‹ Les Obsessions et les impulsions, par les Drs A. Pitres,... E. RégisChapitre 94 sur 114 · IMPULSIONS DANS LA DÉGÉNÉRESCENCE · texte numérisé non relu

IMPULSIONS DANS LA DÉGÉNÉRESCENCE

les maladies mentales auxquelles elles se rattachent le plus fréquemment.

. Cette revue sera des plus brèves, car un certain nombre des indications qu’elle comporte ont été nécessairement signalées et touchées au cours des paragraphes précédents.

V. — Les impulsions dans les principaux états psychopathiques.

Dégénérescence. — La fréquence des impulsions, dans les états de dégénérescence, est extrême, et leur importance y est capitale. Capitale à ce point qu’on peut dire sans crainte de se tromper que ce qui caractérise essentiellement la dégénérescence, ce qui lui donne son empreinte et en constitue le stigmate essentiel, c’est Vimpulsivité,

Cela est si vrai que, mieux que tout, l’impulsivité pourrait servir à classer et à catégoriser les divers degrés de la dégénérescence.

Au degré le plus inférieur, chez l’idiot et l’imbécile complet, l’impulsivité est à son comble et le processus volitionnel est réduit au réflexe purement mécanique ou à peu près.

Au degré moyen, c’est-à-dire chez le dégénéré proprement dit, l’impulsivité est moins sommaire et elle s’accompagne, dans une mesure plus ou moins grande, d’idée, de conscience, d’émotion, de souvenir, mais elle n’en est pas moins fatale et brutale.

Au degré le plus haut de l’écheUe, chez les dégénérés supérieurs représentés par les déséquilibrés, les névropathes, les obsédés, l’impulsivité est surtout

psychique et se manifeste par de l’instabilité mentale, de l’aprosexie, de l’aboulie, des tics, des tendances obsédantes contre lesquelles le sujet lutte, mais non toujours victorieusement.

Si bien que les trois degrés cliniques de la dégénérescence correspondent exactement, comme on le voit, aux trois degrés que nous avons admis dans la division des impulsions.

Nous ne saurions donc trop insister sur ce point, si incontestablement établi par Magnan et ses élèves, que l’impulsion est étroitement liée à la dégénérescence.

Bien que variable d’intensité et de degré, dans la dégénérescence, l’impulsion y affecte néanmoins des caractères communs, représentés, dans leur ensemble, par une sorte d’impulsion type : l’impulsion plus ou moins irrésistible, avec lucidité, conscience et souvenir. Ce n’est que dans les infirmités tout à fait graves que les malades obéissent aveuglément aux incitations qui les poussent, sans se rendre compte de ce qu’ils font et sans en garder la mémoire.

Quant aux formes cliniques de l’impulsion, elles peuvent toutes se rencontrer, sans exception, dans la dégénérescence.

Aux dégénérés supérieurs appartiennent de préférence les impulsions psychiques, les obsessions impulsives avec toutes leurs variétés. Aux dégénérés moyens, les impulsions plus graves : impulsions toxicomaniaques, sexuelles, au vol, au suicide, à l’homicide, etc. Aux dégénérés inférieurs enfin, les impulsions instinctives à l’incendie, au vol, à l’homicide, au viol, à l’assassinat sexuel, etc.

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