Magnan et Legrain, Les Dégénérés (coll. Charcot-Debove
tiens, etc. Ces phénomènes, qui ne sont, à l’état normal, qn’un état réactionnel en face de situations mentales bien déterminées, ne sont encore, au cours des syndromes morbides, cpie des états réactionnels dont l’intensité est précisément due à l’excès d’émotivité, à l’émotivité pathologique des sujets. Donc, si le sympathique intervient,, il le fait secondairement et non primitivement. Il obéit à la situation mentale au lieu de la commander. Bien des circonstances démontrent, d’autre part, que le syndrome est avant tout un état cérébral. L’onomatomanie, la folie du doute, le délire du toucher, l’écholalie, sont, sans aucun doute, des troubles du fonctionnement de l’écorce. Enfin, rappelons que les phénomènes émotionnels ont une intensité très variable, qu’ils sont souvent réduits à peu de chose et que, dans certains cas même, ils disparaissent, en laissant le syndrome suivre son cours, pour ne réapparaître qu’au moment du paroxysme. »
En Angleterre enfin, Mickle* soutient une thèse analogue. Il commence par constater que, selon les cas, il semble y avoir, dans les obsessions, prédominance du trouble de la pensée, de celui de la volonté ou de celui de la sensibilité, d’où l’habitude qu’il a prise de dire qu’elles constituent le groupe des trois D : Doubt (doute), Dread (crainte), Deed (acte). Mais, en réalité, c’est l’idée qui prévaut toujours : « L’idée impérative, dit-il, est le grand facteur, les troubles émotifs pouvant être considérés comme se-
I. J. Mickle, Mental besetments or obsessions. Mental Science, oct. 189G.
condaires et dus au conflit entre l’idée et la volonté. » Et ailleurs : « Que la pensée impérative soit supérieure et antérieure à l’état émotif, cela se concilie avec la place nosologique que nous attribuons aux obsessions. »
A côté des auteurs qui, comme on le voit, subordonnent nettement l’émotion à l’idée dans l’obsession, il en est d’autres qui lui donnent, au contraire, la première place.
Tel Berger \ qui déjà en 1878 regardait l’obsession comme une névrose émotionnelle.
Tel aussi Friedenreich^, qui admet que l’émotion est, en règle générale, le fait primitif ; que, des deux phénomènes, idée obsédante et angoisse, le second est le plus important parce qu’il peut être distinct de l’autre, représentant un symptôme de l’état neurasthénique qui est à l’origine de toute obsession.
Tel encore Hans Kaan®, qui partage cette opinion et considère même l’angoisse comme le point de départ nécessaire de l’idée obsédante.
De leur côté, Schuele^ et Wille® insistent sur le rôle de l’émotivité. Ce dernier montre que l’anxiété peut précéder l’idée obsédante ou en être indépendante et déclare que, pour lui, les troubles émotionnels font partie intégrante de l’affection.