‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 290 sur 380 · INTERPRÉTATION DES TROUBLES SYSTÉMATISÉS · texte numérisé non relu

INTERPRÉTATION DES TROUBLES SYSTÉMATISÉS

malades comme Nadia, Cui..., ne peuvent plus manger à table, mais mangent en cachette. On a été très surpris de voir Vr..., cette femme couchée sur son lit depuis un ail à cause d une prétendue douleur à lutérus, se lever en cachette et marcher dans sa chambre quand elle croyait qu'on ne la voyait pas. Ces faits font toujours accuser les malades de simulation, ils me paraissent pourtant bien simples : jouer à l'orchestre, manger avec les autres, c'est surmonter une foule dé gênes, c'est négliger les sentiments qu'inspirent les regards braqués sur nous, c'est reconnaître nettement et réellement que l'on s'est trompé en refusant de jouer ou de manger depuis six mois. Se lever de son lit et marcher devant des témoins, c'est avouer ouvertement que l'on n'a aucune maladie, que l'on peut prendre une décision demandée depuis longtemps, c'est en fait se résoudre à prendre cette décision. Au contraire, pour jouer seul, manger et marcher en cachette, on peut beaucoup plus rester dans l'indécision, on se dit à soi-même que ces quelques bouchées et ces auelques pas ne signifient pas grand'chose, on les accomplit avec beaucoup moins d attention en leur donnant beaucoup moins "d'importance, c'est-à-dire beaucoup moins de réalité; c'est pourquoi quand la tension psvchologique est abaissée on peut encore faire l'acte seul ou en cachette et on ne peut plus le faire devant des témoins.

Parmi nos différentes actions, celles qui sont aussi très difficiles sont celles qui impliquent l'isolement, l'abandon loin de nos protecteurs naturels et surtout celles qui impliquent la lutte contre nos semblables. Faire une action au milieu d'intimes, de parents et d'amis que l'on sait tout disposés à la sympathie et à l'indulgence, en qui on est certain de trouver, le cas échéant, un point d'appui est infiniment plus facile que de faire le même acte au milieu d'indifférents et à plus forte raison au milieu de concurrents hostiles. La surveillance de nous-mêmes, la complexité de l'acte, le degré de tension est absolument différent. Or, il y a à ce propos une distinction tout à fait inévitable dans la vie des hommes, c'est l'opposition de la vie en famille, chez soi, dans l'appartement clos dont on connaît tous les coins et de la vie au dehors, en public, dans la rue. Un individu très bien portant, dont la force psychologique dépasse de beaucoup la tension exigée par des actes dilliciles.ne s'aperçoit pas de cette différence:

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marcher clans sa chambre, fumer une cigarette dans sa chambre, ou bien marcher dans la rue et fumer dans la rue, lui paraît al)so- Inment équivalent; il ne sent même pas qu'il y a un peu plusd'attontion, de perception d'objets nouveaux^ de surveillance de soimême dans le deuxième acte que dans le premier. Mais nos débiles vont le sentir tout de suite : Wya... ne peut plus fumer ([uand il est dans la rue, quoiqu'il n'ait pas d'obsession à ce sujet, cela le gêne tout simplement. La rue est en effet, depuis l'origine de l'humanité, le lieu, le symbole de l'isolement et de la lutte, c'est la vie publique opposée à la vie piivée. Seronsnous surpris alors de voir que les actes, les attentions, les sentiments dans la rue vont être le point de départ de beaucoup de grandes crises de psycholepsie.

