‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 245 sur 380 · LES GRISES DE PSYGIIOLEPSIE ET LES ACCES KPILEPTIQUES SIT · texte numérisé non relu

LES GRISES DE PSYGIIOLEPSIE ET LES ACCES KPILEPTIQUES SIT

malade qui est à la fois obsédée et épileptique, les sentiments d'étrangeté dans la perception extérieure apparaissent d'une façon tout à fait nette au cours d'un vertige qui a tous les caractères d'un vertige épileptique.

Une autre malade me paraît fort remarquable, elle reproduit exactement l'observation de M. Haskovec. Is... (28), jeune fille de 22 ans, a des accès épileptiques francs depuis la puberté, elle en a deux ou trois par mois. Il y a quelque temps, à la suite d'un accès avorté dont elle a seulement senti les débuts, elle est entrée dans Tétat suivant : elle voit tout et entend tout comme à l'ordinaire mais elle s'est mise à douter de tout. Elle ne sait plus si ce qu'elle voit existe ou n'existe pas ;. en regai'dant sa mère elle se met à dire : « Je voudrais bien que cette dame soit ma mère, mais je ne peuxpas arriver à le croire, je ne peux même pas me mettre dans la tête que cette dame soit vivante. » Elle doute aussi d'ellemême : « elle a peut-être perdu sa personne, elle n'en est pas sûre... » Elle ne croit ['us rien de ce qu'on lui dit, elle ne fait plus aucun travail et ne peut plus fixer l'attention. Oet état se prolonge pendant quatre jours, puis il semble disparaître en partie. Le cinquième, la malade se sent un peu mieux, a peu près normale, sauf qu'elle ne peut pas travailler. Is... revient à la réalité et elle éprouve à ce moment des sentiments de joie infinie, des envies de rire, un enthousiasme analogue à celui que j'ai décrit à propos des « sentiments sublimes » de Jean. Mais le sixième jour tout recommence, elle se sent de nouveau rêver et doute de tout. Cette fois cet état anormal l'impatiente, elle se sent mal à l'aise, étouffe, se sent angoissée ; elle fait des efforts impuissants pour arriver -à la réalité et commence des manies d'interrogation. Si l'état s'était prolongé davantage, elle serait parvenue à la maladie complète de l'interrogation et de l'angoisse. Mais le septième jour un grand accès épileptique est venu simplifier la situation : après l'accès elle s'est retrouvée dans l'état normal. Dans toute la vie de la malade cet état bizarre ne s'est reproduit que trois fois et le sujet est resté en somme une épileptique à grand accès.

Une autre malade Hot... (27), jeune fille de i5 ans, a des accès épileptiques et des vertiges depuis l'âge de 8 ans 1/2. Souvent ses accès sont avortés : elle frotte son estomac, cligne des yeux, balbutie quelques mots, pâlit et c'est tout, de tels phénomènes sont bien connus chez les comitiaux. Depuis' quelque temps à la

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suite de ces accès avortés elle change d'attitude. Elle reste immobile sur sa chaise en refusant tout travail et toute occupation : « maman, dit-elle tout doucement, je ne demande pas mieux que de travailler, mais je ne vois pas clair, je ne peux pas travailler sans voir clair... Est-ce que je resterai aveugle ? » Elle est venue au laboratoire dans cet état et j'ai pu constater qu'elle ne présentait absolument aucun trouble de la vision. Il ne s'agissait comme on l'a vu, que d'un trouble du sentiment de la réalité dans la perception visuelle. Elle sort de cet état au bout de quelques jours par un accès épileptique complet. Pendant les quelques jours de cet état crépusculaire, il serait impossible, si on ignorait les antécédents, de la distinguer d'une de nos psychasthéniques qui voit drôle, qui voit le nuage, qui se plaint d'être dans le noir.

N'est-il pas évident que ces observations d'états crépusculaires, comme les appelle M. Ottolenghi rapprochées de celle de M. Haskovec, montrent au cours de l'épilepsie des abaissements de la tension psychologique, des insuffisances psychologiques, des sentiments d'incomplétude identiques à ceux des obsédés.

Un autre phénomène psychasthénique peut se rencontrer dans l'épilepsie, c'est la crise d'angoisse. M. W. de Bechterev^ a déjà décrit des attaques épileptiques et épileptoïdes revêtant la forme d'angoisses sans perte de connaissance, ni vertige, qui surviennent chez des épileptiques au milieu des accès ordinaires et qui les remplacent de plus en plus'. Il est vrai que M. de Bechterew distingue ces angoisses épileptique, de celles qu'il appelle neurasthéniques parce que Tangoisse épileptiques, dit-il, ne se rattache aucunement à tine cause extérieure comme les grandes places, le tonnerre, la foule etc. Mais cette distinction ne nous sulfit plus, elle repose sur cettç notion déjà contestée par MM. Pitres et Régis que l'angoisse a toujours une forme systématique en rapportàvec une perception déterminée ; nous savons que, surtout au début, l'angoisse peut être indéterminée et que par conséquent cette différence n'existe pas.

On peut donc généralise)' la remarque de Bechterew sur les rapports de l'épilepsie et de l'angoisse. Il va d'abord des malades qui commencent par l'épilepsie proprement dite et qui abou-

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