‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 280 sur 380 · INTERPRÉTATION DES AGITATIONS FORGÉES · texte numérisé non relu

INTERPRÉTATION DES AGITATIONS FORGÉES

contraction de la vessie et même des crises de diarrhée. Le sujet dicté, tout se calme; car, le barrage étant levé, les forces préparées se dépensent librement dans le travail attendu. Les dérivations sont ici très nettes et très démonstratives.

M. Ribot se rattache à ces idées quand il dit « que des lois générales président à la répartition de l'activité nerveuse dans les différents points du système nerveux comme des lois mécaniques gouvernent la circulation du sang dans le système vasculaire ' ».

Dans son étude sur la puberté, M. Marro donne plusieurs exemples de dérivations de ce genre « les premières manifestations de la douleur annoncent que la réaction psychique est en défaut, à la réaction dans la vie de relation se substitue la réaction organique seule, qui, par la suite, pourra se résoudre en simples actions physiques ou chimiques" ».

Mantegazza en décrivant des sujets en proie au désespoir qui se mordent, s'arrachent les cheveux, se frappent la tête contre les murs, suppose que l'individu s'impose volontairement ces souffrances pour substituer à la douleur morale une douleur artificielle qui serve de dérivatif^. Une jeune fille décrite par M. Tissié avait remarqué qu'une vive douleur physique lui était nécessaire « pour dépenser le trop-plein de la force nerveuse », elle s'était brûlé deux fois la poitrine avec un fer rouge et elle avait entretenu les plaies en cachette : « par la douleur violenté, disait-elle, elle arrivait à faire diffuser la trop grande puissance nerveuse* ». En un mot cette notion de la dérivation est assez commune dans les études psychologiques : quand on voit une femme sans enfants soigner avec dévouement un chien ou un perroquet on est tout disposé à dire qu'il s'agit là d'une dérivation de l'amour maternel. Je suis disposé à croire que l'on devrait faire un plus grand usage de cette notion très juste et très importante.

Plusieurs auteurs ont essayé d'appliquer cette notion de la dérivation à la pathologie mentale. M. H. Jackson fait observer que dans la psychiatrie on se préoccupe d'ordinaire des phénomènes négatits, c'est-à-dire des opérations supprimées par la naladie, mais que l'on ne tient pas assez compte des phénomènes

I. Th. Ribot, Les maladies de la volonté, p. 19 (Paris, F. Alcan). a. Marro, La puberté, p. :ii8.

3. Maiitegazza, Physiologie de la douleur, p. 2i(). Cf. G. Dumas, La tristesse et l joie, p. 33g.

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