Motet, Art. Pyromanie du Dictionnaire de Jaccoud, i88i
2. Rousseau, Contribution à l’étude de la monomanie incendiaire.'Annales médico-psychologiques, novembre i88i.
IMPULSION A l’incendie 325
blait ne présenter rien d’anormal, et cette malheureuse, cherchant à quel motif elle avait pu ohéir, confessait que ce pouvait bien être à quelque idée de vengeance, de nature, du reste, assez puérile. Arrêtée et mise en prison, quelques bizarreries de sa conduite font bientôt douter de l’intégrité de son état mental et le D‘‘ Rousseau est appelé à l’examiner. Frappé de la coïncidence de l’établissement du flux cataménial avec le premier incendie, du second incendie avec une époque menstruelle, l’expert ne tarde pas k découvrir que la jeune fille a été en proie, les jours qui ont précédé la première manifestation pubère, à des troubles de nature variée, anxiété, céphalalgie, insomnie, etc., bientôt accompagnés de chuchotements, puis de la perception de voix lui ordonnant d’allumer un incendie, avec un désir extrême d’accomplir cet acte. Pendant vingt-quatre heures, elle résiste à l’impulsion. Mais bientôt sa volonté est impuissante à soutenir la lutte, et elle met le feu le jour même où le plus important phénomène de l’évolution puhérale venait de se révéler. L’incendie allumé, l’angoisse et les hallucinations disparaissent. Mêmes phénomènes, même résistance impuissante lors du second incendie qui coïncide avec la troisième apparition du flux menstruel, la seconde s’étant passée sans incident d’aucune sorte.
Le second fait est très semblable au précédent. On y constate la même tendance de la malade à chercher, à accepter au moins, des motifs condamnables de son action, la même coïncidence des incendies avec les époques cataméniales, qui sont également accompagnées et précédées d’anxiété et d’accidents Pitres et Régis. 19
maladifs de même sorte. L’acte commis, chez cette malade comme chez l’autre, les hallucinations disparaissaient et il se produisait une détente.
Toutes deux, internées à l’asile, après une poussée maniaque avec périodes de stupeur, guérirent complètement lorsque leur fonction menstruelle se fut définitivement établie avec son fonctionnement normal.
Morel a cité également‘ le cas d’üne jeune fille qui avait passé aux assises pour avoir mis le feu et volé dans les églises. Cette jeune fille était en proie à de véritables impulsions ; rien ne motivait ni n’expliquait ses actes malfaisants. Elle se sentait poussée, comme elle disait, et agissait. Un jour, en sortant de la messe, elle avait, chez une de ses cousines, mis le feu aux rideaux du lit ; une autre fois, montant un escalier derrière une sœur à laquelle elle avait été confiée, elle enflamma une allumette pour brûler la robe de cette religieuse, etc. Séquestrée à Maréville, ses impulsions et son trouble moral persistèrent un certain temps ; puis, quand la puberté s’établit, l’amélioration se manifesta et la malade fut rendue à sa famille dans un état de santé excellent.
Dans les Landes, pays d’immenses forêts de pins, où les incendies dus à la malveillance sont fréquents et surviennent parfois Comme épidémiquement, un certain nombre sont certainement le fait de jeunes garçons de 12 à 18 ans qui mettent le feu, au risque d’amener de véritables catastrophes locales, par une véritable impulsion, tantôt sans motif, tantôt sous