‹ Les Obsessions et les impulsions, par les Drs A. Pitres,... E. RégisChapitre 21 sur 114 · I. S. Freud, Obsessions et Phobies. Rev. neurol., 3o janvier · texte numérisé non relu

I. S. Freud, Obsessions et Phobies. Rev. neurol., 3o janvier

ATTAQUE ATs’XIEUSE

tuels de l’émotivité morbide, particulièrement du côté de la respiration, de la circulation, de l’innervation vaso-motrice, de l’activité glandulaire.

Attaques rudimentaires. Équivalents de l’attaque. — Freud observe avec raison que les modes d’association de ces symptômes sont extrêmement variables et qu’il peut y avoir prédominance des uns ou des autres dans l’attaque, qui se traduit surtout alors par une crampe cardiaque, de la dyspnée, des sueurs profuses, de la boulimie, etc. Il est conduit ainsi à admettre des « attaques rudimentaires d’angoisse » et des Ci équivalents de l’attaque d’angoisse » analogues aux « états larvés d’angoisse de Hecker », parmi lesquels il distingue surtout :

1 ° Les attaques cardiaques, dont le type est la pseudo-angine de poitrine ;

2 ° Les attaques respiratoires, sous forme de dyspnée nerveuse ressemblant à des accès d’asthme ;

3° Les attaques de sueurs profuses, souvent nocturnes ;

4“ Les attaques de secousses et de tremblements, susceptibles d’être confondus avec les tremblements hystériques ;

5® Les attaques de boulimie ;

6“ Les attaques de diarrhée ou de polyurie ;

7 ® Les attaques vaso-motrices ;

8“ Les attaques de paresthésies ;

9® Les attaques de frayeurs nocturnes et de réveil angoissant ;

lo® E nfin , les attaques de vertige, variables d’intensité et de forme, mais appartenant aux vertiges locomoteurs ou de la coordination, et pouvant être remplacées par des pertes de connaissance. ^

U angoisse, qui domine dans ces divers états, est une émotion complexe formée d’un mélange de crainte et de doute. On est angoissé quand on attend un événement qu’on appréhende, quand on redoute une catastrophe imminente qu’on ne peut pas éviter. Alors la gorge se serre, le cœur se gonfle, la respiration devient. difi&cile et entrecoupée. Ces concomitants physiques de l’angoisse sont inséparables du trouble psychique, fait d’inquiétude et d’affolement, qu’ils accompagnent : sans eux l’angoisse n’existerait pas. h'anxiété a beaucoup d’analogies avec l’angoisse. Littré définit l’angoisse d’esprit : « un état de trouble et d’agitation avec sentiment de gêne et de resserrement à la région précordiale ». En réalité, les deux mots sont à peu près synonymes. Dans le langage courant, le mot angoisse correspond purement et simplement à un état émotif plus accentué que le mot anxiété, mais au fond, de même nature.

L’anxiété, dans les phobies diffuses, peut se porter sur une infinité de sujets et d’objets. C’est tantôt un doute, tantôt une interrogation, tantôt un scrupule, tantôt une crainte quelconque. Attente, doute, interrogation, scrupules, remords, etc., se combinent d’ailleurs, dans beaucoup de cas, en proportions variables, de façon à former des tableaux cliniques d’une infinie variété d’aspect.

Observations. — Les observations suivantes donneront mieux que toute description didactique fine idée précise des différentes formes de l’anxiété panophobique : on remarquera en les lisant que la panophobie s’y montre tantôt comme un phénomène primitif, tantôt comme un phénomène secondaire. Dans le

OCSERVATIO?îS

premier cas elle se constitue d’emblée, dès le début des accidents, sous la forme d’anxiété diffuse, vague, flottante ; dans le second elle ne survient que tardivement après que le malade a eu des séries plus ou moins longues de craintes maladives systématisées.

Mais avant de relater nos propres observations, nous rappellerons le fait cité par Morel dans son mémoire si remarquable ^ : celui de ce banquier que les incidents les plus futiles de la vie plongeaient dans un état émotionnel angoissant. Il ne pouvait assister à une représentation des Italiens sans être pris, à l’audition de certains morceaux, de pleurs et de sanglots, qui l’obligeaient à quitter la salle. Dans sa collection de tableaux, il en était dont il ne pouvait faire ressortir les beautés aux amateurs qui venaient lui rendre visite sans se livrer à des crises de larmes. A la moindre indisposition de son neveu, il se roulait de désespoir sur un canapé, prenait les mains de son médecin et le suppliait de sauver ses jours qui n’étaient nullement en danger. Dans une propriété qu’il avait louée aux environs de Paris, il élevait des grenouilles et payait un garde pour veiller à la sûreté de ces batraciens. Un jour il aperçoit un de ces animaux étendu sans mouvement : l’émotion qu’il en ressentit détermina une crise de larmes, de sanglots, un véri- - table accès de désespoir, etc.

Observation I. — Anxiété diffuse avec phobies obsédantes momentanées. — M. X..., 47 ans. Père mort à 79 ans de

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