Les uns vont être frappés par le sentiment de l'isolement : c''est ce qui fait qu'ils veulent dans la rue un soutien quelconque, qu'ils suivent un passant pour traverser les places, qu'il leur faut avec eux un enfant, un chien ou simplement un parapluie. Les autres vont avoir le sentiment de la lutte : c'est dans la rue qu'on les regarde, qu'on les surveille,' qu'on les critique et ils consentiront à marcher la nuit et non le jour. D'autres encore auront le sentiment des dangers de la rue, c'est dans la rue qu'on est exposé à toutes sortes d'accidents qui n'arrivent pas chez soi : W..., Lf... (92) parexemple, ont peur des voitures, des gens qui tombent dû haut d'une échelle, des sergents de ville qui arrêtent si on fait des sottises, etc. Quand on observe le début des agoraphobies, on voit très bien cette spécialisation progressive des insulRsances.. Dob... (86) est une enfant timide, qui avait horreur de parler ,à quelqu'un : au début c'était une timidité générale, une aboulie sociale. Son premier accès est survenu à l'âge de onze ans quand sa mère l'a envoyée faire une commission dans une boutique : elle croyait s'y trouver seule avec la^ la patronne, elle y a rencontré une autre cliente, de là « cette émotion qui lui a desséché le cerveau, » le sentiment d'abaissement, d'étrangeté, d'angoisse morale, etc. Plus tard l'accident est survenu, quand elle croisait dans la rue une personneun peu connue ; et enfin il survient simplement parla rue elle-même. C'est l'aboulie sociale qui est le point de départ de ces difiercntes formes d'agoraphobie.

Si nous continuons cotte étude, nous rencontions un acte

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cxtrômement difficile à tous les points de vue, c'est le mariage et les actes oénitaiix. Tout se mêle ici pour faire de ce phénomène une des actions les plus complexes ; nouveauté presque toujours très grande de la personne qu'on épouse, complexité des visages et des caractères d'une famille nouvelle, gravité de l'acte et de ses conséquences, préoccupation de l'avenir, etc., etc. Les personnes les plus normales éprouvent à ce moment des sentiments d'effort et de tension. Est-il surprenant que nos abouliques manifestent à ce moment d'une manière remarquable leur faiblesse. On ne peut énumérer tous les cas où les crises de folie du doute, d angoisse, d'agitation commencent avant ou après le mariage. On connaît le malade qui se demande si sa fiancée est jolie, si elle n'a pas dans la figure un trait dur auquel il ne pourra pas s'habituer, la jeune fille qui a la manie de s'interroger poursavoir sielleaime assez sonfiancé,ceux qui ont des terreurs en songeant aux devoirs de la famille, qui se croient incapables de les remplir, ceux qui craignent de n'avoir aucune ressource, les jeunes gens et les jeunes filles qui examinent leurs organes génitaux, qui les croient insuffisants, les impuissants, les femmes à vaginisme, etc. : c'est toute une légion de psvchasthéniques qui spécialisent leur insufsance à l'acte du mariage.

On ne sera pas surpris si je rapproche l'acte génital des actes sociaux. Il exige pour être normal la présence d'une autre personne, d'une personne différente, il fait naître des gênes et des timidités, il est fortement émotionnant, il est dangereux par ses conséquences, il est représenté comme immoral .c'est assez pour qu'il devienne extrêmement complexe, et qu'il exige à ce moment une forte tension vers le réel. Cette tension est encore plus marquée dans l'orgasme vénérien. Tune des plus fortes émotions du présent.

Il en résulte que les troubles de l'acte génital vont être innombrables chez ces abouliques : la masturbation solitaire n'est peut-être qu'une première forme des aboulies sociales. L'impuissance à lacté génital normal, la chasteté excessive à un. âge avancé chez des individus qui semblent se conduire normalement est déjà quelquefois un signe de psychasthénie. M. Guyon signalait le début tardif des rapports génitaux chez tous les ra leurs. Nous ne serons pas surpris de voir se développer toutes sortes de phobies et d'algies par rapport auxorganes sexuels associées avec un acte qui est si souvent incomplet. Les hyperesthésies du

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o-land chez Jean, la terreur des odeurs génitales chez Wy..., la phobie des femmes, etc., tout ce groupe de phénomènes a le inriiic i)()int do départ. Si l'acte s'accomplit tant bien que mal, il ne v;i jjiis jusqu'à son terme psychologique, le sujet en gémit et nous avons toutes les manies de perfection par rapport au coït (|ui troublent tant de femmes, et qui amènent même des idées de persécution contre le mari. Il y a dans tous ces faits une spécialisation très naturelle de la psychasthénie.

