IMPULSIONS DANS LA DÉGÉNÉRESCENCE
Deux tendances morbides doivent être signalées particulièrement chez les dégénérés moyens et inférieurs : Vhomicide familial et les horribles perversions sexuelles qui ont nom bestialité, violation des cadavres, vampirisme.
L’homicide familial s’explique, chez ces sujets, à la fois par leur impulsivité et par leur inaffectivité. 11 revêt surtout la forme du parricide qui est essentiellement, ainsi que l’un de nous l’a inontré dans un récent travail *, confirmé depuis ', un crime de dégénéré.
C’est aussi un crime de dégénéré et de dégénéré plus inférieur encore, que celui de la nécrophilie et du vampirisme. Presque tous les sujets atteints de cette monstrueuse aberration étaient des idiots ou des imbéciles confirmés. Seul le sergent Bertrand, bien qu’héréditairement taré, lui aussi, était d’un niveau intellectuel plus élevé ; aussi sa perversion impulsive, mélange de masturbation, d’amour du cadavre et de sadisme, offrait-elle quelque chose de plus psychique, de plus obsédant et de plus paroxystique
Epilepsie. — Après les dégénérés, les épileptiques sont certainement, de tous les malades, les plus impulsifs.
1. E. Régis, A propos du parricide. Revue de psychologie clinique et thérapeutique, juin 1901.
2. Assei.in, Le Parricide ; étude médico-légale. Thèse de Bordeaux, 1901-1902.
3. Lunier, Examen médico-légal d’un cas de monomanie instinctive ; affaire du sergent Bertrand. Annales médico-psychologiques.
Cette spontanéité impulsive des épileptiques, qui a été notée de tout temps et sur laquelle tous les auteurs ont justement insisté, a été particulièrement mise en lumière par M. Parant, dans son très intéressant rapport au Congrès de Bordeaux où il a successivement étudié les impulsions irrésistibles liées aux manifestations convulsives de l’épilepsie essentielle et jacksonienne et les impulsions irrésistibles indépendantes des attaques convulsives (épilepsie larvée—épilepsie mentale—équivalents épileptiques).
Les impulsions que l’on observe le plus fréquemment, chez les épileptiques, sont : les attentats et violences contre les personnes, y compris l’homicide ; les auto-mutilations et le suicide ; le vagabondage et l’automatisme ambulatoire ; les vols ; les incendies ; les outrages et les attentats publics à la pudeur, etc.
Plus encore que celles des dégénérés, les impulsions des épileptiques portent la marque de l’état pathologique dont elles relèvent. Soudaineté d’apparition ; violence aveugle et brutale ; rapidité et brièveté ; inconscience automatique ; amnésie ; réitération similaire, intermittente ou même périodique, tels en sont les caractères.
Une impulsion se présentant avec ces attributs appartient à l’épilepsie.
Mais il n’en est ainsi que pour les impulsions liées aux accès d’épilepsie, ou les constituant elles-
I. V. Parant, Les impulsions irrésistibles des épileptiques. Rapport au Congrès des aliénistes et neurologistes, Bordeaux, 1895, et O. Doin, Paris, 1896.
IMPULSIONS DANS l’ÉPILEPSIE
mêmes (phases præ et post-convulsives, épilepsie mentale, écpiivalents épileptiques). Les impulsions étrangères aux accès, convulsifs ou délirants, sont loin de présenter au complet ce tableau symptomatique; quelquefois même, elles ressemblent plus ou moins aux impulsions vulgaires.
Les stigmates considérés comme les plus essentiels des manifestations épileptiques : inconscience et amnésie, ne seraient même pas constants dans les impulsions des accès épileptiques, si Ton s’en rapporte à certains faits publiés, dans ces dernières années, en particulier à ceux contenus dans la thèse de Dugosté L
Quoi qu’il en soit, ainsi que le dit fort bien M. Parant, du moment où l’amnésie est presque constante à la suite des impulsions épileptiques et que, dans la presque généralité des cas, elle est absolue, complète, réelle, il n’y a évidemment pas lieu, à cause des exceptions, d’en méconnaître la valeur. Des exceptions ne sont pas de nature à infirmer une règle. Et Sollier dit aussi ^ ; « L’amnésie simple est tellement caractéristique de l’épilepsie, sous quelque forme que ce paroxysme se présente, que, lorsqu’on la constate, on doit immédiatement y songer. Elle a une importance toute particulière dans l’épilepsie larvée et sa constatation en présence d’un acte insolite, doit faire rechercher les autres indices capables de révéler l’épilepsie. »
1. Dücosté, De l’épilepsie consciente et mnésique, en particulier d’un de ses équivalents psychiques, le suicide impulsif conscient. Thèse de Bordeaux, 1899.