‹ Les Obsessions et les impulsions, par les Drs A. Pitres,... E. RégisChapitre 15 sur 114 · CO^■CEPTIO^■ PSYCHO-PATHOLOGIQUE I I · texte numérisé non relu

CO^■CEPTIO^■ PSYCHO-PATHOLOGIQUE I I

de l’émotivité pathologique, en particulier les phénomènes vaso-moteurs.

Autre preuve encore. Il est des obsédés, et ils sont nombreux, chez lesquels l’objet de l’obsession est multiple ou se modifie, s’il est unique. Les uns, par exemple, ont commencé par la phobie de la rage; plus tard, ils ont la phobie de la malpropreté, puis celle des pièces de monnaie, etc., etc. D’autres ont à la fois, en même temps, plusieurs obsessions. Or, ce qui varie chez eux, soit successivement, soit simultanément, c’est le phénomène intellectuel, sentiment ou idée. Ce qui ne varie pas, ce qui reste immuable et constant, c’est le phénomène émotif, c’est l’anxiété.

Il convient de faire remarquer aussi, avecM. Séglas, que, dans nombre de cas, les obsessions débutent par une phase d’angoisse pure et, avec Dallemagne, qu’elles finissent souvent de même par une phase d’angoisse analogue, après la disparition de l’idée fixe.

Notons enfin que si .l’émotion n’était qu’une réaction de l’idée fixe, son intensité devrait nécessairement être en raison directe de l’intensité de cette dernière., Or, c’est le contraire qui est plutôt vrai, car on peut dire, en thèse générale, que les symptômes émotionnels s’atténuent dans l’obsession, au fur et à mesure que ceUe-ci tend à s’intellectualiser.

Ij'' obsession est donc, comme l’avait vu Morel, et comme nous l’avons - soutenu dans notre rapport au Congrès de Moscou, un état morbide foncièrement émotip.

I. Les travaux publiés depuis cette époque sur ce sujet n’ont pas modifié notre opinion. Les principaux sont les suivants :

Caractères généraux des états obsédants. — Définition des obsessions. — L’émotivité varie suivant les

■ — Vallon et Marie, Contribution à l’étude de quelques obsessions. Congrès international de Moscou, 1897.

— Julius Donath, Zur Kenntniss des Anancasmus ; psychische Zwangszustande. Archiv. für Psychiatrie, t. XIX, 1897.

—- Lôwenfeld, Zur Lehre von der neurotisehen Angstzustande. Münchener medizinische Wochenschrift, 1897. — Du même : Obsessions musicales. Centralhlatt f. Nervenheilkunde, 1897.

— Ferrari, GU stati emotivi nelli genesi delV ossessioni e dei deliri sistematizzati. Ossessioni e allucinazioni. Rivista sperimentale di Freniatria, t. XXIII, 1897.

— Mendel, Ueber Zwangvorstellungen. Neurologisches Centralblatt, 1898.

— Hartenberg et Valentin, Le rôle de l’appareil cardiovasculaire dans la pathogénie de certaines phobies. Congrès des aliénistes et neurologistes. Angers, 1898.

— Pierre Janet et Raymond, Névroses et idées fixes, 2 vol. in-8. Alcan, édit. Paris, 1898.

— Marie et Vigouroux, Étude clinique sur l’obsession. IX® Congrès des médecins aliénistes et neurologistes. Angers, 1898.

— Lœwenfeld, Wciter e Beitrage zur Lehre von des psychischen Zwangzustande. Archiv. für Psychiatrie, t. XXX, 1898.

— Gattel, Ueber die sexuellen Ürsachen des Neurasthénie und Angstneurosen. Berlin, 1898.

— L. Bianchi, Suite idee fisse. La Clinica moderna. Pise, 1898.

— SciAMANNA, Ossessioni e idee fisse. Rivista de Psicologia, Psichiatria e Neuropatologia, 1898.

— L. Faure, La thérapeutique des obsessions. Thèse de doctorat. Paris, 1898.

— Tuczek, Sur les obsessions. Berliner klin. Wochenschrift, 1899, no 6.

— Carrier, Contribution à l’étude dès obsessions et des impulsions à l’homicide et au suicide chez les dégénérés au point de vue médico-légal. Thèse de Paris, 1899.