Si nous passons à un autre groupe nous allons retrouver les mêmes remarques àpropos d'actions toutes différentes, des actions professionnelles, en y comprenant bien entendu les attentions et les sentiments qu'exige la profession. Il y a encore à ce point de vue un préjugé formé par l'opinion commune des gens bien portants, c'est que la profession est la partie banale, habituelle, lacile de la vie et que la volonté se dépense bien plus en dehors ; cela n'est juste que dans les cas exceptionnels. L'homme du commun dépense les neuf dixièmes de sa force dans sa profession. Quand il est en dehors, il ne fait plus aucune espèce d'effort et il est curieux de remarquer comment il n'apprend plus rien, ne cherche plus rien, comme il répète les mêmes plaisanteries banales en se laissant aller visiblement à un véritable automatisme, dès qu'il a cessé le travail exigé par son métier. C'est dans sa profession au contraire qu'il est actif, attentif, qu'il a des émotions justes, qu'il lutte contre les concurrents, qu'il s'adapte au présent. Il en résulte que dans tous les aff'aiblissements de l'esprit c'est l'acte professionnel qui est le plus difficile pour la plupart des hommes et c'est celui qui disparait le premier. Nous avons vu bien des aboulies professionnelles, amener par dérivation des phobies professionnelles, aboulie de la couture et peur des ciseaux chez Nom... couturière, aboulie du métier et peur du rasoir chezPt..., barbier, aboulie du métier et phobie du télégraphe chez Lch..., employé des postes. C'est aussi dans le métier que nous avons vu les manies mentales en quelque sortes professionnelles, l'aboulie du métier et la manie de l'oscillation chezTr... qui fabrique des fleurs en porcelaine, l'incapacité de tenir des comptes et la manie de l'hésitation pour rendre de l'argent chez Rob,... caissière ; c'est là qu'on a vu également des tics comme dérivation de laboulie professionnelle. Le plus important de tous est la crampe des éciivains ;Cr..., homme de kk ans, « est dégoûté de

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travailler au bureau, il voudrait être riche pour ne rien faire . » Si, par-dessus le marché, il a un ennui au bureau, il ne peut plus du tout écrire. An..., femme de 35 ans, n'a plus le courage de se mettre à ses copies, « ce travail lui paraît ridicule et honteux » : c'est rinsuifisance et le sentiment d'incomplétude. Elle s'aperçoit qu'elle ne peut plus tenir sa plume et qu'elle a des crampes dans la main : c'est la dérivation sous forme motrice. Ajoutons chez Lov... des phénomènes de timidité, car il peut écrire quand il est seul et non quand il est à la caisse, devant le public, et nous verrons comment la profession est dans bien des cas la raison d'être de cette spécialisation des insuffisances, simplement parce que c'est elle qui demande le plus de tension psychologique vers la réalité.

Aux phénomènes du groupe précédent que l'on peut d'ailleurs facilement augmenter, il faut joindre des actes, des attentions et des sentiments tout à fait différents. Leur difficulté n'est pas naturelle, elle ne résulte pas d'une complexité fondamentale des choses ; mais leur difficulté est en quelque sorte artificielle, elle résulte du sujet lui-même et de la façon dont il veut que cet acte soit opéré. Nous pouvons, en effet, comme je l'ai dit, accomplir les actions de diverses manières, soit d'une façon élémentaire sous la forme des actions désintéressées et par conséquent avec peu de tension, soit en faisant un effort pour les mener à la perfection psychologique, à la fonction du réel, et par suite avec une haute tension. Une opération qui est très facile, accomplie de la première manière peut devenir extrêmement difficile, si nous voulons absolument la faire de la seconde. Un enfant récite ses puières sans aucune difficulté, il se peut même qu'en raison de l'éducation, il y joigne un certain sentiment religieux, sans le chercher d'ailleurs ; mais se représente-t-on combien cette prière deviendrait difficile s'il voulait l'accomplir avec un sentiment de foi complète, une conviction à ia fois raisonnéeet sentimentale de l'existence de Dieu, de sa providence, etc.? Ce serait toute une philosophie, toute une religion, qu'il faudrait condenser dans son esprit en quelques instants.

