‹ Les Obsessions et les impulsions, par les Drs A. Pitres,... E. RégisChapitre 64 sur 114 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

DIAGNOSTIC

Diagnostic avec les états physiologiques ; Idées fixes et passions. — Diagnostic avec les états pathologiques : i” Psychoses (Mélancolie anxieuse. Paranoïa rudimentaire. Mélancolie simple. Idées fixes des états infectieux et toxiques. Idées obsédantes symptomatiques. Paralysie générale). 2° Névroses (Idées fixes hystériques. Idées fixes neurasthéniques.‘Épilepsie). — Diagnostic des obsessions entre elles.

Diagnostic avec les états physiologiques. — Idées fixes et passions. — L’obsession ne se sépare pas très nettement de certains états physiologiques outrés, presque morbides et d’apparence similaire.

Nous avons vu qu’il en était ainsi pour certaines idées fixes, par exemple pour les idées fixes des travailleurs et des compositeurs, qui se rapprochent beaucoup de l’idée fixe de l’obsession. La différence réside surtout dans ce fait que l’idée fixe du travailleur absorbé est voulue, au moins à son origine, et qu’elle ne rompt en rien, par son intervention, Vunité psychique de l’individu, tandis que l’idée fixe de l’obsession est involontaire, automatique et discordante avec le cours régulier des pensées.

C’est, suivant les idées soutenues par P. Janet, une synthèse secondaire qui se forme par développe- PiTKES ET Régis. i5

ment excessif et exclusif d’un système d’images, à côté de la synthèse mentale principale, constitutionnellement ou accidentellement affaiblie. C’est, en un mot, une tendance à la dissociation de la personnalité.

La difficulté de distinction est la même dans le dornaine de l’émotion que dans le domaine de l’intelligence et il n’est pas très aisé de déterminer si, dans certains cas au moins, la passion n’est pas une sorte d’obsession. Ribot dans une formule heureuse, appelle la passion : Véquivalent affectif de l’idée fixe, et rien n’est plus juste. Un individu, dominé malgré lui par un amour intense, irrésistible, comme Phèdre, ou une jalousie farouche, comme Othello, est-il ou non un obsédé ? Un criminel torturé par son remords, qu’il veut en vain chasser, est-il ou non un obsédé et Shakespeare n’a-t-il pas fait justement de Lady Macbeth une obsédée de son crime, qu’elle revit jour et nuit jusque dans son sommeil ? La réponse, nous le répétons, n’est pas facile, et les caractères indiqués par Féré et Ribot et que nous avons rappelés plus haut, ne permettent pas toujours de la formuler. Tout ce qu’on peut dire, nous semble-t-il, c’est qu’une passion poussée ainsi à son plus haut degré peut être morbide par le . fait de son intensité, de sa durée, de ses conséquences, mais qu’elle est légitimée par des causes déterminantes suffisantes. Entre l’éreuthophobe obsédé par la crainte de rougir et l’amoureux dominé par sa passion ou le scélérat par son forfait, il peut n’y avoir aucune différence sensible au point de vue de la souffrance éprouvée et

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