Magnan et Legrain, Loc. cit., p. i
drotne n’a d’autre terminaison que la mort même du malade, non pas que le syndrome lui-même soit susceptible de la provoquer, mais parce que, s’incorporant d’une façon définitive à l’existence mentale des sujets, il les accompagne jusqu’à leur fin, à la manière d’un tic chronique, d’une infirmité incurable. »
On remarquera déjà chez Morel comme plus tard chez Magnan, cette tendance à la comparaison de l’obsession chronique avec le tic, comparaison que Charcot a poussée jusqu’à l’assimilation, lorsqu’il a appelé l’obsession un « tic de la pensée », mot tant de fois répété depuis. On pourrait dire nous semble-t-il, et avec plus de raison encore, de certains tics, que ce sont des obsessions du mouvement. Tout cela prouve une fois de plus, ainsi que nous l’avons déjà indiqué plus haut, les analogies et les liens qui unissent, cliniquement, ces deux syndromes.
Il nous paraît cependant y avoir un correctif à cette terminaison de l’obsession par persistance indéfinie. C’est la modification apportée parfois par l’âge. Il n’est pas rare, croyons-nous, d’après les faits que nous avons observés, que l’obsession s’atténue notablement lorsque les malades arrivent à toucher à la cinquantaine, soit que l’obsession persiste à l’état d’un simple résidu plus ou moins vague, soit qu’elle disparaisse même à peu près complètement.
Passage à la folie. — Une dernière terminaison ou, si l’on veut, une complication de l’obsession dont nous devons dire ici un mot parce qu’elle soulève une question discutée, est celle qui a trait à la folie.
Il a été généralement admis de tout temps, au moins en France, que les obsessions n’aboutissent pas
MARCHE. DURÉE. PRONOSTIC. TERMINAISON aSg
à la folie. C’est même là une des conclusions du rapport deM. J. Falret, adopté par le Congrès de 1889. C’est encore aujourd’hui l’opinion de la plupart des auteurs, en particulier celle de MM. Magnan et Legrain qui, après avoir signalé, dans les termes que nous indiquions tout à l’heure, les obsessions chroniques, ajoutent : « Mais, c’est un fait remarquable, jamais dans ces cas on n’observe la moindre modification du syndrome, qui reste toujours semblable à lui-même. Il n’évolue pas, il ne se transforme pas ; jamais il ne devient l’origine d’un délire proprement dit, comme on l’écrit quelquefois, en confondant l’idée obsédante avec l’obsession pure ; jamais il ne se termine par la démence. »
Cependant, cette opinion a des contradicteurs qui soutiennent que l’obsession a certains rapports avec la folie et qu’elle peut se terminer par quelque psychose, notamment par la mélancolie ou la paranoïa. De ce nombre sont : MetnertSchafer®, Wille”, Emmin- GHAus^, Kræpelin®, Wernicre®, ïuczeck’, Morselli*, Friedmann®, J. Micele s’élève fortement contre l’erreur de ceux qui croient que les obsessions restent