Uégis, Revue de l'hypnotisme, 1896, p
vrai que beaucoup d'obsédés ont été sérieusement améliorés par des pratiques analogues à celles de l'hvpnotisme. J'ai observé le fait plusieurs fois d'une manière tout à fait convaincante. Claiii' après ces essais d'hypnose reste plusieurs heures « la tête vitle ■ de mauvaises pensées » ce qui est très remarquable pour elle. Xyb..., Bhu... (54), se trouvent mieux pendant quelque temps. LIvb..., U... Jean restent clans un état de calme qui dure plusieurs jours. On observe le même fait chez Pn... Bs... On... et chez plusieurs autres. Cette influence se prolonge chez Dob... pendant une dizaine de jours et cette malade qui depuis une vingtaine d'années est incapable de faire quelques pas seule en dehors de son appartement lait seule des excursions de plusieurs kilomètres quand elle a été suggestionnée. La crise d'obsessions sacrilèges de We..., a été complètement arrêtée par des séances de ce prétendu hypnotisme : les croix qu'elle croyait voir et qu'elle cherchait à voir dans le ciel s'effaçaient quand elle pensait à ce que je lui avais dit et elles ont fini par disparaître. La honte du corps chez Wye... a été supprimée depuis plus d'un an. A la suite d'un traitement par les- essais de sommeil hypnotique, les scrupules urinaires de Vor... ont complètement disparu el n'ont pas recommencé depuis deux ans. Zo... est débarrassée de sa phobie des épingles et ce sont certainement des séances d'hypnotisme qui ont permis d'avoir quelque action sur l'esprit de cette jeune fille. Gisèle conserve certainement son aboulie, ses dispositions, aux rêveries idéales, quoiqu'elle ait fait de grands progrès comme activité réelle, mais elle a perdu sous l'influence de cette suggestion « son idée principale », c'est-à-diie ses remords de vocation et elle peut de nouveau vivre avec son mari et son enfant. Le cas le plus intéressant est celui de Lise, car cette malade a été hypnotisée régulièrement depuis cinfj ans. J'ai montré ailleurs qu'elle n'est jamais arrivée à un état hypno- ^ tique complet avec amnésie. Mais cette hypnose incomplète sulTit pour produire un grand effet sur ses interminables ruminations. Il y a pendant ce sommeil une sorte de lutte de la malade contre ses idées : au début elle ne tolérait pas que je lui en parle, elle s'écartait de moi avec horreur si je faisais la moindre allusion au diable, elle faisait des gestes de résistance désespérée. Puis elle se calma, consentit à écouter pendant cet état la contradiction et sembla mieux comprendre. Sous cette influence les idées diminuèrent, « elles restaient vagues, plus loin de son esprit, comme
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sép*nrées les unes des autres ; les idées ne se développaient pas car elle les sentait comme arrêtées ». Cette amélioration était visiblement en rapport avec la séance hypnotique, car si elle avait fortement résisté pendant la séance et m'avait mal écouté, les obsessions recommençaient la semaine suivante, si au contraire • elle s'était montrée docile il y avait une semaine de répit que je pouvais prévoir. Dans tous ces cas, comme dans les observations que j'ai rapportées d'après divers auteurs, l'hypnotisme et la suggestion ont semblé avoir un eil'et thérapeutique des plus intéressants.
Comme nous avons vu que l'hypnotisme ni la suggestion n'ont pas été complets ni réels, il a dû se passer pendant ces séances quelques opérations psychologiques diflerentes de la suggestion proprement dite et de l'automatisme hystérique qui ont amené ces heureux résultats. Ce sont ces opérations qu'il faut comprendre pour arriver à les reproduire si cela est possible d'une manière plus directe.