Le traitement par la suggestion
Ne peut-on pas dépasser ce traitement palliatif qui obéit en quelque sorte à la maladie au lieu de lutter contre elle ? Un traitement mental qui se présente immédiatement à l'esprit, c'est le traitement par la suggestion hypnotique : il semble que la suggestion, qui agit en imposant des idées ou en les supprimant,
doit avoir un rôle remarquable clans une maladie où les idées prédominantes semblent au premier abord l'essentiel.
Aussi dès le début des études sur la thérapeutique suD;o-estive a-t-on essayé cette méthode chez les obsédés et a-t-on soutenu qu'elle était la plus logique et la plus heureuse. Je ne puis que rappeler quelques-unes de ces opinions : M. Ladame conclut son excellent article historique sur les obsessions en indiquant la suggestion hypnotique comme le principal mode de traitement, dans une autre étude il montre qu'il a appliqué heureusement ce traitement aux buveurs et aux dipsomanes \ M, Tissié cite « un cas d'obsession intellectuelle et émotive guéri par la suggestion ^ M. Bérillon a communiqué en i8g3 à la société de médecine et de chirurgie pratiques « un cas d'agoraphobie chez un dégénéré traité avec succès par la suggestion ». M. Mavrou kakis communique un faitsemblable à la société d'hypnologie. M. Gorodiche décrit un cas de claustrophobie chez une femme de 38 ans guéri par la suggestion^. M. Milne Bramwell cite quelques cas de phobies guéris par l'hypnotisme*. La conclusion de la thèse de L. Faure sur les obsessions est que la « psychothérapie hypnotique est le seul mode de traitement applicable avec lequel on puisse obtenir des résultats sérieux et durables ^ ». Le derniei travail de Bechterew répète encore à propos des obsessions ei des illusions importunes que la suggestion est le seul traitement efllcace*. On pourrait trouver dans la littérature beaucoup d'autres déclarations du ni.ême genre.
Cette opinion soulève cependant une assez grave difficulté, qui est fort bien indiquée par MM. Pitres et Régis, c'est que les obsédés véritables, les tiqueurs, les douteurs, les phobiques, ne sont pas hypnotisables. « Depuis de longues années, disent ces auteurs, nous avons fait à cet égard de nombreux essais, et nous pouvons dire qu'en dehors des cas d'obsessions se rattachant à un
1. Ladame, Reuue de Vhypnodsme, 1890, II, 385, et Ibid., 1688, p. 129 3. Tissié, Semaine médicale, 1899, p. 397.