‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 91 sur 380 · Trélat, Folie lucide, p · texte numérisé non relu

Trélat, Folie lucide, p

l\. Falret, Maladies mentales, p. 5i3. Cf. Saury, Dégénérés, p. 79, 83, 85. Gulierre, Folie héréditaire, p. 75, 79, 80.

5. Tamburini, Rivista sperimenlale di freniatria. VIII, 188^, p. 4,

6. F6ré, Pathologie des émotions, 1892, p. 4i5 (Paris, F. Alcan). Ballet, Traité (le médecine de Charcot et Bouchard, VI, p. 1179.

LES AGITATIONS ÉMOTIONNELLES SYSTÉ.MATiSKES. — LES PHOBIES -207

rapportent des cas semblables qu'ils désignent sous le nom de délire du contact, de misopJwbic, de rupopliobie, etc '.

On pourrait noter de ces phobies du contact des objets chez presque tous nos malades ; nous ne citons que les plus intéressants. Chy... a besoin de se laver constamment les mains parce qu'elle a peur d'avoir touché des « miettes de graisse » . U. . . (79) fait de même par phobie des microbes, Mzc... (178), un homme de 46 ans, ne peut toucher des couteaux pointus ; comme son métier l'oblige à fabriquer des couteaux, il les fait tous ronds, tant pis pour la clientèle. Cette même phobie banale de toucher aux couteaux pointus se retrouve très souvent et Sy... mange avec les doigts plutôt que de loucher une fourchette ou un couteau.

Ger... (ail), qui se figure avoir tué sa belle-mère, ne peut toucher sans horreur les vêtements de la pauvre dame et bientôt prend la phobie du contact de toute espèce de vêtement. Pr... (210) a une idée assez compliquée : elle croit avoir cédé à un individu et pouvoir être enceinte, elle redoute maintenant de céder à la tentation de se faire avorter en prenant un purgatif. Aussi ne peut-elle plus toucher sans horreur à aucune bouteille, ii aucun verre contenant un liquide. On ne peut énumérer les objets pour lesquels Jean a des phobies, les femmes, les tramways, les lettres, les timbres, sa chambre à la campagne, sa table de travail, les rasoirs, les mouchoirs, etc., etc. lu..., femme de 44 ans, analogue sur ce point à la malade de Féré, craint d'avoir laissé tomber sur sa jupe des parcelles d'hostie. Elle cache cette jupe et d'autres objets dans une malle, puis elle ne peut plus toucher à la malle qui est « à la fois vénérable et sale » et qui devient tout à fait un objet tabou. Vy,.., qui a des scrupules génitaux, a la phobie des vêtements qui pourraient le frotter. Leg..., femme de 'i5ans, scrupuleuse depuis l'âge de 12 ans, craint surtout de faire du mal aux gens, de les empoisonner en leur lançant de la pousssière, des poils de chat qu'elle a dans la main, de la salive ; elle n'ose plus parler, plus bouger, elle arrive à cette immobilité que nous aurons à étudier comme l'un des termes de la maladie.

Ces exemples pourraient facilement être multipliés à l'infini, le contact est la sensation qui éveille le plus directement la pensée

I. Hammond, Neurological contributions, l'S'jQ. Séguin, Archiv of medirin, aoiit 1880. I^ussel, Alienist and neuroloç^ist, 1880. Shaw, Archiv of med., i88o. Verga, Archivio délie malattie mentali, 1881. Dana, The alienist and neurologist. Xew-York. avril 1884. Cliaslenet, Ann. méd. psych., 1890, I, p. 89.

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de l'usage des objets, de leur rùle dans une action, il est tout naturel que chez les scrupuleux, les phobies pcirtent tout particulicrenieut sur le contact. C'est ce qui nous est bien montré par certaines phobies du coiilact sur lesquelles j'insiste en teiniinant et qu'on pourrait appeler les phobies du contact professionnel. M! Grasset a cité la phobie du médecin pour les instruments de son métier, M. Bérillon' insiste sur la phobie du notaire pour son étude, du mécanicien pour sa machine. Parmi nos malades, Nem..., couturière, ne peut toucher à ses ciseaux et Pt..., barbier, ne peut toucher un rasoir. Il ne faut pas dire qu'il s'agit ici de la phobie des objets tranchants car la première ne peut pas non plus toucher un mètre et le second a horreur de toucher la barbe ou de toucher du savon. Lch... (78), homme de 38 ans, télégraphiste, à la suite d'une pleurésie grave, prend la crainte de ne pouvoir travailler et la peur des appareils télégraphiques et même des bureaux de poste.

Ces derniers exemples nous montrent que l'acte et surtout l'acte professionnel doit jouer un rôle dans ces phobies. Le fait est moins visible mais on le retrouve dans toutes les autres phobies des objets." Dans beaucoup de cas,, comme j'ai essayé de le montrer ailleurs, le contact actif c'est-à-dire le contact qui résulte d'un mouvement, d'un acte du sujet est infiniment plus redouté que le contact passif dans lequel l'objet est simplement approché du sujet". lu... « pour rien au monde ne touchera elle-même les vêtements où elle imagine avoir fait tomber des fragments d'hostie» mais, si je prends moi-même la robe et l'approche de ses mains, elle se résigne à subir le contact "en disant : « c'est vous qui faites l'action et qui prenez la responsabilité^. » L'objet qui détermine l'angoisse est surtout un objet qui intervient dans une action qu'il faudrait exécuter, c'est une notion que je signale en passant et sur laquelle il faudra revenir en étudiant les caractères oénéraux et l'interprétation de ces phobies.

5. — Les phobies des situations (agoraphobie). Ces mêmes phobies peuvent se développer dans d'autres cir-

1. Bôrillon, Ptioliiçs iifurastlif'inques onvisngées au point Je vue professionnel Revue de l'hypnotisme, iBgû, p. 33,

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