Burgeps,- The physiology or mechanism of blushing
2. Camille Mélinand, Pourquoi rougit-on? Revue des Deux- Mondes, i®*’ octobre 1898.
8. Duboux, Bulletin de la Société médicale de la Suisse romande, sept. 1874, P- 817.
timent qu’il éprouve en sentant sa face s’empourprer est pénible et humiliant ; il cherche à refouler cette bouffée sanguine; ses efforts sont inutiles et vont même directement contre leur but ; la rougeur n’en devient que plus intense. Il redoute d’être exposé de nouveau à une confusion pareille : le fait de l’appréhension et de la résistance amène une rougeur plus intense que celle de la honte. Il sait maintenant qu’il suffit de craindre de rougir pour rougir ; il ne pourra s’empêcher de craindre de rougir. Lorsqu’il se sentira exposé aux regards, particulièrement à ceux de l’autre sexe, la crainte de rougir viendra l’assaillir et la honte anticipée empourprera son visage. Toute lutte est inutile ; sous l’influence de la volonté, la face peut présenter d’abord une pâleur légère, remplacée Tientôt par la rougeur redoutée. Il pourra même arriver que seul, à l’abri de tout regard, l’individu rougisse, s’il craint pour son cerveau, par exemple, l’influence de la congestion. Cette crainte constante, à chaque instant réalisée, devient pour l’individu un supplice de Tantale renversé ; auparavant l’homme peut-être le plus hardi et le plus sociable, il deviendra d’une timidité et d’une sauvagerie ridicules ; il évitera toutes les occasions de se produire ; il recherchera la solitude. Ses devoirs de société et quelquefois ses devoirs professionnels lui deviendront horriblement pénibles : sa vie sera littéralement brisée par une niaiserie.
« Existe-t-il quelque moyen de prévenir cette rougeur produite par la crainte de rougir ? Théorique^ ment, oui; il suffit de ne pas craindre. Mais là est précisément le difficile.
l’obsession de la rodgeur 189
(( Cette sorte de névrose ou de psychose, moins rare qu’on ne pourrait le croire, est surtout fréquente chez les femmes. Parmi les individus affectés, je connais un certain nombre de personnages éminents dans les sciences ou la politique, entre autres un physiologiste célèbre que toute sa science ne préserve pas, et dont la timidité est proverbiale ».
Voilà ce que dans le passé, et en y revenant après coup, nous trouvons de plus précis, comme considérations générales, sur l’état morbide qui nous occupe.
Ce n’est d’ailleurs pas seulement vis-à-vis des auteurs qui nous ont précédés que nous avons à défendre notre priorité en l’espèce, c’est aussi vis-à-vis de ceux qui nous ont suivis. Dans quelques-unes des bibliographies récentes sur l’éreutbophobie, en effet, même françaises, nous figurons à tort après Bech-
TEREW.
Cela provient de ce que notre travail, cité là comme paru dans le numéro de janvier 1897 des Archives de neurologie, où il a été effectivement publié tout à fait in extenso, avec observations, date en réalité de six mois avant, ayant été communiqué au Congrès français des aliénistes et neurologistes de Nancy le 5 août 1896 et reproduit à ce moment par les grands journaux médicaux, où tout le monde a pu le lire ; tandis que, par une erreur inverse, le premier travail de Bechterew^, paru dans le numéro de décembre 1896 derObozréniépsichiatrii, neurologuii, a été donné par Giese ‘ et après lui par d’autres tels
I.. Gièse (de Saint-Pétersbourg), Neurologisches Centralblatt, 1897, n® 7, p. 826.
LES OBSESSIOISS
que Friedlander, comme datant du mois de décembre 1895.
Notre apport à la question, déjà énoncé du reste dans des travaux précédents, est donc antérieur de 5 mois à celui de Bechterew^ et le fait est d’autant moins contestable qu’entre le nôtre et le sien s’én placent trois autres : ceux de Campbell (septembre 1896), de Breton (octobre 1896) etdeBÉONiER (novembre 1896), dont les deux derniers s’inspirent nettement de notre publication déjà courante. La thèse de notre élève Régnier, surtout, qui a pour titre : de VÉreuthophobie ou Obsession de la rougeur émotive et que nous n’avons vue citée nulle part, pour ainsi dire, est un travail très important de 120 pages, avec 1 3 observations, formant le complément naturel de notre communication au Congrès de Nancy, en août 1896
Bonne ou mauvaise, l’introduction dans la nosographie psychiatrique de l’obsession de la rougeur
I. Nous n’en finirions pas si nous voulions relever toutes les erreurs commises dans l’historique de cette malheureuse obsession. Friedi.ander, dont l’article, bien que très documenté, contient plusieurs inexactitudes et qui n’a pas vu notamment que la description de Vespa, à laquelle il renvoie, n’est en grande partie que la reproduction de la nôtre, assure aussi que le mot érythrophobie a été employé pour la première fois en 1890 par M. Boucher. Or le terme proposé par M. Boucher est celui à’érythémophobie et c’est au Congrès de Moscou, en août 1897 et non à celui de Rouen, en août 1890, qu’il en a parlé. Notre ami, M. Hartenberg lui-même, par. un lapsus exceptionnel chez lui, a placé le Congrès de Nancy et par suite notre communication non en août 1896, mais en août 1897. On voit combien il est difficile de se reconnaître dans ce chaos de citations erronées et c’est ce qui explique et excuse nos rectifications.
l’obsession de la rougeur
ou, éreuthophobie, avec sa description spéciale, nous appartient donc sans conteste. Ce n’est là, nous le savons, qu’un très infime point d’histoire : encore était-il bon, puisqu’on s’en est tant occupé, qu’il fut définitivement éclairci ^.
I. La bibliographie relative à l’obsession de la rougeur, dressée et rectifiée aussi exactement que possible, depuis la première description que nous en avons faite jusqu’à l’beure actuelle est, par ordre de date, et, sauf erreur involontaire, la suivante :
1 . Pitres et Régis l’Obsession de la rougeur ou éreuthophobie. Congrès des aliénistes et neurologistes français. Nancy, 5 août
1896. Semaine médicale. Presse médicale, 22 août 1896. — Des mêmes ; l’Obsession de la rougeur ou éreuthophobie. Archives de neurologie, janvier 1897.
2. Campbell : Morbid Shyness. British medical Journal, septembre 1896.
3 . Breton : Un cas d’érjthrophobie obsédante. Gazette des hôpitaux, 20 octobre 1896.
4. Régnier : De Véreuthophobie ou obsession de la rougeur émotive. Thèse de Bordeaux, novembre 1896.
5 . Bechterew : Rougeur de la face comme forme particulière de trouble nerveux. Obozrénié psicbiatrii..., 1896, n® 12 (décembre) et Neurologiscbes Centralblatt, 1897, n° 9 (jer mai). — Du même : Nouvelles observations sur VEreuthophobie, Obozrénié..,
1897, n» 8 (août) et Neurologiscbes Centralblatt, 1897, n” 21 (ler novembre).
6. Dügas : La timidité. Revue philosophique, décembre 1896, et I vol., Alcan, 1898.
7. A. Hoche : A propos de l’historique de l’éreuthophobie. Neurologiscbes Centralblatt, 1897, n» ii (i^r juin). — Du même : Sur les obsessions. Vostraggehalten auf der 3 o Versammlung sûdwestdeutscber Irrenarzte in Frankfurt a. M., 18 et 19 novembre 1906.