I. E. Régis. A. propos du parricide, loc. cit
ÉTIOLOGIE
Les impulsions de la seconde catégorie, les crimes des foules, bien qu’au fond du même ordre, méritent une mention à part, par les conditions toutes spéciales dans lesquelles elles naissent et s’exécutent aussi bien que parles graves conséquences, quelquefois d’ordre social, qu’elles entraînent. Elles ont été savamment étudiées dans ces dernières années et le sont encore, car la question est toute d’actualité, par SciPIO SiGHELE, FoURXIAL, TaRDE, GuSTAVE Le Box, Nina Rodrigues, etc.
Ces grands mouvements impulsifs nous semblent soumis dans une certaine mesure, eux aussi, aux causes provocatrices habituelles de toute folie à deux et il est certain que parmi eux, les uns sont de véritables impulsions communiquées par influence suggestive des actifs aux passifs, des meneurs aux menés, tandis que les autres sont des impulsions beaucoup plus soudaines, spontanées, nées pour ainsi dire brusquement et simultanément dans « l’âme des foules », sous l’influence d’une émotion commune.
Dans les deux cas, la contagion est d’autant plus rapide, d’autant plus intense, d’autant plus violemment extériorisée que les impressions, dans une foule, semblent, comme l’ont bien vu Sighele et Tarde, se totaliser et se décupler en proportion du nombre des individus qui la composent. Pris isolément, ces individus sont calmes et inoffensifs; agglomérés, la moindre étincelle suffit à les enflammer et à les porter aux pires actions.
D’autre part, cela est frappant dans les crimes des foules, le rôle prépondérant sinon dans i’inspi-
ration au moins dans l’exécution est joué par les faibles, ou pour mieux dire, par les plus excitables et les plus impulsifs : les déséquilibrés et les femmes.
Enfin l’impulsivité, dans les réactions des foules, tourne facilement non seulement à la cruauté extrême, raffinée, mais encore et surtout, au sadisme. Il suffit, pour s’en convaincre, de se rappeler dans leurs détails certains drames comme ceux de l’assassinat de l’ingénieur Watrin, mutilé de façon atroce, lors de la grève de Decazeville, et surtout les scènes inoubliables de flagellations et de violences sexuelles publiques sous la Révolution, que vient de reproduire en détail le D'’ Quergy b