‹ Les Obsessions et les impulsions, par les Drs A. Pitres,... E. RégisChapitre 49 sur 114 · James, Mind · texte numérisé non relu

James, Mind

2. Lange, Les émotions, étude psychophysiologique. Traduction du D"’ Georges Dumas. Alcan, Paris, 1896.

3. Ribot, La psychologie des sentiments. Bibliothèque contemporaine, Alcan, Paris, 1896.

4. Freud, La névrose d’angoisse. Neurologisches Gentralblatt, i5 janvier 1895.

5. Wernicke, Les psychoses angoissantes. Allg. Zeitschrift für Psychiatrie. B. 53, H. 1895.

même de l’évolution scientifique, à la conception de Morel, ce clair génie de la psychiatrie française qui a décrit en 1866 les obsessions sous le nom de délire émotif et les a rattachées à une névrose du système nerveux ganglionnaire h

L’état actuel de nos connaissances ne permet pas de se prononcer encore et on ne peut que souhaiter de voir les recherches s’engager dans le sens de celles de Lange, Klippel et Dumas c’est-à-dire à la fois dans la voie psychologique et dans la voie expérimentale. Mais ce qui est évident déjà, c’est que le rôle de l’émotion dans certains états psychopathiques, comme l’obsession, est plus considérable qu’on ne le croit généralement, plus considérable même que celui de l’idée fixe, et que, dans ces états, les phénomènes vaso-moteurs ne font jamais défaut, à côté du phénomène émotionnel proprement dit.

C’est à ce point de vue, c’est-à-dire au point de vue des rapports de l’élément mental et de l’élément affectif de l’obsession, de l’idée fixe et de l’émotion, que l’étude des phobies qui oiit pour objet une des manifestations plus ou moins directes de la fonction vaso-motrice, telles que la rougeur, la pâleur, la sueur, la miction, la défécation, etc., est, ainsi que nous le disions plus haut, particulièremeut intéressante.

Nous n’avons pu, l’attention n’étant pas encore suf-

1. Morel, Le délire émotif, névrose du système nerveux ganglionnaire. Arch. gén. de médecine, 1866.

2. Klippel et Dumas, Des paralysies vaso-motrices dans leurs rapports avec l’état affectif des paralytiques généraux. Comptes rendus du Congrès des aliénistes et neurologistes de Bordeaux, t. II, Masson, 1896.

l’oBSESSIOK de la rougeur l'^g

fisamment attirée sur ce point au moment où nous recueillions nos observations, étudier expérimentalement les réflexes vaso-moteurs chez nos obsédés, soit durant la crise paroxystique de rougeur, soit dans Fétat interparoxystique. Nous pouvons néanmoins tirer des faits quelques déductions de psychologie clinique.

Et d’abord, il est incontestable que dans tous les cas la tendance à la rougeur émotive précède, parfois de plusieurs années, la crainte de rougir, et cela, non seulement chez les éreuthosiques simples, mais aussi chez les vrais éreuthophobes qui, nous l’avons vu, rougissent depuis l’enfance, alors qu’ils ne commencent à s’en inquiéter réellement qu’à dater de la puberté, c’est-à-dire de l’éveil des fortes impressions affectives. C’est donc la tendance excessive à rougir, tendance ordinairement innée et héréditaire, qui ouvre d’abord la scène ; puis survient le sentiment de confusion, jusque-là peu marqué, et, enfin, l’idée fixe, qui se greffe sur ce complexus émotif comme une sorte de complication. L’ordre de succession des phénomènes est donc le suivant : phénomène vaso-moteur (rougeur) ; phénomène émotif (confusion); phénomène intellectuel Çiàée fixe).

D’autre part, si l’on envisage la maladie non plus dans la succession de ses phénomènes, mais au point de vue de la gravité croissante de ses diverses modalités, la même dissociation des trois éléments qui la composent se retrouve et dans le même ordre.

Ainsi Véreuthose simple^ nous l’avons vu, n’est autre que la tendance excessive à rougir, innée ou acquise, sans émotion morbide et sans idée fixe, c’est-

à-dire la maladie réduite à son élément vaso-moteur.

h'‘éreuthose émotive, elle, est la tendance à rougir avec émotion morbide, sans idée fixe, c’est-à-dire la maladie avec ses deux éléments vaso-moteur et affectif.

h’éreuthophobie, enfin, est la tendance à rougir avec émotion morbide et idée fixe, c’est-à-dire la maladie au complet, avec ses trois éléments vaso-moteur, affectif, intellectuel.

On retrouve donc, dans l’ordre de gravité des formes morbides comme dans l’ordre de succession des symptômes, la rougeur à la base, et l’idée fixe au sommet, à titre de couronnement possible de l’édifice pathologique.

Ajoutons aussi que la rougeur et la peur de rougir ne sont nullement en proportion constante et directe ; une disposition fréquente et violente à la rougeur, même avec réaction affective intense, peut coïncider avec une absence complète d’idée fixe, et, d’àutre part, une préoccupation mentale très vive peut accompagner une disposition des plus légères à rougir. Toutes ces constatations sont en accord avec la théorie actuelle de l’émotion.

Un fait, toutefois, semble plaider contre l’antériorité et la prépondérance absolues, dans la phnbie de la rougeur, de l’élément affectif. C’est que les crises de rougeur, une fois l’obsession créée, sont généralement engendrées par « l’idée » de rougir, c’est-à-dire par l’élément intellectuel. La plupart des malades, nous l’avons vu, sont très précis sur ce point. Il suffit qu’ils pensent qu’ils vont rougir, pour que la rougeur apparaisse, à moins qu’ils ne parviennent à la

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