S'il en est ainsi, on comprend que la spécialisation de l'insuffisance psychologique pourra se faire d'une manière en quelque sorte artificielle, si pour une raison quelconque le sujet faible est amené à vouloir transformer un certain acte qui se faisait facile-

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incnt d une manière élémentaire et à vouloir le faire avec le maxinuim xle petfectîon psycholo£j;i(|ue. Cela va arriver quand le sujet va être convaincu de 1 importance exceptionnelle de cet acte. Comment se fait-il que les trois quarts de nos malades aient débuté par une crise de scrupule religieux au moment de la première communion? Qu'il y ait à ce moment un afiaiblissement de l'organisme par la puberté, c'est possible ; mais pourquoi laboulie ne se manifeste-t-elle si souvent que par l'impuissance à accomplir les actes religieux. ? Pourquoi ces enfants continuent-ils à pouvoir travailler, lire, apprendre, d'une manière à peu près convenable, quand ils prétendent ne pljis être capables de suivre la messe ou de dire une prière? C'est qu'en réalité ils ont toujouis très peu d'attention, que, s'ils voulaient bien le reïnarquer, ils n'arrivent ni à la conviction, ni au sentiment du réel dans aucune opération. Mais cela leur est indifférent, ils ne remarquent même pas que leur perception est troublée, parce qu'ils se contentent du souvenir des anciens sentiments de réalité qu'ils avaient eus autrefois ; ils ne cherchent le sentiment actuel de confiance, de foi, de réalité que dans les actes religieux, parce que toute leur éducation, à ce moment-là, les a conduits à n'accorder d'importance qu'à ces actes. Il en résulte qu'ils cherchent au moment de la prière et à ce moment seulement une tension psychologique qu'ils ne peuvent pas avoir.

Il va en être ainsi toutes les fois que pour une raison quelconque l'attention du sujet sera attirée vers un certain acte, etqu'il cherchera dans cet acte une perfection psychologique qu'il ne cherche pas dans les autres. Wo..., après avoir eu des scrupules à propos de ses prières, présente des crises de psycholepsie à propos des comptes de ménage. Ces comptes sont d'ailleurs la terreur de bien des femmes (Kl..., Xyb..., etc.). C'est parce que « elle croit de son devoir de faire au moins cela de sérieux dans son ménage, qu'elle craint par sa distraction maladive de faire du tort aux pauvres fournisseurs », c'est à cause de cette attention qu'elle a des crises de quarante-huit heures parce qu'elle a peur d'avoir volé deux sous au Bon Marché. Elle n'arrive pas à la certitude dans les additions qui ont rapport à son ménage, pas plus qu'elle n'arrivait à la conviction dans les prières.

Une foule de mères de famille ont des phobies et des doutes relatifs à leurs enfants. Elles peuvent tout faire sauf de les soigner correctement, c'est à ce moment qu elles se sentent insulll-

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santes et qu'elles ont des dérivations. C'est que pour une jeune mère l'acte de soigner un petit enfant ne se présente pas comme une opération simple, elle y joint toutes sortes de préoccupations imaginaires, de rêves d'avenir, de dangers possibles, de responsabilités, etc. L'acte n'est pas simplement le fait de baioner un enfant, c'est un acte qui devient complexe comme les actes sociaux par toutes les idées accessoires qu'il faut coordonner avec lui. 11 en résulte qu'il devient extrêmement diflîcile, le plus difficile au milieu de la vie simple de ces femmes, et c'est lui seul qui manifeste leur faiblesse. Cette insuffisance spécialisée amène comme dérivation des troubles émotionnels, et l'on dira trop souvent que l'acte est difficile parce que ces femmes s'émotionnent. C'est le renversement des termes : pourquoi s'émotionneraient-elles ainsi sans raison toujours à propos du même acte, s'il n'v avait pas une inpuissance fondamentale pour un acte devenu difficile qui détermine cette dérivation.

