‹ Les Obsessions et les impulsions, par les Drs A. Pitres,... E. RégisChapitre 83 sur 114 · III. — Formes cliniques des impulsions · texte numérisé non relu

III. — Formes cliniques des impulsions

Les impulsions, envisagées au point de vue des manifestations par lesquelles elles se traduisent, sont innombrables, car elles peuvent avoir pour objet toute tendance à un acte, quel qu’il soit.

Il serait donc impossible, dans un travail qui est essentiellement une œuvre de synthèse, d’en donner une énumération et une description complètes.-Nous nous contenterons d’indiquer ici celles qui se présentent le plus communément, et de résumer sommairement les principales d’entre elles.

A l’exemple de Morselli, nous pouvons grouper les impulsions d’après la nature des actes auxquels elles poussent et reconnaître :

i“ Des impulsions à des gestes, tics, paroles, etc ;

2 ° Des impulsions à des actes ridicules et bouffons ;

3" Des impulsions à des actes stupides et extravagants ;

4“ Des impulsions à des actes grossiers, répugnants ;

5“ Des impulsions à des actes ambulatoires ;

6° Des impulsions à des actes d’appropriation et de vol ;

7 “ Des impulsions à des actes érotiques ;

8” Des impulsions à des actes de destruction;

9 ° Des impulsions à des actes d’incendie ;

lo" Des impulsions à des actes de violences contre soi-même ;

II” Des impulsions à des actes de violences contre les autres ;

12 ° Des impulsions à s’intoxiquer.

Les plus importantes de ces impulsions, en clinique et en médecine légale, sont celles qui se traduisent par des tendances au suicide, à Yhomicide, au vol, à Y incendie, à la boisson, à la fugue, aux actes sexuels.

Impulsion au suicide. — Avant de parler du suicide proprement dit, il convient de mentionner les coups, blessures et mutilations auxquels se livrent souvent les aliénés contre eux-mêmes, sous l’influence d’nn entraînement irrésistible. Tantôt il s’agit de violences inconscientes, exécutées dans un état complet d’égarement, tantôt de violences parfaitement appréciées, mais impossibles à réprimer. Parmi les premières sont celles des épileptiques, des hystériques, des maniaques en état de crise aiguë ; aux secondes appartiennent les auto-vulnérations des mélancoliques et des mystiques. On a remarqué depuis longtemps l’anesthésie physique et morale dont faisaient preuve la plupart des malades dans ces conditions et on en a vu se lacérer, se blesser de la façon la plus horrible sans paraître en souffrir. La mutilation des organes génitaux et celle de la langue sont les plus fréquentes en pareil cas. En se livrant à de tels actes, les aliénés obéissent soit à l’idée de se punir, de se purifier, d’être agréables à Dieu, soit à un besoin instinctif de se faire du mal, de décharger sur euxmêmes la violence de leur agitation ou de leur fureur.

L’impulsion au suicide se manifeste dans les conditions et sous les formes les plus diverses. Parfois elle est subite, instantanée, aveugle, et le sujet exécute son acte en un instant, sans même l’avoir conçu et dans un état d’inconscience plus ou moins

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