‹ Les Obstructions cholédociennesChapitre 8 sur 20 · UNS RENE · texte numérisé non relu

UNS RENE

taux. À cette occasion, ils remarquèrent qu’il est difficile d'obtenir chez le chien par simple ligature du cholédoque, non seulement une coloration jaune conjonctivale mais encore de la cholurie et de la cholémie. A l’autopsie pourtant, il existait le quinzième jour, une dilatation de la vésicule et des voies biliaires. Les cellules hépatiques situées autour de l’espace porte sont beaucoup plus chargées en pigment qu'avant l’opération; le noyau semble disparaître au milieu de cette masse. Les canalicules biliaires sont dilatés, forment en certains points de véritables ampoules et sont remplis d’une matière colorante verdâtre, qui n’est autre que de la bile ou, du moins, du pigment biliaire.

Les lésions correspondent exactement à celles qu'on observe en clinique au cours des ictères par rétention.

Les auteurs s’étonnent de ne pouvoir obtenñir facilement un ictère net au cours de leur expérimentation.

La cause de cette difficulté à produire l’hyperbilirubinémie franche avec ictère doit être, pour eux, trouvée dans l'insuffisance d'apport pigmentaire par l’inhibition rapide de la sécrétion de la cellule hépatique, par la résistance des canalicules biliaires.

Hymaxs, VAN DEN BERG et SNAPPER publièrent un travail sur l’examen clinique des ictères, dans le Berliner Klinische Worhenschriet, 1914, LI, page 1109, et à ce propos, notent des faits importants.

/ Chez le cheval comme chez l’homme il existe une bilirubinémie physiologique, mais elle est plus élevée chez le cheval que chez l’homme.

Nous avons étudié très profondément le sérum sanguin du chien, car celui-ci a été très souvent utilisé pour des expérimentations sur l’ictère. Il est très difficile de trouver du sérum de chien non hémolysé. Les globules rouges de cet animal semblent être très sensibles et si l’on ne recueille pas très soigneusement le sang, le sérum est plus ou moins teinté en rouge. Nous n’avons jamais pu déceler avec certitude dans le sérum du chien de la bilirubine. Il résulte

de ces expériences qu’il y a une grande différence à ce point de vue entre l’homme et le chien. Il faut donc prendre garde d’inférer des résultats des expériences sur l’ictère faites sur le chien à la pathologie humaine. L'absence de bilirubine dans le sérum du chien est d'autant plus surprenante que, comme chaque physiologiste le sait, le chien excrète très facilement de la bilirubine dans son urine. Déjà après vingt-quatre heures de jeûne, on trouve le pigment biliaire dans l’urine. Nous avons observé ce fait à plusieurs reprises chez nos chiens pendant le jeûne.

Si on examine le sang d’un chien en cet état, alors qu’il excrète des pigments biliaires dans son urine, on ne trouve aucune trace de bilirubine dans son sérum.

Il nous est impossible d’expliquer ce fait particulier, qu'il faut retenir.

Chez le cheval et chez l’homme, on trouve toujours de la bilirubinémie. Mais dans l’urine on ne trouve ce pigment que si la concentration de la bilirubine dans le sérum est à un taux élevé; chez le chien on ne peut jamais prouver la présence de bilirubine dans le sang alors que la bilirubinurie s’est produite dans des conditions physiologiques. Même pendant la bilirubinurie on ne trouve pas de bilirubine dans le sang ou, s’il circule de ce pigment dans le sang, les quantités sont si infimes qu’on ne peut les mettre en évidence, même avec les diazo-réactions les plus sensibles.

Le seuil d’excrétion est très bas chez le chien ou presque nul, en d’autres termes, il semble que le rein du

chien — à l’opposé de celui du cheval et de l’homme — excrète la bilirubine aussitôt que des traces les plus minimes — imperceptibles même pour nous — de ce

pigment apparaissent dans le sang.

En 1919, BRULÉ, après ses recherches sur l’origine et la valeur clinique de l’urobiline, pouvait écrire dans la Presse médicale du 26 novembre 1919, page 715 : Ainsi

Page 1