II. — Diagnostic
Le diagnostic des impulsions comprend plusieurs éléments. Le premier consiste à distinguer la tendance impulsive des autres tendances psychopathiques. Il faut se garder en effet, et c’est là une erreur commune, de confondre dans le cadre des impulsions la plupart des actes des aliénés. Tous ces actes ne sont pas, tant s’en faut, des actes impulsifs. Beaucoup sont prémédités, préparés, voulus, froidement et énergiquement accomplis, en un mot d’origine pathologique mais de processus normal. Le terme impulsion doit donc être réservé aux seules tendances qui se présentent avec les attributs propres à l’impulsion et que nous avons indiqués plus haut, à
I. D'' Qüercy. La pathologie de la Révolution. La médecine internationale illustrée, 1901.
DIAGNOSTIC
celles, en particulier, qui s’exécutent en dehors de la volonté ou malgré elle et de façon impérieuse ou même irrésistible. Hors de là, il n’y a point d’impulsion.
Reste à distinguer les impulsions suivant les états morbides auxquels elles se rattachent, et ce n’est pas là le côté le moins intéressant de leur diagnostic. En clinique, en effet, tout état morbide donne son cachet particulier aux symptômes qui en dépendent. Il en est ainsi et surtout, peut-être, des impulsions, ainsi que nous l’avons vu en parlant de leur séméiologie. Les impulsions de la dégénérescence, de l’épilepsie, de l’hystérie, de la démence ont, dans leur ensemble, un type distinct.
Ce cachet d’origine peut n’avoir qu’une utilité pratique relative lorsque la maladie fondamentale est évidente. Mais lorsque, ce qui arrive parfois, elle est plus ou moins masquée et que le diagnostic doit être fait par l’examen de la seule impulsion, c’est-àdire lorsqu’il faut remonter de l’impulsion à l’état morbide sous-jacent, il acquiert une valeur de premier ordre. Cela est surtout vrai lorsqu’il s’agit de différencier une impulsion d’épilepsie non convulsive d’une impulsion de dégénérescence ou d’hystérie. M. Parant, dans son excellent rapport déjà cité, a insisté tout spécialement sur ce point et montré que lorsqu’ils existent en bloc et forment un tout homogène, les caractères d’instantanéité, de rapidité, de violence, d’inconscience, d’amnésie, de périodicité de l’impulsion épileptique n’appartiennent qu’à elle et permettent de fixer l’opinion et d’asseoir un bon diagnostic.
Nous avons vu également à propos de la fugue que
ses particularités symptomatiques étaient le plus souvent assez typiques pour déceler la névrose originelle.
On voit, par ces exemples, combien il importe de préciser l’état morbide qui sert de base aux impulsions et sur quelles données il convient de s’appuyer, dans la pratique, pour aboutir à ce résultat.