Névrotins et Liées fixes, II, p
3. Azam, E'itrc la raison et la folie, les toqués. Revue scicntijique, i8gi, I, fii5.
de « longer les murs des petites rues » mais cette angoisse disparaît dèsqu'elle donne la main à un enfant. Oz..., femme de oi ans, se contente à moins de Irais, il lui suffit de porter à son bras un panier, c'est pour elle un point d'appui habituel « mais il faut qu'il soit lourd, je sens alors que je tiens quelque chose de ferme, quand il est vide je ne peux pas avancer ». Bo... se borne à transporter avec elle un petit banc pour s'asseoir dessus s'il le fallait et cette perspective le rassure. Une autre femme de 35 ans. Fie..., a besoin de s'appuyer sur son parapluie « avec mon parapluie j'irai n'importe où, sans mon parapluie je n'ai plus d'équilibre, il n'y a que l'épicier du coin chez qui je peux aller sans parapluie ».
Tous ces détails se trouvent bien précisés par l'observation de Jean. Il a constamment besoin d'avoir un appui matériel du côté gauche et se tient toujours la main gauche fortement accrochée à quelque meuble ou quelque objet. Si ce point d'appui lui manque dans les salles de cours par exemple il sent un creux, un vide à gauche qui peut devenir effroyable. Il n'a pas précisément la peur d'une grande place quelconque, mais il a des phobies terribles quand il est dans un quartier éloigné, loin de sa maison et surtout loin de son médecin. C'est pour la même raison que le s -jour à la campagne lui fait horreur : « Les médecins de la campagne ne connaissent pas ces affections-là, il faudrait des heures et des jours pour leur expliquer ma maladie et je ne pourrais pas le faire. C'est horribled avoir le fou rire labourant les nerfs, le fantôme de la mort, le cœur excité loin de tout médecin compétent. » A Paris le parc Monceau a le privilège de déterminer la même impression parce qu'il ressemble à la campagne. Jean a encore les mêmes phobies quand il se sent tourné vers telle ou telle direction, quand il est dans un chemin de fer en marche, quand il est dans une chambre trop petite, dans une salle de conférences, etc. Dans les lieux découverts, il a besoin de sentir toujours une protection ; dans les lieux fermés, il faut qu'il voie toujours une sortie facile : il ne consent jamais à avancer dans une salle de conférences, car il faut qu'il se tienne toujours très près de la porte.
Je n'ajouterai plus que l'observation de Dob...(85) sur laquelle il faudra revenir à propos de l'angoisse. Cette jeune femme de 33 ans a des accès d'angoisse qui la prennent des qu'elle est seule dans la rue; ces accès ont commencé à l'âge -de I2 ans et
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vont toujours eu aggravant. Ce qu'elle redoute c'est en soiiune un accès de lolie « qui la feiait courir' comme une folle, la ferait causer du scandale en public ». Elle a moins peur la nuit, parce qu'on ne la verrait pas si elle était folle, on voit ici l'obsession de honte; elle préfère les rues où il y a des boutiques afin de pouvoir s'y réfugier, c'est ma'inlenunt le senliincut du besoin de protection.
A l'agoraphobie doit se rattacher une autre phobie, celle des endroits clos, la claustrop/iobie^sigunlée ^ar Beard de New-York, par Raggi de Bologne et décrite par Bail en 1879 '.« C'est, dit Cullcrre, une angoisse constrictive comparable à celle qu'on pourrait ressentir en rampant à travers un passage de plus en plus étroite » On peut y rattacher bien des faits du même genre, la phobie d'être dans un théâtre, la phobie d'être dans un chemin de fer que l'on ne peut pas faire arrêter, etc;, dans une voiture, l'amaxophobie(a;j,aCa, voiture) si on veutconserver ce mot de BalP.
C'est ainsi que Rt... (gS) « a une peur terrible d'étouffer dans les voitures qui sont des petites boites fermées, dans les Avagons de chemin de fer qui passent dans les tunnels ». Xo... n'a pas peur d'étoufler en chemin de fer, mais il craint d'être indisposé dans le wagon sans pouvoir sortir et il ne peut plus faire aucun voyage sans de terribles angoisses. Nae... (94) fait des scènes épouvantables quand il faut la mettre dans une voilure ou dans un waoon : elle veut que la porte .reste ouverte et elle menace à chaque instant de s'élancer au dehors. Tantôt la voiture ne va pas assez vite, tantôt elle va trop vite, ou bien une autre voiture s'approche trop près; elle prie qu'on la retienne pour qu'elle ne s'élaïu-e pas au dehors et quand on la retient elle étouffe et il faut lui iaire respirer de l'éther. Les scènes les plus curieuses ont Heu quand elle est dans sa chambre et qu'il pleut fortement au dchois, elle regarde la rue, s'efiVaye de l'eau qui toinbe, pense qu'elle ne pourra plus sortir parce qu'il y a trop d'eau, que l'eau va monter au premier étage puis au quatrième où elle est, qu'elle seia noyée contre le plafpnd ; la respiration lui manque, elle