L'AUTRE DES ADÉNOPATHIES SECONDAIRES
Dans le premier groupe entrent notre observation I et notre observation Il.
Malgré des recherches minutieuses chez un enfant de 14 ans il ne fut possible de dépister la moindre étiologie qui puisse expliquer le développement anormal du ganglion observé. À
Dans notre observation II, il s’agit d’une femme sans passé pathologique. Elle avait trois enfants bien portants. Ses gestations, ses accouchements n’avaient pas été accompagnés d'incidents dignes d’être relevés : si un fait d’une importance quelconque s’était alors produit le Professeur LECÈNE l’aurait noté.
Quelques douleurs dans la région hépatique aux époques menstruelles, une constipation habituelle, quelques bronchites, le début de l’ictère remontant au huitième jour des suites des couches d’une quatrième gestation, voilà tout ce que l’on note. Encore n’y a-t-il eu alors à relever la moindre infection de -l’appareil génital ou des glandes mammaires.
Donc deux adénopathies primitives de nature indéterminées.
Nous avons trouvé dans la littérature trois observations analogues.
La première a été publiée par MosrT et SEVERIN dans le Bruns Beitrage zur Klin. Chir. de 1929. La voici résumée. Jeune homme de 21 ans, domestique, entré à l’hôpital le 18 septembre 1927. Toujours bien portant jusqu’en juil-
AR
let 1927. Brutalement apparaissent des vomissements après les repas pendant quatre jours, puis il se plaint de brülures à l'estomac, de douleurs transfixiantes à l’hypo-
chondre droit aussitôt après les repas. L’appétit est con-
servé. Les fèces normales.
Examen à l'entrée : amaïigrissement de 11 kilos. Poids actuel : 64 kilos. Peau et muqueuses normalement colorées. Langue saburrale. Abdomen météorisé. Point douloureux constant à la pression à droite de la ligne médiane dans l’hypochondre droit. Foie et rate normaux. Vésicule impalpable.
Autres appareils normaux.
Après repas d’épreuve : tubage 180 cc.
Contenu bien digéré. Acide chlorhydrique, 35; acidité totale, 50.
Pas de sang.
Pas de sang dans les selles.
L'examen radiologique du tube digestif est normal, sauf une hypermotilité du grêle et du gros intestin.
On pose le diagnostic d’ulcus duodénal. Intervention après un essai de traitement médical le 25 octobre 1927.
Vésicule biliaire légèrement dilatée. Sans adhérences. Voies biliaires normales. Pas de calculs à la palpation.
Estomac et duodénum normaux à l’examen.
On libère et met à nu le cholédoque.
En dedans et en arrière de celui-ci, là où la voie biliaire disparaît derrière le duodénum, quelques petites
formations que l’on reconnaît être des ganglions lym-
phatiques.
Le plus gros (comme un noyau de cerise) situé en dedans et un peu en arrière du cholédoque était dur et calcifié. Les deux autres de la grosseur d’un pois non calcifié s’appliquaient étroitement au ganglion calcifié et au cholédoque.
RE er
Exérèse facile malgré les adhérences qu’ils ont avec les organes voisins et surtout avec le cholédoque.
Guérison rapide.
Le malade sort complètement rétabli.
Ex. Histologique. Professeur MATHIAS. — Image de congestion folliculaire, hyperhémie, prolifération endo- : théliale modérée. On ne trouve ni tuberculose ni inflammation spécifique.
Ex. de contrôle, 26 juillet 1928.
Homme bien portant, prise de poids, reprise du travail normal. L’hyperacidité et l’hypersecrétion gastrique ont disparu. Temps d'évacuation de l’estomac et de l'intestin parfaitement normal.
Les auteurs tirent de cette observation les déductions suivantes :
Le succès rapide et durable de l'opération permet de conclure que l'hypertrophie peu accentuée et la calcification de ces ganglions étaient les causes uniques des troubles qu’accusaient le malade.
La deuxième a été publiée par CAPONE-BRAGA dans Policlinico Pratica (1930).
Garçon 14 ans, rougeole à 6 ans. Depuis cette époque chaque été épisodes subfébriles de trois à quatre jours sans autres signes qui se répètent chaque mois.
Depuis un an, à ces épisodes, s'ajoutent de violentes douleurs à l’hypochondre droit irradiant à l'épaule droite s’accompagnant d'ictère, de prurit,:de matières hypocolorées, d’urines très colorées.
Ii à été hospitalisé deux mois et a reçu des injections de néosalvarsan car on pensait à une hérédo-syphilis.
Il fut bien portant pendant quatre à cinq mois, puis apparaît de nouveau une légère élévation thermique, un ictère, tout d’abord léger puis plus intense.
Il est admis en chirurgie le 29 septembre 1928.