— - Kéraval, L’idée fixe. Archives de Neurologie, juillet-août

CARACTÈRES GÉA'ÉRAUX

individus, et il en est qui sont doués, à cet égard, d’une susceptibilité particulière: Ce sont les émotifs.

— Karl Heilbronner, Ueber progressive Zwangvorstellungspsychosen. Monatschrift für Psychiatrie aus Neurologie, t. V,

— Athanasio, Des obsessions en pathologie mentale. Archives des sciences médicales de Bucarest, t.'IV, 1899.

— Massaro, Contribuzione aile patagenesi dette ossessioni mentali. Il Pisano, 1899.

— Bechterew, Sur les obsessions et illusions importunes. Revue de l’Hypnotisme, septembre 1899.

— Doguet, Contribution à. l’étude de la peur et des phobies. Etude pathogénique, étiologique et nosologique. Thèse de Lyon, 1899-1900.

— Hartenberg, Corrélations psycho-sexuelles. Revue de psychologie clinique et thérapeutique, juin 1900, et Histoire et traitement d’un cas de phobie. Ibid., juillet 1900.

— G. Touraùer, Essai d’une classification étiologique des névroses. Archives d’anthropologie criminelle, janvier tpoo.

— Hoche, Sur les obsessions. Allgemeine Zeitschrift für Psychiatrie, 1900.

— L. Haskovec, Contribution à la connaissance des idées obsédantes. XIII^ Congrès international de médecine. Paris, 1900. Section de Psychiatrie.

— Edward-B. Angell, Les idées impératives chez les individus dont l’esprit est sain et leur traitement. The Journal of nerv^ous and mental discase, avril 1900.)

— B. Salemi Page, Ossessioni, Ide fisse e Volontà, dal punto di vista psicologico, giuridico e sociale. Palermo, 1900.

—• Bechterew, Du vomissement obsessif. Obozrénie psichiatrii, V, 1900, et Neurolog. Centralblatt, XIX, 1900.

— Krafft-Ebing et P. Garnier, Rapports sur la question des perversions sexuelles obsédantes et impulsives au point de vue médico-légal. XIII® Congrès international de médecine. Paris, 1900. Section de Psychiatrie, p. 4.i8 et 43o.

— Arnaud, Sur la théorie de l’obsession. Congrès des médecins aliénistes et neurologistes. Session de Limoges, 1901.

Il n’y a encore là qne des différences physiologiques, des idiosyncrasies. Mais accidentellement, sous l’influence de causes occasionnelles surtout déprimantes, de violents chocs moraux, par exemple, l’émotivité peut franchir un degré de plus et devenir pathologique.

Ch. Féré, tout en montrant qu’il est impossible de tracer la limite, dit toutefois qu’on peut considérer une . émotion comme morbide ; « i“ lorsque ses accompagnements physiologiques se présentent avec une intensité extraordinaire ; 2° lorsqu’elle se produit sans cause déterminante suffisante ; 3 “ lorsque ses effets se prolongent outre mesure. » Et il se résume en disant : « L’émotivité morbide me paraît caractérisée par le fait qu’elle entraîne à des réactions mal adaptées à l’intérêt de l’individu ou de l’espèce. »

Pour Ribot, l’émotion morbide présente un ou plusieurs des caractères suivants : « Elle est en disproportion (apparente) avec sa cause ; elle est chronique ; ses concomitants physiques ont une intensité extraordinaire. »

L’émotivité pathologique, on le voit, n’est pas facile à définir psychologiquement. Elle varie d’ailleurs d’un sujet à l’autre non seulement en quantité

— G. Sergi, Les émotions. O. Doin, Paris, 1901.

— Hartekberg, La névrose d’angoisse. Revue de médecine, juin, juillet, août 1901 et i vol. Alcan, Paris, 1902.

— Friedmann, Ueber Zwangsvorstellungen und fixe Ideen. Bericht über die XXXII Versammlüng südwest-deutscher Irrenârzte zu Karlsruhe 2 ünd 3 novemher 1901. Gentralblatt für Nervenheilkunde und Psychiatrie, i5 Januar 1902.

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