‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 349 sur 380 · I. Lépine, Sriii'iinc médicale, 19 fi'vricr · texte numérisé non relu

I. Lépine, Sriii'iinc médicale, 19 fi'vricr

peiuliint nu inaliide l;i ((uanlitc d'eau intlispcjisablo. Dans l'analvse des urines f|u a conseillée INI. Joulie, il y a une indication iiès utile, c esl de surveiller la densité des uiines du matin. La densité moyenne doit être de i oi8, chez beaucoup de neurasthéniques elle est bien suj)érieure. 11 faut alors, fen augnienlaut la quantité des boissons prises en dehors des repas, si cela est nécessaires, la ramener à la normale. Ces conseils relatifs au régime alimentaire des neurasthéniques se retrouvent chez tous ceux qui ont étudié ces malades, ils semblent assez bien justifiés par l'expérience.

Les fonctions de l'intestin sont troublées comme celles de l'estomac et il faut se préoccuper d'un état de constipation très constant et très grave qu'ils présentent presque toujours. Les évacuations intestinales doivent être obtenues par tous les movens possibles. On ne saurait trop insister sur les avantages des grands lavages intestinaux avec de l'eau légèrement salée lopour i ooo, poussés très profondément avec une grande sonde. Dans des cas sérieux je me suis servi avec avantage des grands lavements d'huile poussés avec la sonde, gardés le plus longtemps possible et suivis d'un lavement d'eau de têtes de camomille. Dans un cas que j'ai rapporté il a fallu pratiquer un véritable curettage de la cavité rectale.

Dans les cas moins sérieux il suffît d'user régulièrement des laxatifs connus en les variant de temps en temps à cause de l'accoutumance. Tous les dix ou quinze jours une petite purge plus active m'a semblé utile. Dans plusieurs cas j'ai emplové avec succès le calomel ou les sels de Carlsbad qui sont avantageux quand les fonctions du foie sont engourdies. On est souvent surpris de l'amélioration remarquable que l'on constate même dans les fonctions mentales après une purge de ce genre.

Après l'alimentation il faut régler le sommeil et le repos. Les 'ins veulent dormir constamment et resteraient au lit toute la journée, d'autres s'agitent sans cesse, ne veulent pas se coucher et passent la nuit à marcher dans leur chambre. Ils sont tous des épuisés qui ont le plus grand besoin de repos. Le traitement de \\ eir-Mitchell, très pratiqué en Amérique, condamne tous les neurasthéni(|ues à un repos absolu au lit, en ne leur donnant des mouvements que par des massages et des mobilisations passives des membres. M. Dejerine et M. Nàttier, dans le travail que j'ai cité, réclament au moins i5 heures de repos au lit par jour. 11 se peut

que ce tiaitement dont je n'ai pas beaucoup l'expérience, soit utile dans fjuelciues cas de neurasthénie simple, j avoue que je le redoute beaucoup chez les psychasthéniques qui ont des troubles mentaux. Plusieurs de ces derniers m'ont raconté qu'ils avaient subi auparavant et quelques-uns à 'plusieurs reprises, le traitement dit de Weir-Mitchell sans en retirer aucun avantaoe. Dans trois cas j'ai vu les malades, après avoi subi un traitement de ce genre, tomber dans l'inertie et dans la malpropreté. Ces malades ont déjà beaucoup de tendance à l'aboulie, à l'immobililé et à la rêverie. 11 ne laudiait, à mon avis, les laisser au lit qu'avec une grande surveillance et en évitant l'inaction absolue.

Il me semble préférable, tout en laissant au malade beaucoup de repos, de légler la durée du séjour au lit d'une façon qui se rapproche de la normale, afin de ne pas déterminer des habitudes fâcheuses, plus tard dilliciles h rompre. Ce qui est essentiel, c'est d'exiger le coucher et le lever à des heures fixes et de maintenir une grande régularité.

11 (aut encore surveiller toute l'hygiène du malade, le retirer s'il y a lieu d'un milieu malsain, le faire vivre une partie de la journée au grand air, supprimer, s'il ne l'a pas déjà fait de luimême, tout travail qui serait trop fatigant ou malsain.

Il faut traiter avec soin toute maladie locale ou générale qui coïnciderait avec l'état psvchasthénique et qui l'entretiendrait. Les infections utérines, les suppurations locales jouent en partilier un grand rôle et doivent être autant que possible supprimées. Il ne faut cependant pas se laisser entraîner à faire jouer un trop grand rôle à des troubles locaux et rattacher toute la maladie à un déplacement utérin ou à une chute du rein. Il faut beaucoup se méfier des opérations que ces malades supportent très mal et qui sont souvent le point de départ de rechutes. De même des traitements excessifs et fatioants comme ceux de cerlaines villes d'eaux ont eu pour les malades que j'ai suivis des résultats déplorables. Il iaut donc se borner aux traitements nécessaires et les plus simples.

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