On comprend que toutes sortes de circonstances puissent ainsi attirer l'attention sur certaines parties du corps, sur certaines fonctions du corps ou sur certaines opérations mentales. Chez un psyehasthénique avec diminution générale de,toutes les fonctions, une douleur quelconque va attirer 1 attention sur un organe ou sur une fonction. Immédiatement cette fonction deviendra plus difficile, cessera de pouvoir se faire, et ainsi se précisera à ce moment cette angoisse qui était flottante. Un peu de pvrosis sera le point de départ des algies de l'estomac, une douleur intestinale des algies du ventre, des phobies de la défécation. Les hémorroïdes jouent un rôle capital dans les algies de l'anus. La pharyngite chronique fait naître la phobie du langage chezBq...: une broncho-pneumonie donne les phobies de la respiration, une migraine les algies de la tête, le fait d'avaler de travers ou simplement de voir avaler de travers va amener peu à peu les phobies de déglutition. Combien de tics de la bouche sont dus uniquement à une mauvaise dentition, et combien de phobies vésicales et urétrales sont en rapport avec une malheureuse blennorrhaoie.

Des circonstances extérieures peuvent jouer le même rôle, Mv... a la phobie d'être aveugle parce qu'elle a vu jouer un musicien aveugle, Ot... prend la terreur des petits bruits parce qu'il a entendu sa belle-mère croquer des dragées.

11 ne faut pas oublier que ces malades, par le fait de leurinsuf-

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fisance, ont déjà un état mental spécial, et qu'ils ont, comme on le veria, des manies mentales qui ne sont que la systématisation de l'agitation de leur esprit. Ces manies mentales les poussent à donner une attention excessive à certaines choses et vont contribuer à leur tour à spécialiser les actes, les croyances et les sentiments qui sont le point de départ des crises. On ne peut gu&re expliquer autrement le fait si général de la micromanie. Chez un grand nombre de ces malades ce ne sont pas les grandes choses et les graves actions qui déterminent des crises, ce sont les petits objets, les jetés insignifiants, les petites taches de graisse, les bouts d'allumettes, les petits mots passés dans une prière, les petites distractions à table. Cette spécialisation de l'insuffisance à propos des petites choses me paraît tenir à deux raisons. C'est d'abord que les circonstances graves sont chez eux excitantes et relèvent leur niveau mental, tandis que les petites les laissent dans la dépression. C'est aussi que leur manie de la précision les pousse à attacher de l'importance à toutes ces petites actions, à chercher à leur propos une perfection et une certitude qu'ils sont incapables d'atteindre. C'est pour la même raison que les chiffres exercent une attraction sur eux, ils espèrent y trouver une certitude qu'ils n'ont pas ailleurs, et leurs eff^orts à ce propos n'amènent que des crises nouvelles. Il ne faut pas oublier leur manie d'association sur laquelle j'ai tant insisté, ils cherchent perpétuellement les phénomènes qui peuvent se rattacher à leur préoccupation et ainsi ils rendent ces nouveaux phénomènes plus difficiles.

Toutes ces études nous montrent donc que l'aboulie, le défaut de croyance, la fatigue de l'attention, ne sont générales qu en théorie ; en pratique elles se manilcsteut davantage pour les opérations qui sont naturellement ou artificiellement les plus difficiles. Il en résulte que les insuffisances psychologiques se spécialisent à ces phénomènes et amènent uniquement à la suite de ces actions déterminées tous les accidents qui ont été considérés comme des dérivations.

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