécessaire d'appliquer avec plus de rigueur encore la méthode exposée par ces auteurs et de remonter un peu plus loin jusqu'à des phénomènes encore plus simples et plus généraux dans la maladie que l'angoisse elle-mèiue.
La théorie émotionnelle de Morel renouvelée par MM. Pitres et Régis avait été présentée au Xlle Congrès de Médecine ; au Congrès suivant réuni à Paris, en 1900, elle fut déjà contredite. M. Lad. Haskovec (de Prague), en rapportant quelques observations irrtéressantes sur lesquelles nous reviendrons, essaya démontrer qu'elle présentait des lacunes*.
I. Lad. Haskovec de Prague, Coulribution h la connaissance des idées obs^danfr?
MM. Pitres et Régis remarquaient que les idées obsédantes peuvent changer mais que l'état émotif accompagnant reste beaucoup plus stable, cela prouve simplement, répond M. Haskovec, que le domaine de l'intelligence est plus riche et plus varié que celui de l'émotivité, mais cela ne nous montre pas laquelle des deux joue le rôle essentiel dans le phénomène pathologique. Ces auteurs disent encore que l'émotion ne peut être secondaire, qu'elle ne peut être considérée comme une simple réaction déterminée par l'idée, parce que, s'il en était ainsi, l'émotion devrait toujours être en raison de l'intensité de l'idée, ce que l'on n'observe pas. La conclusion est précipitée, le degré d'émotivité n'est pas le même chez tous les invidus, l'émotion dépend de bien d'autres raisons qui peuvent l'empêcher de correspondre exactement à l'intensité de l'idée fixe, quoique elle vienne à sa suite.
Enfin, ce qui est plus grave, MM. Pitres et Régis ont tort de tout ramener à l'émotion et surtout à une seule et unique émotion, à cette angoisse spéciale qu'on observe souvent, il est vrai, chez quelques-uns de ces malades. D'abord ce n'est pas toujours cette émotion-là ijui fait le fond de l'obsession. M. Haskovec rapporte l'observation intéressante d'un étudiant obsédé par des idées gaies accompagnées d'un sentiment de joie. Je dois avouer que cette observation me laisse des doutes : s'agit-il bien d'un malade du même genre ? C'est chez les hystériques par le mécanisme de l;i suggestion plutôt que chez le psychasthéniques que l'on observe ces joies obsédantes, j'en ai rapporté un exemple avec M. Raymond' ; peut-être aussi s'agit-il de ces sentiments d'élévation sublime, de ces enthousiasmes que présentent, comme nous l'avons vu, les sujets psychasthéniques, mais qui ne sont pas de la même nature que les obsessions et les angoisses.
Ce qui est plus important à considérer ce sont les malades qui tout en étant des obsédés ne présentent p'as de troubles émotionnels. Il y a bien des cas de ce genre cités par Westphal, Meschede, Griesinger et M. Haskovec y ajoute d'autres exemples où les lésions intellectuelles semblent tout à fait primaires. « MM. Pitres et Régis vont trop loin quand ils disent : supprimez par la pensée, l'angoisse, l'anxiété qui s'y trouve et vous
XW" Congrhs intern. de méd. à Paris en igoo. Comptes rendus de la sec' ion de Psyctiiafric, p. lai.