Les phobies des objets (Délire du eontaet
Ce même état qui ressemble à une émotion très douloureuse, se produit, bien plus souvent à la suite de la perception des objets. Comme cette émotion est très redoutée par le malade, il en résulte une crainte, une peur de lobjet qui en est l'occasion : c'est ce qui caractérise les phobies des objets.
La phobie se développe quelquefois dès que l'objet est perçu n importe par quel sens, même quand il est perçu par la vue ou l'ouïe. « Suis-je folle ou ne le suis-je pas, disait une malade de Legrand du Saulle, faudra-t-il donc me séquestrer dans une maison d'aliénés, parce que je tremble à la vue d'iin chien et que je n'ose rien toucher chez moi ? Mais à quoi me sert donc ma raison ' ? » Il en est de même poU4' ceux qui ont peur de voir les étoiles (astraphobie) ou qui ont peur d'entendre les orages '. Bunvan après avoir pris beaucoup de plaisir à sonner les cloches se fit un scrupule de ce plaisir et depuis ressentit une peur terrible rien t{u'en voyant ou en entendant les cloches^.
Parmi nos malades, Xa..., qui a l'obsession de l'homicide, a bien entendu, la phobie des couteaux, de tous les instruments tranchants ou pointus ; mais en outre elle ne peut voir sans soufirance une branche d'arbre coupée, une fleur rouge ni même un papier rouge. Elle a d^s crises de phobie, si on veut la faire promener dans le bois de Boulogne, parce qu'elle a rencontré un jour dans une allée un morceau de papier rouge. Elle a surtout peur qu'on ne fasse une allusion à l'un de ces objets terrifiants, elle a des. phobies à propos de tel ou tel mot qu'il lui suffît d'entendre ou à propos d'une personne qui a autrefois pi'ononcé le mot et qu'elle ne peut plus revoir. Myl... (98) a ses phobies en voyant un salon rouge où en voyant la lune. Mii... (180) a le même phénomène en voyant certaines rues de Paris qui font penser à