‹ Les Obsessions et les impulsions, par les Drs A. Pitres,... E. RégisChapitre 62 sur 114 · NATURE DES OBSESSIONS. LEUR PLACE EN NOSOGRAPHIE · texte numérisé non relu

NATURE DES OBSESSIONS. LEUR PLACE EN NOSOGRAPHIE

Opinions diverses des auteurs. — Terrain constitutionnel de l’obsession. — Nature de l’obsession. L’obsession est un état mixte, neuropsyckopathique. L’obsession est un syndrome. Neurasthénie et névrose d’angoisse. Patkogénie de l’obsession.

Opinions diverses des auteurs. -— Si l’on s’en rapporte aux opinions émises par les auteurs, on constate qu’il n’y a pas de question sur laquelle on soit plus divisé que sur la nature et la place nosologique des obsessions. Mais, en réalité, ces dh’ergences ne sont pas aussi profondes qu’il le paraît au premier abord.

Quelques-uns, avec M. Magnan, considèrent que les obsessions ne surviennent que sur un terrain de déséquilibration et de dégénérescence, dont elles constituent, au point de vue psychique, un des stigmates ou xmàe?> syndromes épisodiques les plus nets. D’autres placent les obsessions dans la paranoia rudimentaire ou dans l’abortive Verrücktbeit, c’est-à-dire au seuil des psychoses de dégénérescence. Quelques-uns en font des manifestations d’une névrose, en particulier

de la neurasthénie, ou de la névrose d’angoisse. Certains enfin, mais ils sont rares, les érigent en entités morbides.

Terrain constitutionnel de l’obsession. — Une donnée générale se dégage de toutes ces opinions, en apparence contradictoires : c’est que tout le monde admet que l’obsession germe sur un terrain prédisposé, préparé constitutionnellement. Quant à celui-ci, qu’on l’appelle déséquilibration, dégénérescence, paranoia, Verrücktheit, neurasthénie, névrose d’angoisse, etc., etc., ce n’est là au fond qu’une question de mots.

Il y a donc accord sur la nécessité, pour l’obses- • sion, d’un terrain spécial. Le seul point sur lequel les opinions diffèrent, c’est que pour quelques-uns, Krafft-Ebing et Magnan, par exemple, c'est toujours sur un terrain constitutionnel, dégénératif, que survient l’obsession, tandis que, pour d’autres, elle peut, au moins dans quelques cas, être considérée comme surtout accidentelle, ce qui est, comme on l’a vu, notre opinion. Toute la controverse, au fond, se limite à cela.

Nature de l’obsession. — L’obsession est un état mixte, neuro-psychopathique. Quant à la nature intime de l’obsession, constitutionnelle ou accidentelle, il faut reconnaître qu’elle est moins vésanique que névropathique. C’était déjà l’opinion de Morel, qui d’emblée avait vu en elle non une psychose, mais une névrose, et ça été depuis l’opinion du plus grand nombre. Toutefois, si l’obsession est, à un titre quelconque, un état névropathique, il y a lieu de reconnaître qu’il s’agit là d’un état névropathique particulier, intermédiaire pour ainsi dire entre la névrose et la psychose.

Page 1