I. Magnan et Legea.in, Les dégénérés, Rueff, Paris, iSgS
que d’une accalmie incomplète et momentanée. Plusieurs de nos malades nous ont déclaré que quand ils s’étaient laissés aller à leur impulsion, ils éprouvaient à la vérité un soulagement passager de par la cessation de leur angoisse, mais que ce soulagement était gâté par l’ennui d’avoir cédé. Sans compter que le plus souvent une défaillance en entraînait d’autres et que la première impulsion était suivie d’une série d’impulsions. Quand, au contraire, ils avaient efficacement résisté, l’angoisse persistait un certain temps encore, mais cette angoisse disparaissait bientôt, et il ne restait plus que la satisfaction du triomphe avec une plus grande confiance en soi.
Obsessions inhibitoires. — Pour en finir avec ce qui a trait aux obsessions motrices, nous devons dire un mot des obsessions abouliques qui représentent les formes inhibitoires des états que nous venons d’étudier sous la forme dynamogénique.
Morel ^ avait incide mm ent signalé ces faits, étudiés par Billod sous le nom de lésions de la volonté. « Le jour de son mariage, dit-il d’un de ses malades, on le chercha le soir des heures entières ; on le trouva blotti au grenier derrière un vieux meuble. La crainte du tête-à-tête avec sa jeune femme avait suffi pour suspendre chez lui l’exercice de la volonté et amener un de ces faits d’automatisme stupide dont j’ai vu. tant d’exemples chez ces êtres émotifs, comme de rester fixes devant une porte sans oser l’ouvrir, devant une lettre sans la décacheter, devant