‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 84 sur 380 · Néoroses et Idée!, fixes. 11, p. 3o · texte numérisé non relu

Néoroses et Idée!, fixes. 11, p. 3o

LES AGITATIONS ÉMOTIONNELLES SYSTÉMATISÉES. — LES PHOBIES l9o

sou petit doigt. A table elle prend un couteau et t'ait semblant de vouloir se couper ce petit doigt ; puis elle va au travers de l'appartement comme une folle et menace de se jeter par la fenêtre pour ne plus sentir son petit doigt. Une autre femme de oà ans, impressionnée parce qu'elle a appris qu'une cousine avait de l'enflure aux jambes, conserve une douleur angoissante à la jambe droite et ne veut plus marcher sans envelopper cette jambe d'énormes couches de coton.

On devine que les organes génitaux vont devenir le siège de prédilection de pareilles douleurs angoissantes. J'ai publié avec M. Raymond une observation remarquable à ce sujet S il s'agit d'un prêtre qui après avoir entendu parler d'un adultère surprenant leste obsédé par la pensée des rapports génitaux. Il avait constamment dans l'esprit la pensée et même l'image de ces deux amants dans les bras l'un de l'autre. Au bout d'une année, l'image se simplifia, mais pour devenir plus bizarre et plus gênante encore. Il ne pensait et ne voyait plus que les organes génitaux féminins, il ne pouvait voir une femme, parler à une femme, n'importe laquelle, sans qu'il fût convaincu de voir ses organes génitaux sous ses vêtements. Au bout de bien des années, il constata un nouveau changement dans la forme de la maladie. « A force de raisonner la chose, j'ai commencé à penser à mes propres organes sexuels et non plus à ceux de la femme. Mais cette préoccupation amena un autre désagrément, elle produisit bientôt une irritation physique et développa une hypersensibilité du pénis et du scrotum très désagréable. » Le même malade en arriva quinze ans après le début à une dernière forme. Il pense constamment que ses organes génitaux sont appendus à son corps comme un corps étranger et ne lui appartiennent pas ; il ne sait plus si c'est lui qui a conscience des impressions faites sur eux. Mais il n'en ressent pas moins une angoisse horrible au moindre contact.

Les algies jouent un rôle important dans l'histoire de Jean : il a des fluides qui lui courent dans le dos quand il tourne le dos au pays oîi se trouve Charlotte. Il a des « plaques d'hyperesthésies » sur les régions des jambes qui dans le tramway ont été frôlées par la robe d'une dame. Mais surtout, il a abominablement souffert pendant six ans d'une maladie invraisemblable

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