‹ Les Obstructions cholédociennesChapitre 13 sur 20 · ASS · texte numérisé non relu

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maladie, la température, qui jusque-là n’avait pas dépassé 37°8 le soir, s’éleva quelque peu pour atteindre 38°1. COSTÉDOAT, qui suivait quotidiennement le malade, le fit examiner par BRULÉ le 16 décembre 1931; d’un commun accord ils conclurent à l’existence d’une obstruction cholédocienne, en se basant principalement sur les caractères de l’hépatomégalie. L'absence d’une grosse vésicule biliaire ne contredisait pas cette impression, puisque la vésicule n’est grosse que si le cystique n’est pas comprimé en même temps que la voie biliaire principale. Mais on ne pouvait émettre aucune hypothèse valable quant à la nature de l’obstacle cholédocien. Le diagnostic d’obstruction cholédocienne imposait l'intervention chirurgicale.

Elle fut pratiquée le 24 décembre 1931 par M. GATEL- LIER : j

Découverte d’un foie assez volumineux, d’aspect normal, abaïssant le côlon transverse. L’estomac et le duodénum apparaissent normaux et libres de toute adhérence. La vésicule biliaire est d'aspect normal et de volume normal. Il en est de même du cystique. Les voies biliaires hépato-cholédociennes ne paraissent pas dilatées à l’inspection et le doigt introduit dans l’hiatus de WiNsLow ne permet pas de sentir, au palper combiné, la présence d’un calcul. Le pancréas est. de consistance normale. On explore systématiquement les voies biliaires, en commençant par les deux canaux hépatiques; ils sont normaux, peut-être un peu volumineux. Le canal hépatique est alors exploré, après avoir été légèrement disséqué. La portion sus-duodénale du cholédoque est très courte et ce que l’on explore est plutôt une confluence cysticohépato-cholédocienne. Or, à ce niveau, presque dans l’angle formé par le cystique et l’hépatique, on trouve un nodule de la taille d’un gros noyau de cerise, appliqué sur la voie biliaire principale; il s’agit d’un ganglion lymphatique, dur, résistant, que l’on dissèque et que l’on extirpe. À l’aide d’une seringue et d’une fine aiguille on ponctionne alors le cholédoque et l’on retire

facilement 8 cc. de bile jaune foncée (1); c’est la preuve même que l'obstacle à l’écoulement de la bile est levé. Toutes les autres recherches sont négatives. Fermeture en trois plans. Durée : vingt-huit minutes.

Les suites opératoires furent extrêmement simples et le passage de la bile dans l’intestion reprit rapidement. Le 28 décembre, quatre jours après l'opération, une selle franchement colorée fut émise; les urines ne contenaient plus de bilirubine, mais seulement de l’urobiline et des sels biliaires. L’ictère cutané diminua plus lentement; au vingt-huitième jour il avait totalement disparu; le malade s’alimentait parfaitement et l’état général était excellent.

Revu le 9 février 1932, le jeune S... se considère comme entièrement guéri; il a engraissé de 2 kilogrammes; les urines sont claires et ne contiennent que des traces normales d’urobiline; les matières sont normalement colorées; le foie n’est plus gros. Un examen du sang montre encore une légère anémie à 4.000.000; le nombre des globules blancs est normal à 8.000; mais le pourcentage des leucocytes décèle une proportion de 60 % de mononucléaires.

La guérison s’est maintenue depuis lors.

L'examen histologique du ganglion enlevé a été pratiqué par M. Raymond LeruLre. Réaction hyperplasique très considérable; pullulation des éléments lymphoïdes, aboutissant à la disparition, en certains endroits, des sinus et des cordons folliculaires; les follicules sont intacts et hypertrophiés; on rencontre partout un grand nombre de macréphages, avec des débris de pigment ocre ou des granulations de rubigine, ou encore des débris nucléaires hyperchromatiques. Quelques éléments ont des noyaux du type mégacaryocyte. Il existe de nombreuses mitoses. En l'absence de renseignements cliniques, on ne peut conclure qu'à une réaction du type lymphome.

(1) Ensemencée sur divers milieux, cette bile se montrera stérile.

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