‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 358 sur 380 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

6. Ibid., p. 5o2. On trouvera beaucoup do passages du même genre dans les OEuures de Fénelon, p. 827, 828, 335, 338, 348, 356, 357, 358, 366, 879, 893, etc.

nant souvent chargé de ce rôle de direction morale quand le malade ne trouve pas assez de soutien autour de lui.

Le médecin peut assez facilement réussir dans ce rôle : il a auprès du malade une grande autorité, il peut le menacer, lui parler des conséquences connues de sa maladie, de l'isolement qui la termine ou de l'internement que le sujet redoute, il peut lui faire espérer un traitement, et l'ordonnance médicale a encore du prestige. Enfin le médecin ne vit pas d'ordinaire auprès du malade et ne peut pas être harcelé de questions continuellement, aussi son autorité et son influence se conservent-elles plus longtemps.

Pour diriger ainsi ces personnes, le médecin doit d'abord leur faire sentir qu'il s'intéresse à elles et qu'il les connaît. Il faut les faire parler sur les détails curieux de leur maladie, analyser ces détails devant eux en devinant ce qu'ils n'ont pas dit, leur montrer doucement que leur interprétation, qui constitue leur obsession, n'est pas juste, etc. Puis quand on voit qu'ils sont intéressés, qu'ils sont heureux de trouver une personne capable de le? comprendre et de les plaindre sans se moquer d'eux, il faut leur commander avec beaucoup de netteté et sans l'ombre d'une hésitation et il ne faut jamais revenir sur un commandement, fùt-il absurde. J'ai vu un médecin, avec d'excellentes intentions, provoquer une grande crise chez Jean parce qu'il hésitait entre deux villes d'eaux où il voulait l'envoyer et qu'il avait fini par laisser le choix au malade.

« Dans la thérapeutique de beaucoup d'états psvchopathiqiies, disait déjà Legrand du Saulle, l'absolutisme autoritaire est une nécessité que le succès couronne fréquemment et qui ne peut nuire à personnel » Le. malade se prête d'ailleurs très bien à cette direction autoritaire, il désire être dominé et cherche luimême à grandir l'influence que l'on prend sur lui, « je cherche toujours, me disait Gisèle à auréoler un peu celui qui me parle pour le mieux écouter ». Dans ces conditions, il n'est pas très difficile de réussir au moins pendant quelque .temps à devenir le directeur de l'esprit du sujet. Ce n'est pas la guérison sans doute, c'est plutôt l'utilisation d'un symptôme. Mais c'est un procédé palliatif qui est souvent fort remarquable.

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