I. Morel, Loc. cit., p. 55o
façon générale, l’obsession aboutisse très fréquemment à l’exécution d’un délit ou d’un crime. Tout en admettant que le sujet puisse, après avoir épuisé dans une longue lutte toutes les résistances de sa volonté, se laisser finalement entraîner, nous croyons que d’babitude il n’en est pas ainsi, et que, soit spontanément, soit grâce à l’appoint d’un soutien moral, de bonnes paroles d’encouragement, ou de tout autre moyen de protection, l’impulsion reste heureusement chez lui à l’état statique. Si l’entraînement était waiment irrésistible, il ne suffirait pas, comme cela arrive souvent, pour l’empêcher, même durant les crises aiguës, soit de quelques mots, soit d’un simple ruban entourant les pouces ^ Cela ne peut être efficace que chez les obsédés qui ont bien plus besoin d’être rassurés contre eux-mêmes que maintenus contre leur impulsion, et, pour bien marquer la différence, nous demandons de quelle utilité pourrait être, chez des aliénés vraiment impulsifs, même lucides, comme certains persécutés et certains mélancoliques, de douces paroles ou un ruhan ?
Si l’obsession impulsive aboutit parfois au délit ou au crime, ce qu’il est impossible de nier, c’est seulement dans des cas déterminés, en particulier dans les cas où l’obsession n’est pas pure et où il s’y joint un autre facteur, tel que : dégénérescence marquée, affaiblissement intellectuel, intoxication alcoolique, morphinique ou autre, idée délirante, contagion par l’exemple ou les journaux, attraction trop forte et enivrement de l’étalage, etc. C’est faute d’a-