BaW, Revue scienlijique, i883, I,p. i
3. Azam, Revue scientifique, 1891, I, p. G 18. 4- Ladame, op. cit., 1891, p. i3o.
5. G. -II. Savage, On impcrative ideas. Brain, i8ç|Ô, p. 323. .
74f) LA PLACE DE LA PSYCHAST[I1'':?tIE PARMI LES PSYCHO-NÉVROSES
appelle les phobies essentielles'. Ce sont des craintes bizarres inspirées par certains objets, par certains animaux ou par une situation particulière sur un lieu élevé ; ce sont des phénomènes qui se rapprochent du vertige ordinaire, qui existent souvent dès la première enfance, qui peuvent quelquefois être héréditaires et qui existent chez des sujets ne présentant aucune autre tare. Hack- Tuke, dans l'enquête qu'il a commencée dans le Brain, « tient à mettre en relief la parfaite innocuité d'un grand nombre d'idées ou d'actes impératifs chez des gens très sensés, par exemple la peur de n'avoir pas bien éteint le bec de gaz, le besoin de frapper les pavés avec sa canne, le soin de marcher en évitant les intervalles du dallage, la tendance à compter un certain nombre de fois avant d'accomplir l'acte le plus simple " ». Si on poussait à son terme la tendance indiquée dans quelques-uns de ces travaux on serait disposé à considérer les obsessions, les tics et les phobies comme des originalités individuelles qui n'auraient rien de pathologique.
Une discussion analogue a eu lieu il y a quek|ues années à propos de l'hypnotisme, quelques auteurs voulaient bien en faire un phénomène exceptionnel, une particularité individuelle anormale, mais non un phénomène pathologique. C'est là une querelle de mots : la maladie ne peut que reproduire en les déformant des phénomènes qui ont leur origine dans l'état normal, on retrouvera donc dans l'état normal les vestiges de tous les phénomènes pathologiques. Pour juger de la nature d'un symptôme il faut considérer son degré et ses conséquences au point de vue de la vie individuelle et de la vie sociale. S'il y a à peu près chez tous les hommes des habitudes, des manies bizarres dépendantde souvenirs d'enfance, cela ne supprime pas le caractère dangereux des véritables ruminations ou des véritables phobies, puisque celles-ci aboutissent, ainsi qu'on l'a vu, à supprimer toute activité de l'individu et à le retrancher complètement de la vie sociale.
Une deuxième opinion, plus importante, ne veut pas non plus faire du syndrome psvchasthénique une véritable maladie, c'està-dire un trouble accidentel surajouté en quelque sorte à la vie de l'individu. On le considère alors comme un trouble ou comme
1. (iôliupaii, Revue de riiYpiiiithine. 1^97, p. 5i et i?^f)i), p. 79.