I. — L'alimentation et l'hygiène
Le premier soin doit être de réformer l'hvgiène du malade qui est ordinairement déplorabJe. L'alimentation doit être examinée avec un grand soin ; un certain nombre de ces malades ne se nourrissent pas et d'autres ont une alimentation défectueuse. Les premiers sont nombreux, ce sont presque tous les sujets qui ont les obsessions de la honte du corps, ou qui ont des phobies relatives à l'alimentation ou à la déglutition. Les psychasthéniques ont besoin d'une nourriture assez forte et plusieurs se sont rapidement améliorés par une alimentation mieux dirigée. Il faut donc , les convaincre de la nécessité de manger suffiisamment : en dehors des cas d'obsession avant un rapport direct avec l'alimentation on V parviendra facilement. D'autre part la digestion stomacale et intestinale de ces malades est presque toujours atteinte gravement et l'on constate presque toujours la dilatation stomacale par atonies, les entérites muco-membraneuses et la constipation. Bien souvent les aliments sont mal digérés, ils restent dans l'estomac, déterminent ou non suivant l'indifférence du sujet des douleurs, des bi'ùlures, quelques heures après le repas. Ces aliments qui fermentent donnent naissance à des acides et à des ptomaïnes qui sont résorbés et qui impressionnent très fâcheusement un système nerveux aussi susceptible. Je crois qu'il faut surtout redouter à ce point de vue les aliments difficiles à digérer et qui fermentent facilement et qu'il est nécessaire de régler rigoureusement l'alimentation même chez ceux dont la dyspepsie est latente et qui ne se plaignent pas de leur estomac ; ceux-ci sont d'ailleurs la minoiité.
M. Dejcrinc, partant du même point de vue impose aux neurasthéniques le régime lacté ; M. Nattier, a propos de rhinorrhée, qu'il lattache justement à la même maladie, exige le même
régime. Dans les cas très graves, quand la digestion est très compromise, quand l'intoxication d'origine alimentaire est évidente, quand le trouble est plus gastrique cju'intestinal je crois qu'il est bon de faire de même au moins pendant une ou deux semaines ; mais en général j'hésite à imposer un régime aussi sévère.
Le régime lacté intégral est débilitant, ce qui est ici très mauvais, car cela favorise les sentiments d'incomplétude, il n'est pas toujours très bien toléré par l'estomac des malades. « Le lait dit M. Lépine, ne convient pas aux estomacs dilatés, il ne stimule pas le système nerveux et ne donne pas la sensation de force. La vie, a dit un vieux maître, ne se soutient que par les excitants. Si cette proposition est vraie, je lait ne suffirait pas à entretenir ly vie*. » J'ajoute que le régime lacté est surtout contre-indiqué quand il y a un certain degré d'entérite.
Il suffit de se boiner d'ordinaire à supprimer complètement le ^^n et l'alcool, les sauces, les graisses, les viandes faisandées, les conserves, à réduire assez fortement la proportion des viandes dans l'alimentation, à se rapprocher en un mot du régime véoé-tarien. Le lait, les œufs, les farines de toute espèce et surtout les farines de céréales en abondance, les légumes verts, les fiuits cuits avec un peu de viande grillée à un repas seulement me paraissent un régime suffisant et extrêmement utile dans les cas movens. Dans les cas graves d'atonie gastrique, je me suis bien trouvé en laissant les malades au régime exclusif du lait, des œufs et des bouillies de farines comme des enfants en sevrafrf*, mais il s'agit alors du traitement delà dyspepsie hvposthénique dont je n'ai pas à ra'occuper spécialement ici. Ces régimes végétariens ou presques végétariens en réduisant les toxines qui impressionnent le système nerveux déterminent souvent chez les neurasthéniques et même chez les psvchasthéniques des améliorations surprenantes. Les aliments doivent être pris en quantité sulfisante. à des intervalles bien réglés et en général assez longs, car il es\ essentiel de laisser l'estomac se rejaoser ; il faut interdire a cer tains malades atteint de boulimie de manger dans l'intervalU des repas. Mais il sera bon pour certains estomacs atones et dilatés de faire boire très peu aux repas et de faire toiredeux tassej de thé très léger plusieurs heures après le repas, de manière à ne pas diluer le suc gastrique pendant la digestion, mais ii donjier te